Création d'un site institutionnel sur l'IVG

Un site internet institutionnel dédié à l'information à l'avortement (www.ivg.gouv.fr) sera lancé le 28 septembre 2013, en réponse à la croissance du nombre de site diffusant des informations "mensongères ou orientées" sur le sujet, ont annoncé le 27 septembre les ministères de la Santé et des Droits de la femme.

Rédigé le , mis à jour le

Reportage diffusé le 28 octobre 2010

"La prolifération d'informations souvent trompeuses et culpabilisantes pour les femmes, y compris sur des sites très bien référencés sur la question de l'IVG, est de nature à porter atteinte à la liberté de choix des femmes", relèvent les deux ministères dans un communiqué.

Ce nouveau site (www.ivg.gouv.fr), "complet et actualisé", "[va permettre] à chaque femme de disposer de tous les renseignements utiles pour éclairer son choix, compte tenu de la législation applicable". Il permettra d'orienter "les femmes vers les professionnels formés pour bénéficier de renseignements sur les lieux accessibles, pour une information ou un acte d'IVG, ou pour une écoute".

Mi-septembre, le Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCEfh) avait recommandé dans un rapport la création d'un site "clair et volontariste en faveur du droit à l'avortement" pour contrebalancer la forte influence des anti-IVG sur internet, dans un rapport remis au ministre des Droits des femmes. Selon le HCEfh, les sites anti-avortement à l'apparence "neutre, voire institutionnelle" délivrant une information "fallacieuse" sont les premiers référencés et les plus visibles sur Internet. Le Haut conseil observait alors "que l'accès à une information de qualité est un droit non garanti".

Najat Vallaud-Belkacem avait demandé en avril 2013 que soit dressé un état des lieux de l'information dans ce domaine. Elle signifiait alors que "l'information publique sur l'IVG (était) trop peu visible alors même que les sites internet délivrant une information biaisée, voire hostile à la pratique de l'IVG, apparaissent en tête des classements de consultations sur les moteurs de recherche".

Le rapport du HCEfh recommandait de mettre en place un site Internet institutionnel destiné aux femmes et professionnels, un numéro national "guichet unique" anonyme et gratuit, une équipe de veille et d'animation et, enfin, d'organiser la première campagne nationale d'information dévolue notamment à la question du droit à l'avortement. Cette campagne sur "sexualité, contraception, avortement" serait "un vecteur puissant du site Internet dédié et du numéro national à quatre chiffres", est-il expliqué.

Le HCEfh reconnaissait par ailleurs que les pistes juridiques explorées pour contrer les informations "biaisées" et pressions visant à décourager de recourir à l'IVG - délit d'entrave, responsabilité de l'État ou encadrement de l'information sur internet - ne pouvaient "constituer de véritable recours efficace à court terme".

Cette étude sur l'information relative à l'avortement sur Internet sera suivi le 21 octobre 2013 d'un rapport global portant sur l'accès à l'IVG.

Près de 40% des Françaises ont recours à une interruption volontaire de grossesse dans leur vie et 38,9% d'entre elles utilisent internet pour des questions de santé.

222.500 avortements sont pratiqués chaque année en France, où l'IVG est intégralement remboursée depuis janvier 2013.

Pour en savoir plus

Le site institutionnel d'information sur l'IVG

Sur France Inter :

Sur Allodocteurs.fr :

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