Ch@t : Tics, Tocs et phobies...
Les réponses du chat du 6 mai 2009 aAvec le Dr. Franck Lamagnère, psychiatr,e Lucia Romo et Stéphany Pelissolo, psychologues cliniciennes.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
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Les réponses du Dr Franck Lamagnère, psychiatre
Même si la peur des injections et des prises de sang n'est pas consciente, le seul fait qu'il y ait une réponse émotionnelle exagérée dans ces situations spécifiques permet de supposer qu'il s'agit d'une phobie spécifique. Vous pouvez donc faire une désensibilisation systématique (imaginer sous relaxation des situations centrées sur les prises de sang et injections) et/ou prendre un traitement médicamenteux anti-phobique.
Est-ce que vous avez peur du contact avec les autres ? Avez-vous du mal à faire des demandes, des refus, des critiques, des compliments, répondre à des critiques, faire des compliments, exprimer des sentiments, engager et maintenir la conversation ? Si c'est le cas, vous pouvez faire une thérapie comportementale et cognitive et en particulier, un entrainement à l'affirmation de soi.
Il y a la possibilité de faire une thérapie comportementale et cognitive, mais aussi vous pouvez être très soulagée par un traitement médicamenteux "anti-obsession" comme la paroxétine. Par exemple, j'avais un patient qui pensait en permanence à la vie affective et sexuelle de sa femme avant qu'il la connaisse, la harcelait de questions, ruminait. Grâce à ce traitement, il a pu vivre à nouveau sereinement, dégagé de ces préoccupations.
Je pense que vous avez de l'agoraphobie (le sujet redoute des situations d'où il est difficile ou gênant de s'échapper ou dans lesquelles il redoute d'avoir des malaises). L'état de ces patients est souvent fluctuant en fonction de la variation de l'humeur, de l'anxiété et de bien d'autres facteurs.
Je crains malheureusement que dans l'agoraphobie, il y ait un terrain, une prédisposition et un bon nombre d'agoraphobes garde un petit traitement d'entretien pour empêcher les rechutes qui surviennent souvent à l'occasion d'un mariage, d'une naissance, du décès d'un proche ou d'autres facteurs déclencheurs.
Vous ne risquez absolument rien, mais vous le faire répéter sans cesse risque de revenir une compulsion et d'aggraver vos difficultés. Il faut vous le tenir pour acquis et faire des exercices avec votre mari où il vous laisse seule de plus en plus longtemps et de plus en plus loin. Faites également une TCC et en particulier de la relaxation.
Il s'agit de l'électro-stimulation profonde pour le moment, c'est de la recherche, c’est très expérimental et uniquement réservé aux TOCs graves et résistants. Elle est également connue sous le nom de deep brain stimulation.
Il faut faire une TCC. En particulier, je préconiserais la mise en place progressive d'abord limitée dans le temps d'activités incompatibles comme par exemple réciter à haute voix une poésie ou autre car on ne peut pas prononcer quelque chose et compter en même temps, de sorte que l'on réalise ce qui améliore les TOCs, s'exposer à ce qui provoque le besoin de faire la compulsion et ne pas la faire, c'est-à-dire dans votre cas, ne pas compter. Bien sûr, vous pouvez aussi bénéficier de l'apport des traitements médicamenteux anti-TOCs.
Peu importe ce que cela signifie, en tout cas, il s'agit de TOCs et pour aller mieux, je vous conseille sous forme de jeux de vous fixer un objectif, par exemple, ce soir, pendant un quart d'heure, je laisse le son sur un chiffre impair et vous verrez que petit à petit, ça vous gênera de moins en moins et que vous gagnerez la liberté de ne plus le faire.
En ce qui vous concerne, il s'agirait avec votre thérapeute, de vous faire gagner la liberté de jeter. Il m'arrive de demander à des patients qui souffrent de TOCs d'accumulation de venir au cabinet avec une valise pleine de choses "non triées" et de les aider en les encourageant vivement, sans les obliger pour autant, à faire du nettoyage par le vide.
Les médicaments qui ont fait la preuve de leur efficacité dans des études contrôlées en double aveugle, sont des antidépresseurs qu'on ne donne pas pour dépression mais pour TOCs et qui sont de la catégorie des inhibiteurs de recapture de la sérotonine. Il faut donner des doses suffisantes (souvent élevées), l'efficacité ne survient souvent qu'entre la troisième et la sixième semaine et ensuite il faut garder ce traitement longtemps tout en faisant parallèlement en général une TCC.
Il s'agit bien sûr d'un TOC de pensées involontaires que vous voudriez ne pas avoir (obsession), vous ne pouvez donc vous en sentir responsable, ces idées ne sont pas les vôtres, cela ressemble à des parasites que vous pourriez avoir sur votre écran de télé, vous ne vous en sentiriez pas responsable.
Les réponses de Lucia Romo, psychologue
En principe je vous conseille d'abord de commencer par une thérapie cognitivo-comportementale (TCC) et par la suite, une fois que la personne se sentira mieux au niveau des rituels, elle pourra entamer un travail plus approfondi sur elle en psychanalyse. Au début les personnes ont plus besoin de soulager des tensions très importantes et pour cela les TCC ont montré plus d'efficacité.
Votre problème semble être lié à une anxiété importante mais il y a plusieurs aspects : l'angoisse aigüe et aussi chronique. Il faudra faire le point avec un thérapeute qui verra les situations, les émotions, les pensées liées et qui pourra mettre en place un programme adapté, je vous conseille de consulter la liste de thérapeutes de l'AFTCC.
On n'est pas phobique inné, il y a généralement une prédisposition génétique parfois, psychologique mais c'est pour beaucoup une question d'événements liés à l’enfance et de facteurs d'apprentissage. Mais tout ce qui est appris peut se "désapprendre".
La douleur implique que c'est probablement plus une phobie (peur de sortir, liée à l'agoraphobie) qu'une phobie sociale. Mais la peur d'avoir peur est le mécanisme qui alimente les troubles anxieux et en principe il n'y a que l'exposition à la situation qui fait peur qui peut vous aider (avec une douleur physique qui doit être bien traitée).
La différence entre une "manie" et un TOC peut être subtile mais il faut voir le temps que vous y consacrez, si le fait de ne pas le faire vous rend énervé ou irritable et si cela a des conséquences sur votre vie quotidienne.
Si cela ne vous pose pas de problème, ça peut-être seulement une manie, mais vous dites que vous ne pouvez pas faire autrement, donc je suppose que cela peut vous prendre pas mal de temps dans la journée, je vous conseille de voir un professionnel qui pourra rapidement vous dire si vous avez réellement un TOC et quoi faire.
Les réponses de Stéphany Pelissolo, psychologue
Oui, vous pouvez allez voir un thérapeute comportementaliste et cognitiviste et/ou un praticien EMDR (retraitement des évènements traumatiques). L'EMDR est une méthode de retraitement des évènements douloureux de votre vie par des mouvements oculaires. Tout souvenir négatif qui réactivent des émotions fortes (angoisse, colère, tristesse, honte...) quand vous en parlez aujourd'hui est un événement de vie non digéré qui peut être soigné par cette méthode très efficace.
Les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC) sont très efficaces pour ce problème. Vous devez apprendre à vous relaxer, à contrôler les symptômes physiques de votre anxiété et ensuite vous exposez très progressivement à ce qui vous angoisse. Je vous conseille de le faire avec un psychologue.
Vous souffrez d'une phobie de la voiture. Allez voir un psychologue comportementaliste et cognitiviste (aftcc.org) qui vous apprendra des techniques de relaxation pour maîtriser vos symptômes physiques et ensuite vous proposera de vous emmener sur l'autoroute. Demander bien au psychologue s'il fait les accompagnements de patients en voiture.
Tu devrais en parler à tes parents car ils pourraient t'emmener voir un psychologue et ce problème est facilement guéri en thérapie comportementale et cognitive. En attendant, essaie d'intervenir le plus souvent possible. Si tu as peur de te tromper, dis toi bien que personne n'est parfait et que tout le monde fait des erreurs, même nous les psychologues !
Seule, vous pouvez déjà essayer de respirer tout doucement pour contrôler les symptômes liés à votre anxiété puis vous exposer progressivement à des images d'araignées (d'abord des toutes petites jusqu'aux mygales) et ensuite vous exposer à des vidéos sur les araignées (sur internet par exemple) puis aller dans un jardin ou une cave, pour en voir en réalité. Si seule c'est difficile, allez voir un psychologue TCC (aftcc.org).