CECOS : 40 ans de lutte contre l'infertilité

Il y a 40 ans, des hommes ont donné leur sperme pour la première fois à des médecins pour aider des couples à devenir parents. C'était dans le premier CECOS, Centre d'étude et de conservation des oeufs et du sperme humains. À l'époque, du jaune d'oeuf était mélangé aux précieux spermatozoïdes pour leur permettre de supporter la congélation. Depuis, les techniques des laboratoires ont considérablement progressé, mais c'est aussi le regard de la société sur les troubles de la fertilité qui a évolué.

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Reportage de Géraldine Zamansky, Simon Fichet et Julie Legros.

Pour obtenir un embryon, au départ il y a la course folle de deux cent millions de spermatozoïdes qui tentent d'aller féconder un ovocyte. Jusqu'en 1973, quand cette rencontre ne se produisait pas naturellement, les couples n'avaient nulle part où aller. "Quand le CECOS a été créé en 1973 par le professeur David, c'était le seul moyen de venir en aide aux couples infertiles", explique le Pr Jean-Philippe Wolf, directeur du CECOS. Le professeur David a imaginé un système alors qu'il n'y avait aucune législation. Un système qui va permettre d'aider des hommes à devenir père avec un don de spermatozoïdes.

C'est en banlieue parisienne, à l'hôpital du Kremlin-Bicêtre que se sont croisés sans le savoir les premiers couples aidés et les premiers donneurs de sperme. Les principes étaient clairement établis : le don est anonyme, gratuit et réalisé par un homme déjà père avec l'accord de sa compagne.

Une fois la théorie et les techniques de congélation du sperme établies, les pionniers de la lutte contre l'infertilité ont découvert avec leurs patients l'ampleur des obstacles à surmonter. Il fallait oser définir autrement la paternité sans lien biologique. Pour garantir la discrétion et le secret des couples stériles, "les CECOS ont dû mettre sur pied une stratégie qui consistait à faire que l'enfant soit compatible avec le père stérile", confie le Pr Jean-Philippe Wolf. L'angoisse des premiers bénéficiaires du don était alors telle que les médecins ont même dû promettre de ne jamais demander de leurs nouvelles.

Quarante ans plus tard, presque tout a changé. Les naissances médicalement assistées se sont multipliées grâce à d'importants progrès techniques. Des progrès décisifs pour la conservation des spermatozoïdes avant une chimiothérapie. Dans les années 80, seuls des échantillons de sperme avec une excellente qualité au départ (beaucoup de spermatozoïdes, excellente mobilité…) étaient conservés. Aujourd'hui, même s'il y a peu de spermatozoïdes, il existe des techniques sur lesquelles les professionnels peuvent s'appuyer pour conserver ces spermatozoïdes et pouvoir permettre à un homme plus tard de devenir père. Désormais un embryon peut être obtenu avec un seul spermatozoïde injecté dans un ovocyte. Un ovocyte qui peut lui-même être donné depuis la loi de bioéthique de 1994.

Aujourd'hui des centaines de couples attendent dans les CECOS, l'aide d'un ou d'une donneuse pour avoir un enfant.

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