Urgences saturées : les solutions proposées par un député LREM
Comment désengorger les urgences ? Un nouveau rapport remis hier à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, préconise 19 mesures pour réformer l'accès aux soins.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Aux urgences, la situation est explosive. Estimé à sept millions en 1990, le nombre de passages a dépassé la barre des vingt millions en 2015. Mais comment réorganiser la prise en charge des patients quand la population vieillit et que le nombre de médecins généralistes diminue ?
Thomas Mesnier, député LREM et auteur du rapport, répond à nos questions.
Thomas Mesnier : "Notre système de santé arrive à bout de souffle. Il a été créé à la fin des années 50, autrement dit à une époque où l’on vivait jusqu’à 75 ans, où la tuberculose était un problème de santé. Aujourd’hui, nous sommes beaucoup plus nombreux, nous vivons jusqu’à 90 ans avec des maladies complexes : diabète, tension, cancer, troubles cognitifs…. Parallèlement à cela, la jeune génération a accès à plus d’informations, s’inquiète plus vite. Elle consulte et consomme du soin. Une partie des jeunes médecins aspire aussi à une vie plus sereine que celles de leurs aînés. Elle ne travaille pas 7/7 J, 24/24 H. Je ne les blame pas, car j’en fais partie. Il existe simplement un écart croissant entre l’offre et la demande."
Thomas Mesnier : "Actuellement il y a une cacophonie des numéros d’urgence entre le 15, SOS Médecins, le 116 117, d’autres numéros locaux. Les gens ne s’y retrouvent plus. Je propose que soit créé un numéro unique de santé, le 15 -car c’est le plus connu-. On pourrait l’appeler qu’il s’agisse d’une urgence vitale ou quand son enfant à 39 de fièvre, de douleurs au ventre, quand quelqu’un fait un malaise devant moi… Un numéro simple pour tous les maux du quotidien, comme les urgences de santé."
Thomas Mesnier : "60% des personnes qui vont aux urgences s’y rendent faute d’orientation, sans avoir appelé le 15, parce que justement, il n’y a pas d’autre solution. Ce numéro d’appel d’urgence très simple permettrait de les aiguiller au mieux."
Thomas Mesnier : "Les médecins généralistes prennent déjà en charge une grande partie des soins non programmés. Pour autant ils travaillent souvent seuls ou à 2 ou 3, mais pas en réseau. Ils pourraient se mettre à travailler en commun sur un même bassin de vie. Qu’on puisse leur apporter des moyens humains et administratifs pour les aider à se coordonner et à s’alléger de tâches administratives pour dégager du temps. Je propose aussi de déléguer certaines tâches aux kinésithérapeutes, aux pharmaciens, aux infirmiers qui ne demandent qu’à aider."