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Les blocs opératoires seront-ils paralysés par manque d'infirmières ?

A partir du 1er juillet prochain, seules les infirmières bloc opératoire spécialisées diplômées d’état pourront effectuer les gestes d’aide opératoire auprès du patient. Jusque-là, les infirmières généralistes pouvaient en réaliser certains.  

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Les blocs opératoires seront-ils paralysés par manque d'infirmières ?

Ecarter, aspirer, électrocoaguler. Au 1er juillet, cette infirmière ne pourra plus réaliser ces 3 gestes d’aide-opératoire si la législation est appliquée. Ils seront réservés aux Ibodes, les infirmières de bloc spécialisées diplômé d’état. Gerty, elle, est seulement infirmière généraliste. 

Certaines travaillent en bloc opératoire depuis 10, 20 ans. Elles ont appris sur le tas et ont acquis une certaine compétence, mais pas la de ce quelles auraient pu apprendre à l’école. Les Ibode font une spécialisation à l’école pendant dix-huit mois de plus pour suivre une formation théorique et pratique afin d’exercer en bloc opératoire. En 2015, à leur demande, un décret a été signé pour leur donner l’exclusivité de certains actes. Et le premier juillet, il s’appliquera dans son intégralité. 

Manque d'attractivité pour la spécialisation d’Ibode

Si cette demande est justifiée, un problème va rapidement se poser dans les blocs opératoires : le manque de ces infirmières Ibode. Alors, les chirurgiens s’inquiètent : soit il y aura des mesures transitoires, soit ils serons contraints de ne pas appliquer la loi ou d’arrêter l’activité opératoire. 

Deux tiers des infirmières qui travaillent en bloc opératoire ne sont pas des Ibode.  Depuis quatre ans, chirurgiens et infirmières militent pour que les pouvoirs publics accompagnent financièrement cette formation mais peu de mesures ont été mises en place. Un autre problème pour les syndicats d’Ibode c’est que le métier n’est pas assez reconnu, notamment financièrement.

Selon Dominique Lanquetin , vice-présidente de l’Union nationale des infirmiers spécialisées de bloc opératoire diplômée d’état (UNAIBODE) : « A l’heure actuelle nous ne sommes guère plus payées qu’une infirmière généraliste. C’est aussi pour ça que ça ne pousse les gens à faire la formation et qu’on a énormément de mal à recruter… »

Devant l’urgence de la situation, le gouvernement a soumis un projet de mesures transitoires au Conseil d’état. Les infirmières généralistes qui ont au moins deux ans d’expérience en tant qu’aide opératoire pourraient déposer un dossier avant le 31 octobre 2019 pour continuer d’exercer leur métier. La réponse est attendue avant le 30 juin prochain.