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Remarcher grâce à un exosquelette

La révolution des exosquelettes est en marche. Ces dispositifs, qui permettent aux personnes souffrant de lésion de la moelle épinière de marcher, se développent en plus en plus.

Rédigé le

Chronique de Olivier Levard, journaliste spécialiste des nouvelles technologies, du 12 septembre 2018

Les exosquelettes ne permettent pas seulement de marcher, ils apportent aussi des bénéfices pour la santé. Des études, menées à l'étranger (Etats-Unis, Allemagne), ont attesté de leurs bienfaits, notamment un reconditionnement global du corps via la marche et l'activité physique et l'amélioration des fonctions intestinales et vésicales, du cardio, de la circulation sanguine. Ces dispositifs permettent également une réduction des risques d'escarres, une diminution de la consommation de médicaments. Et surtout, les exosquelettes apportent un bien-être psychologique et social.

Comment fonctionnent les exosquelettes ?

Chaque exosquelette est adapté à chaque personne. Il faut tout d'abord régler l'exosquelette pour qu'il soit au plus près de la peau, c'est la raison pour laquelle les créateurs parlent de dermosquelette. L'utilisateur doit ensuite allumer le dispositif après un réglage sur tablette. Chacun des mouvements est perçu par la machine et amplifié, grâce à un moteur situé dans le genou, pour soulager l'utilisateur de la tâche.

On peut courir, sauter... Quand on s'assied, une force "freine" les cuisses et ralentit le mouvement pour accompagner l'utilisateur en douceur. Avec un boîtier, on peut aussi changer de vitesse et donner plus de puissance à l'exosquelette, comme avec une voiture, pour monter des escaliers par exemple.

Ces exosquelettes ne se substituent pas aux jambes comme un fauteuil. Ils amplifient ce qui existe déjà mais ne marcheront donc pas pour une personne paraplégique qui ne peut plus bouger ses membres par exemple, même si on peut espérer que d'autres exosquelettes le fassent un jour. C'est la raison pour laquelle ces dispositifs sont surtout expérimentés aujourd'hui pour des scléroses en plaques et des maladies des muscles ou des os. Ils permettent parfois de ralentir la progression d'une pathologie car il maintiennent les malades en mouvement. Un essai clinique est actuellement en cours pour les personnes ayant subi un AVC.

Une technologie qui coûte cher

On peut imaginer et espérer une généralisation de ces dispositifs pour d'autres pathologies ou lorsqu'on perd la force de ses jambes avec l'âge... Des entreprises signent des partenariats importants pour la production et la commercialisation de nouveaux exosquelettes. De quoi espérer une baisse des prix pour atteindre le prix d'un fauteuil roulant haut-de-gamme : 10.000 euros. Mais ce n'est pas pour tout de suite. Une autre question reste également en suspens : les organismes de Sécurité sociale vont-ils rembourser ces dispositifs ? Affaire à suivre...

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