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Troubles bipolaires : de l'euphorie à la dépression

Les troubles bipolaires font partie de ce qu'on appelle les maladies de l'humeur. Les causes de cette maladie sont multiples et plus elle sera diagnostiquée tôt, plus le traitement sera efficace.

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Troubles bipolaires : de l'euphorie à la dépression
Dossier créé le 14 octobre 2008, mis à jour le 28 mai 2018
Sommaire

Précisions sur les troubles bipolaires

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet expliquent les troubles bipolaires

Passer de l'euphorie à la dépression en quelques jours, c'est ce qui caractérise les troubles bipolaires autrefois appelés psychose maniaco-dépressive. Une pathologie qui se manifeste au moment de l'adolescence ou au début de l'âge adulte et qui est difficile à diagnostiquer. Des troubles qui toucheraient 700.000 personnes en France, autant les hommes que les femmes, plus en milieu urbain que rural.

Ces troubles sont appelés bipolaires parce qu'ils présentent une phase maniaque et une phase dépressive, d'où leur ancien nom de maladie maniaco-dépressive.

Durant la phase maniaque, la personne est hyperactive, euphorique, a un sentiment exagéré d'estime de soi, elle est inhabituellement volubile, passe du rire aux larmes et fait beaucoup trop de projets. Elle peut aussi faire des dépenses inconsidérées ou faire preuve d'un comportement sexuel à risque.

Dans la phase dépressive, rien ne va plus. Tout se ralentit, la personne montre des signes de grande tristesse, elle n'a goût à rien, parfois elle veut mourir. Les formes les plus sévères sont qualifiées de mélancoliques. Parfois, au contraire, l'anxiété entraîne une agitation fébrile et une incapacité à rester en place. Elle a aussi des troubles de la concentration et de la mémoire. Le sommeil et l'appétit sont troublés et la libido s'effondre.

Entre les deux phases, la personne bipolaire retrouve un état presque normal que l'on appelle "euthymie" ou "normothymie".

Les troubles bipolaires ont des origines multiples et leur mécanisme précis nous échappe. Il existe une vulnérabilité génétique puisque le risque de présenter ce trouble, quand un parent du premier degré est atteint, est de 10%, alors qu'il n'est que de 1 à 2% dans la population générale. Des facteurs environnementaux et psychologiques peuvent déclencher la maladie.

Le diagnostic du trouble bipolaire est particulièrement délicat à poser. Des études montrent qu'il faut en moyenne huit ans avant que le diagnostic ne soit établi.

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Pour traiter les troubles bipolaires

Une fois le diagnostic de bipolarité posé, il est essentiel que les personnes atteintes de troubles bipolaires bénéficient d'un suivi régulier

Plus la bipolarité est diagnostiquée tôt, plus le traitement sera efficace. Sachez que 85% des patients répondent correctement aux traitements.

Stabiliser la maladie est la priorité. Le traitement médicamenteux est indispensable pour traiter les phases aiguës de la maladie et prévenir les rechutes. Il faut savoir en effet que 10 à 15% des personnes non traitées se suicident.

Le traitement le plus prescrit est le lithium. Il fait partie des thymorégulateurs, mieux connus sous le nom de stabilisateurs de l'humeur, des médicaments qui régulent l'humeur. Il parvient à amoindrir autant les phases maniaques que les phases dépressives.

Autre traitement : la sismothérapie, connue aussi sous le nom d'électrochocs. Elle consiste à envoyer un faible courant électrique dans le cerveau. Cette technique est utilisée dans le traitement de la dépression et des états maniaques aigus et délirants.

L'espoir est né autour d'une nouvelle prise en charge, non médicamenteuse. Depuis une dizaine d'années, cette stratégie thérapeutique se développe pour accompagner les personnes bipolaires. Déjà utilisée depuis longtemps pour d'autres maladies chroniques comme le diabète ou l'asthme, elle commence à faire son entrée en psychiatrie. Il s'agit de séances psycho-éducatives, ou éducation thérapeutique du patient. Le principe est simple : plus le patient bipolaire comprend sa maladie, mieux il apprendra à la gérer et surtout à accepter son traitement, comme le montre le portrait de ce patient.

Au-delà de ces traitements, il est important d'apporter au patient et à son entourage un soutien psychologique. En associant une psychothérapie, on aboutit à de meilleurs résultats.

De brusques changements de personnalité

Les troubles bipolaires sont parfois incompris par les proches

Les changements de personnalité peuvent être le signe de troubles bipolaires.

Pour stabiliser leur humeur, il est essentiel que les personnes atteintes de troubles bipolaires bénéficient d'un suivi régulier. Les rendez-vous chez un psychologue, dans un centre expert troubles bipolaires apportent une aide aux patients.

Lutter en couple contre les troubles bipolaires

Une thérapie conjugale permet de prendre les troubles bipolaires en compte dans l'histoire du couple

Les troubles bipolaires de Jacky n'ont pas été sans effets sur son couple.

Pour aider sa femme à le comprendre et à le soutenir, ils suivent une thérapie conjugale, qui leur permet de maintenir un certain équilibre.

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Des réunions pour mieux vivre la bipolarité

Les patients et leurs proches participent à des séances collectives dans le cadre d'une prise en charge globale

Les troubles bipolaires sont difficiles à vivre pour la personne directement concernée, mais aussi pour ses proches : qu'ils soient conjoint, parent ou enfant.

La psychoéducation est une éducation thérapeutique. Elle permet aux malades de mieux comprendre les troubles dont ils souffrent et de mieux accepter leur maladie.

Des centres experts pour mieux accompagner les malades

En France, neuf centres experts permettent une prise en charge globale de la bipolarité. Sur place, le patient peut consulter une équipe médicale recouvrant diverses spécialités. Cela permet de suivre les malades au long cours et d'ajuster leur traitement si nécessaire. Les patients passent aussi sur place des bilans pour surveiller l'évolution de leurs troubles.

Dosage sanguin, prise de tension, pesée… le premier objectif du bilan est de contrôler l'absence d'effets secondaires dus au traitement comme une prise de poids et une majoration des risques cardiovasculaires. Un entretien avec un psychiatre est également réalisé. Les centres experts évaluent plus précisément l'état général du patient et affinent si besoin son traitement.

Les médecins reportent les informations recueillies dans la base de données nationale des centres experts bipolaires. Objectif : étudier une cohorte de patients sur le long terme pour faire avancer la recherche. "Il n'y a pas un trouble bipolaire, il y a des troubles bipolaires. Chaque patient ayant une présentation individuelle de sa pathologie. Cela contribue à un retard de diagnostic du trouble bipolaire qui peut aller jusqu'à huit à dix ans. Et le protocole de recherche vise à améliorer les outils diagnostiques et les outils thérapeutiques", explique le Dr Sophie Job, psychiatre. Le bilan complet est transmis au médecin généraliste et au psychiatre du patient.

Troubles bipolaires : les groupes de parole

Des groupes de parole pour affronter les troubles bipolaires

Apprivoiser la maladie et vivre avec, c'est aussi le rôle des associations de patients. Ils y trouvent solidarité et écoute.

Depuis 2014, l'association des hyper-sensibles organise régulièrement des groupes de parole pour les personnes atteintes de troubles bipolaires. Travail, famille, amour… tous les sujets sont abordés et loin des médecins, la parole se libère.

Une appli pour mieux contrôler ses troubles de l'humeur

Reportage diffusé le 23 mai 2018

Apprendre à reconnaître les signes de transition entre les phases n'est pas évident. Depuis avril 2018, l'Institut Pasteur a lancé une étude pour permettre aux patients de mieux évaluer leurs émotions grâce à une application.

Avec cette application, il ne faut que deux minutes au patient pour mesurer précisément son anxiété, son irritabilité mais aussi son sommeil ou son activité physique. L'application est utilisée en même temps que le suivi par les consultations habituelles. Les chercheurs veulent ainsi rendre le malade plus actif dans sa prise en charge grâce à ce suivi électronique.

L'avantage de l'application est qu'elle permet un suivi continu de l'instabilité émotionnelle du patient. Les données recueillies auprès des patients sont analysées par les chercheurs. L'objectif étant de réussir à en tirer des schémas de prédiction pour une prise en charge thérapeutique très précise du malade.

Une centaine de patients seront suivis pendant près d'un an. La première étape est de valider l'utilisation de l'application dans la prise en charge clinique. Ensuite, elle pourra être proposée à un plus grand nombre de malades.

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