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Covid-19 et asthme : cinq informations à connaître

La journée mondiale de l'asthme, c'est aujourd'hui. Quels sont les liens entre le Covid-19 et cette maladie respiratoire chronique ? 

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Covid-19 et asthme : cinq informations à connaître
Covid-19 et asthme : cinq informations à connaître
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Certains symptômes de l'asthme sont-ils similaires à ceux du Covid-19 ?

"On peut tousser dans les 2 cas, explique le Dr Frédéric Le Guilou, pneumologue et membre du conseil d'administration de l'association Asthme et allergie, et président de Santé respiratoire France

Il y a davantage de toux à l'effort dans l'asthme tandis que pour le Covid-19 elle peut survenir n'importe quand. Mais les symptômes peuvent être les mêmes, avec les difficultés à respirer et l'essoufflement. De plus, l'asthme ne provoque jamais de maux de tête, de fièvre ou une fatigue intense, des symptômes évocateurs du Covid-19."

Attention, s'il y a une rhinite allergique associée ou une polypose nasale, il peut y avoir une perte d'odorat. Celle-ci n'est pas spécifique du Covid-19.

Autre critère sur lequel les médecins insistent : si la personne asthmatique a l'impression que la toux ou la gêne respiratoire est différente de d'habitude, ou a des symptômes différents, il est recommandé d'appeler un médecin.

 

L'asthme favorise-t-il le risque d'être infecté ou aggrave-t-il l'infection ?

"Du fait de l'atteinte respiratoire, on aurait pu penser que les personnes asthmatiques étaient plus sujettes au Covid-19, rapporte le pneumologue. Mais ce n'est pas le cas à partir du moment où l'asthme est bien contrôlé et en l'absence de comorbidités (NDLR : d'autres pathologies susceptibles de favoriser l'infection). Il faut surtout continuer son traitement de fond sous risque de voir sa maladie s'aggraver. Si l'asthme n'est pas contrôlé, c'est la porte ouverte aux infections. Mais si les patients avec une forme sevère et non contrôlée d'asthme contractent le Covid-19, là ils peuvent avoir une forme plus sévère." 

La Société de pneumologie de langue française et la Fédération française d’allergologie ont publié un communiqué de presse dans ce sens le 21 mars 2020. 

 

Le traitement doit-il être poursuivi malgré le Covid-19 ?

Oui. Tous les traitements de l'asthme doivent être maintenus à la dose minimale efficace, déterminée par le pneumologue. Avec un seul objectif : contrôler la maladie. C'est aussi ce qu'a rappelé la Société de pneumologie de langue française, dès le 21 mars 2020, dans son communiqué de presse.

Les corticoïdes sont l'un des piliers du traitement de l'asthme mais ils ont été soupçonnés dès le début de la crise de favoriser les formes graves de Covid-19, poussant certains patients à interrompre leur traitement. La Société de pneumologie de langue française a précisé que les corticoïdes inhalés n'exposaient pas à un risque d'infection plus sévère en général et en particulier pour le Covid-19.

"Si un asthme s'exacerbe et nécessite des corticoïdes en comprimés, il faut en donner, précise le Dr Le Guillou. Les corticoïdes en comprimés peuvent aggraver l'infection, quelle qu'elle soit, mais c'est primordial que la maladie soit bien contrôlée pour préserver l'intégrité des bronches."

Les bronchodilatateurs, qui ont pour objectif de dilater les bronches et de faciliter la respiration, ne posent pas de problèmes particuliers. Les biothérapies non plus.

En revanche, la nébulisation. parfois utilisée pour administrer les corticoïdes et les bronchodilatateurs, nécessite certaines précautions en cas d'infection au Covid-19 : " Elles peuvent disséminer le virus, met en garde le Dr Le Guillou. En l'absence d'infection au Covid, il n'y a pas précaution à prendre. Mais en cas d'infection, il faut faire la nébulisation dans une pièce séparée et bien aérer la pièce durant 3 à 4 heures, sans que personne ne rentre."

Y a-t-il des mesures de prévention particulières à prendre quand on est asthmatique ?

"Non, ce sont les mêmes que pour tout de monde, insiste le Dr Le Guilou. Les patients sont très inquiets du déconfinement et de la problématique des masques. On leur recommande de travailler avec un masque mais il faut en trouver. Un masque en tissu est mieux que rien car on met déjà beaucoup moins la main au niveau du visage."

Les deux sociétés savantes insistent sur le fait que "les mesures barrières et le confinement doivent être appliqués selon les recommandations actuelles." Pour rappel, il s'agit de la distanciation physique, du lavage très régulier des mains, et du fait de tousser ou éternuer dans son coude.

Sur le plan professionnel, en cas de profession à risque d’exposition au Covid-19 (soignants, enseignants...), elles indiquent qu'"un aménagement du poste de travail doit être discuté avec l’employeur et le médecin du travail". Plusieurs critères entreront ainsi en jeu :  la sévérité et le contrôle de l’asthme, la prise ou non d’une corticothérapie orale au long cours.

"C'est en effet laissé à discrétion, confirme le Dr Le Guillou. Nous avons eu des consignes du Conseil de l'Ordre des médecins : ce n'est pas à nous de faire des attestations, c'est au médecin du travail de le faire. Aucun texte réglementaire ne permet à l'employeur de réclamer un certificat."

Comment réagir en cas de symptômes respiratoires aigus ?

L'asthme se manifeste par des crises parfois sévères. Il n'est pas toujours facile de faire la distinction avec le Covid-19. Les deux sociétés savantes ont donc rappelé la conduite à tenir dans les différents cas.

"Si le patient asthmatique n'a pas les symptômes du Covid-19 mais présente un essoufflement ou une gêne respiratoire, il peut prendre 2 bouffées toutes les 5 minutes, à renouveler 3 fois si c'est si sans effet, précise le pneumologue. Soit 8 bouffées en tout, voire 10 si besoin."  Le 15 doit être appelé en l'absence d'amélioration. Il ne faut pas se rendre à l'hôpital par ses propres moyens mais attendre les secours.

Si le patient asthmatique ou allergique présente les symptômes du Covid-19, il doit joindre son pneumologue ou médecin pour avis. En attendant la téléconsultations, le traitement bronchodilatateur doit être pris. En cas d'inefficacité, d'une dégradation des capacités respiratoires, d'une oppression thoracique ou d'un essoufflement important, il faut appeler le 15.

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