1. / Maladies
  2. / Gynécologie
  3. / Ovaires

Ovaires polykystiques : un syndrome fréquent

C’est le dérèglement hormonal le plus répandu chez les femmes en âge de procréer. Le syndrome des ovaires polykystiques, souvent désigné avec son acronyme, le SOPK, touche une femme sur dix dans le monde.

Rédigé le , mis à jour le

Ovaires polykystiques : un syndrome fréquent
Crédits Photo : © Le Magazine de la Santé / Allodocteurs.fr
Sommaire

Qu'est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques ?

Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent le syndrome des ovaires polykystiques.

Le syndrome des ovaires polykystiques, également appelé "dystrophie ovarienne", a été découvert en 1935 par les chercheurs américains Stein et Leventhal.

Les ovaires sont deux glandes essentielles pour la reproduction. Ils produisent les ovules, ou ovocytes, et en libèrent un chaque mois : c'est l'ovulation. Au départ, l'ovule est un follicule. Il doit mûrir, c'est-à-dire finir sa formation pour aboutir à un ovule mature. Il passe ensuite dans les trompes de Fallope et est éventuellement fécondé par un spermatozoïde, s'il y a eu rapport sexuel.

A l'époque, et sans échographie, Stein et Leventhal pensaient que le syndrome des ovaires polykystiques était une multitude de kystes autour des ovaires, empêchant l'ovulation. Grâce aux échographies, on s'est en fait rendu compte qu'il ne s'agit pas de kystes mais de follicules qui n'arrivent pas à maturité et qui s'accumulent dans les ovaires.

Le syndrome des ovaires polykystiques est caractérisé par un excès d'hormones mâles. Les règles sont fréquemment irrégulières, voire absentes ; dans les cas les plus sévères, il peut y avoir une anovulation, c'est-à-dire l'absence de production d'ovule, mais certaines femmes atteintes du syndrome conservent une ovulation normale ou présentent une ovulation irrégulière

L'excès d'hormones mâles peut se traduire par de l'acné, une augmentation de la pilosité, la peau et les cheveux plus gras. La prise de poids, voire une obésité, est également fréquente. Ces symptômes peuvent survenir dès l'adolescence si l'excès d'androgènes est important ou le diagnostic est plus tardif, si la jeune femme essaie d'avoir un enfant et n'y parvient pas.

Le diagnostic est affirmé devant 2 symptômes sur 3 associés : un trouble du cycle (rarefaction des règles et ovulation irrégulière ou absente), une hyperproduction des hormones mâles et au moins 12 gros follicules par ovaire, à l'échographie.

Si on connaît bien les symptômes, on ignore encore beaucoup de choses sur la maladie et ses causes. Un dérèglement des hormones sexuelles mâles, l'obésité ou une origine génétique seraient en cause. Mais il y aurait bien d'autres facteurs.

Syndrome des ovaires polykystiques : quel traitement ?

Le syndrome des ovaires polykystiques persiste toute la vie. Ils sont la première cause d'infertilité féminine mais comportent aussi d'autres risques : la quantité de lipides, autrement dit des graisses, dans le sang, est souvent augmentée, ce qui favorise les maladies cardiovasculaires et le diabète de type 2.

Des traitements hormonaux peuvent être mis en place pour réduire les symptômes. Il peut s'agir soit d'une pilule oestro-progestative, soit d'une progestérone naturelle. Des médicaments anti-androgènes peuvent aussi être prescrits pour lutter contre les symptômes d'hyperpilosité. En complément, une alimentation saine et une activité sportive sont recommandées.

Pour Aurore, âgée aujourd'hui de 20 ans, il faudra cinq ans pour que le diagnostic de SOPK soit enfin posé. Très mal dans sa peau lorsqu'elle était adolescente, elle a développé une acné sévère qui la complexait énormément. Et dès la puberté Aurore est également touchée par des dérèglements hormonaux avec des règles très longues et abondantes.

Syndrome des ovaires polykystiques : une fertilité perturbée

Des traitements existent pour accompagner les désirs de grossesses.

De nombreuses femmes se rendent comptent qu’elles en sont atteintes au moment où elles essaient de concevoir un enfant. Le syndrome des ovaires polykystiques est d’ailleurs la première cause d’infertilité féminine

Une aide médicale à la procréation est souvent nécessaire. Le parcours peut parfois être long et nécessiter une fécondation in vitro (FIV).

Cela fait deux ans que Laëtitia essaye d'avoir un enfant avec son compagnon, mais ses ovaires ne produisent pas d'ovules matures. Après avoir consulté, le couple s'est tourné vers des méthoses d'aide à la procréation. Un long chemin qui s'est soldé par un succès pour Emilie, aujourd'hui maman d'un petit garçon de neuf mois.

Mais qu'il s’agisse de l’infertilité ou des autres symptômes, le syndrome des ovaires polykystiques commence à être bien pris en charge.  

Pour plus d’infos : 

En savoir plus sur les kystes ovariens

Questions/réponses :

Et aussi :

Voir aussi sur Allodocteurs.fr