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Kystes des ovaires : c'est grave docteur ?

Le kyste de l'ovaire est un problème assez fréquent, puisque 5% des femmes en développent un au cours de leur vie. Si dans la plupart des cas les kystes ovariens sont bénins et ne donnent aucun signe, parfois il est nécessaire de les enlever car ils sont trop gros ou nombreux.

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Kystes des ovaires : c'est grave docteur ?
Sommaire

Qu'est-ce qu'un kyste de l'ovaire ?

Benoît Thevenet et Philippe Charlier expliquent les kystes ovariens

De nombreuses femmes présentent des kystes aux ovaires. Dans 90% des cas, ils sont bénins. Mais chaque année, 30.000 patientes se font opérer de kystes qui paraissent suspects. Leur surveillance est donc très importante pour limiter les risques sur la fertilité ou le développement d'un cancer.

Les ovaires se situent dans le petit bassin, ils sont liés à l'utérus par les trompes. Ils renferment plusieurs groupes de follicules. Ces follicules sont des sortes de petits sacs contenant les futurs ovocytes. À chaque cycle, sous l'influence d'hormones libérées par le cerveau, plusieurs follicules se développent. Au 14ème jour du cycle, un seul d'entre eux, le plus développé, fait saillie à la surface de l'ovaire et libère un ovule vers l'utérus : c'est l'ovulation.

Une fois vidé de son contenu, le gros follicule reste en surface de l'ovaire et se transforme en une usine à progestérone, c'est le corps jaune. On parle aussi de kyste physiologique. Car normalement, il régresse au bout de quelques semaines.

Quand plusieurs follicules se développent en même temps, de petites boules peuvent apparaître sur la surface de l'ovaire, elles sont aussi visibles à l'échographie. Il s'agit aussi de kystes. Quand ces kystes dépassent les trois centimètres, s'ils persistent sur plusieurs cycles ou s'ils présentent un cloisonnement, on parle de kystes organiques. Parmi eux, certains contiennent de la graisse voire des cheveux, il s'agit en réalité de tumeurs d'origine embryonnaire, tout à fait bénignes.

Quel que soit le type de kyste, une surveillance est nécessaire, notamment en cas de douleurs pelviennes. Au départ, un kyste peut être bénin mais il peut grossir et provoquer la torsion de l'ovaire. L'ovaire n’est plus irrigué correctement, il prend une couleur violacée et risque de se nécroser. La douleur est généralement violente, il s'agit d'une urgence médicale. Mieux vaut donc consulter dès les premiers signes.

Le diagnostic des kystes ovariens

Comment se déroule une échographie pelvienne ?

Pour diagnostiquer et suivre l'évolution des kystes ovariens, les gynécologues pratiquent en premier lieu une échographie pelvienne, voire dans certains cas, une IRM. Cela permet de localiser précisément les kystes et se faire une première idée de leurs caractéristiques.

Le retrait des kystes ovariens

Attention images de chirurgie. Le retrait des kystes ovariens se fait par coelioscopie

Si le kyste de l'ovaire est petit et n'occasionne aucun signe, on surveille son évolution. Dans la plupart des cas, ils diminuent ou disparaissent spontanément après trois à six mois. Si le kyste de l'ovaire est assez gros ou douloureux, on peut proposer un contraceptif hormonal à la patiente, pour tenter de réguler les troubles hormonaux à l'origine de la formation du kyste.

Mais quand le kyste persiste malgré un traitement, qu'il est douloureux, qu'il continue à grossir ou quand il peut léser les trompes et impacter par exemple la fertilité des patientes, il doit être retiré pour éviter toute complication. Le plus souvent, l'opération (kystectomie) se fait par coelioscopie sous anesthésie générale.

Un gros kyste peut entraîner une complication grave : une torsion de l'ovaire, en grossissant le kyste fait tourner l'ovaire sur lui-même. L'ovaire n'est plus irrigué correctement, il peut même prendre une couleur violacée et se nécroser. Cela provoque des douleurs violentes et il faut opérer rapidement, pour éviter à la patiente de perdre ses ovaires. Autre complication rare du kyste de l'ovaire : le cancer de l'ovaire. Un kyste peut en effet "dégénérer" en tumeur maligne.

L'ablation de l'ovaire à la ménopause

Attention, images de chirurgie ! Comment se déroule une ovariectomie ?

Quand un kyste ovarien persiste, qu'il augmente de taille et prend une apparence suspecte, son ablation est envisagée. Et chez la femme ménopausée, l'ablation de l'ovaire entier (ovariectomie) peut parfois être réalisée.

Kystes des ovaires : un risque pour la fertilité ?

Il est possible d'avoir des kystes et mener à terme une grossesse.

Beaucoup moins redouté que le cancer de l'ovaire, le syndrome des ovaires polykystiques touche 5 à 10% des femmes. Quand une femme a des kystes accompagnés de règles irrégulières, d'acné ou d'une pilosité importante, on parle du syndrome des ovaires polykystiques. Sur chaque ovaire, on observe de multiples petits kystes de quelques millimètres de diamètre.

Cela peut poser des difficultés de fertilité, car l'ovaire a du mal à libérer son œuf par la coque qui est très dure. On effectue parfois dans ce cas, un drilling. On fait un trou dans la coque par rayon laser ou coagulation de la paroi de l'ovaire. On peut avoir des kystes et mener à terme une grossesse. Mais certains types de kystes peuvent diminuer les chances de grossesse, ce sont les kystes organiques. Lorsqu'ils sont très adhérents à la paroi ovarienne, celle-ci peut être altérée lors de l'intervention chirurgicale.

Enfin, dans le cas où le kyste est dû à une endométriose, il peut diminuer la fertilité. En effet, dans cette maladie, un tissu qui ressemble à l'endomètre, la muqueuse qui tapisse l'utérus, se développe hors de l'utérus. Cela provoque des lésions, des adhérences qui gênent le fonctionnement normal des organes génitaux.

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