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Le cancer des ovaires, un cancer sournois

Le cancer de l'ovaire est le cinquième cancer féminin après les cancers du sein, du côlon, de l'utérus et de l'estomac. Dans la plupart des cas, il concerne les femmes âgées de plus de 45 ans. Un cancer silencieux et récidivant qui impose une grande vigilance.

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Le cancer des ovaires, un cancer sournois
Le cancer des ovaires, un cancer sournois
Sommaire

Le cancer des ovaires

Les explications anatomiques de Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes

Le cancer des ovaires est le cinquième cancer touchant les femmes après celui du sein, du côlon, de l'utérus et de l'estomac. Ce cancer insidieux entraîne le décès de 3.500 femmes chaque année en France. Il touche principalement les femmes après 45 ans.

Au début de la maladie, les symptômes ne sont pas spécifiques. Ils sont presque anodins comme des douleurs abdominales. C'est la raison pour laquelle dans deux cas sur trois, le cancer de l'ovaire est diagnostiqué à un stade avancé. Il s'agit d'un cancer silencieux et récidivant qui impose la plus grande vigilance.

Les deux ovaires sont reliés à l'utérus par les trompes et par des ligaments qui les maintiennent dans leur position. Un ovaire contient de petits sacs qui renferment les futurs ovules. À chaque cycle, l'un des ovaires doit permettre la croissance et la libération d'un ovule mature capable d'être fécondé par un spermatozoïde.

Dans neuf cas sur dix, c'est à partir des cellules qui proviennent de l'enveloppe recouvrant les ovaires que le cancer se développe. Cette enveloppe s'appelle l'épithélium. On parle alors de cancer épithélial. C'est le plus fréquent et le plus meurtrier des cancers de l'ovaire. Plus rarement, le cancer se développe à partir des cellules germinales, c'est-à-dire des cellules impliquées dans la production des ovules. Ces tumeurs touchent surtout les jeunes femmes.

Enfin, il existe aussi les tumeurs des cellules stromales. Elles se développent dans les cellules des tissus conjonctifs qui lient et soutiennent les différents éléments de l'ovaire. Dans 6 à 10% des cas, les cancers ovariens sont liés à une mutation de certains gènes.

Le cancer des ovaires, un cancer silencieux

À ce jour, il n'existe aucun test efficace de dépistage et les frottis ne détectent pas la maladie. Il s'agit d'un vrai problème car le cancer de l'ovaire n'engendre pas de symptômes spécifiques. Il peut s'agir de simples ballonnements, de sensations de pesanteur, d'une augmentation du volume abdominal, de saignements vaginaux ou encore de troubles digestifs...

Résultat, le cancer de l'ovaire est plutôt un cancer silencieux ce qui explique souvent son diagnostic à un stade avancé. C'est le cas de Sandrine dont le cancer a été découvert au hasard d'examens de routine.

Cancer des ovaires : un dépistage souvent tardif

Coelioscopie : les images de cette technique de chirurgie

L'âge moyen de survenue du cancer de l'ovaire est de 60 ans, mais il peut aussi atteindre des femmes jeunes. Les symptômes du cancer de l'ovaire sont des troubles digestifs (ballonnements, nausées, transit perturbé, perte d'appétit, douleur à l'estomac), la fatigue et l'amaigrissement. Peuvent aussi survenir des saignements gynécologiques en dehors des règles, des envies fréquentes d'uriner, des douleurs dans le bas ventre voire une sensation de pesanteur.

Pour dépister un cancer de l'ovaire, il faut réaliser une échographie : sus-pubienne, transvaginale ou échodoppler. Si les examens ne donnent pas de résultat concluant, une surveillance renforcée, voire l'ablation préventive des ovaires après 40 ans, reste la seule mesure efficace de prévention.

Avant tout traitement du cancer de l'ovaire, une cœlioscopie est indispensable. Elle vient compléter l'imagerie médicale pour évaluer précisément l'étendue des lésions cancéreuses. Cet examen permettra ainsi de décider ensuite du traitement à proposer au malade.

Cancer des ovaires : une chimiothérapie avant la chirurgie

Le traitement du cancer de l'ovaire implique une chirurgie suivie d'une chimiothérapie pour réduire le risque de récidive. Mais lorsque le cancer est trop important et qu'il s'est étendu aux organes périphériques comme l'intestin ou encore le péritoine, la chirurgie n'est pas possible en première intention. Il faut tout d'abord réduire les lésions cancéreuses grâce à une chimiothérapie.

Une coelioscopie de contrôle est effectuée au bout de plusieurs semaines. Elle permet d'évaluer l'efficacité du traitement et donc de savoir si l'intervention est possible.

Le cancer de l’ovaire a un fort taux de récidive, surtout dans les 18 mois qui suivent la fin du traitement. Mais heureusement, la recherche progresse. En identifiant des sous-types de tumeurs et en expliquant de mieux en mieux les mécanismes qui engendrent la tumeur, les chercheurs espèrent la mise au point de thérapies de plus en plus ciblées et efficaces.

Opérer une tumeur ovarienne maligne

La chirurgie est incontournable dans le traitement des tumeurs ovariennes malignes

Trois fois sur quatre, le cancer de l'ovaire est découvert tardivement. Car une lésion tumorale peut se développer lentement sans signes cliniques.

Le traitement du cancer de l'ovaire implique forcément une chirurgie. S'il s'agit d'une tumeur primitive, le chirurgien a pour mission d'enlever le maximum de la tumeur. Il est parfois nécessaire d'enlever les ovaires, mais aussi l'utérus et les trompes. La chirurgie est systématiquement associée à une chimiothérapie qui réduit le risque de récidive.

La stratégie thérapeutique repose donc sur la chirurgie, souvent complétée par la chimiothérapie. Mais une chimiothérapie ne peut, à elle seule, éradiquer la prolifération des cellules cancéreuses. Envisagée avant l'intervention chirurgicale, elle vise à réduire le volume de la tumeur. Pratiquée après, elle est administrée dans le but d'éliminer les cellules cancéreuses résiduelles non visibles ou impossibles à retirer.

10 à 15% des tumeurs de l'ovaire sont dites frontières ou "borderline". À mi-chemin entre tumeurs bénignes et malignes, elles représentent un danger moins grave et sont traitées avec efficacité par la chirurgie seule.

Un vaccin pour lutter contre les rechutes

La récidive après un cancer de l'ovaire après traitement est très importante, surtout dans les 18 mois qui suivent la fin du traitement.

Pour lutter contre les rechutes, les chercheurs ont expérimenté un vaccin visant à renforcer les défenses immunitaires de l'organisme.

Si les premiers résultats étaient encourageants, ils n'ont pas été confirmés par la suite.

D'autres statégies sont proposées, comme la chimiothérapie péritonéale qui consiste à réaliser un bain de chimiothérapie dans la cavité péritonéale ou le CHIP (chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale), combinant chirurgie et bain de chimiothérapie.

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