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Cancer de l'estomac : quelle vie après la chirurgie ?

Même si les progrès de l'hygiène alimentaire - la conservation, par exemple - l'ont fait reculer depuis quarante ans, le cancer de l'estomac reste le cinquième cancer en nombre de nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Quels sont les facteurs de risque ? Peut-on vivre sans estomac ?

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Cancer de l'estomac : quelle vie après la chirurgie ?
Cancer de l'estomac : quelle vie après la chirurgie ?
Sommaire

Qu'est-ce qu'un cancer de l'estomac ?

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Marina Carrère d'Encausse et Michel Cymes expliquent le cancer de l'estomac.

Maux de ventre, problèmes de digestion, perte d'appétit, vomissements... Des symptômes souvent anodins mais qui, s'ils se prolongent dans le temps, peuvent être annonciateurs d'une maladie grave : le cancer de l'estomac. Avec 9.000 nouveaux cas par an, l'adénocarcinome de l'estomac est le cinquième cancer le plus fréquent en France. Il touche majoritairement les hommes de plus de 70 ans.

L'estomac est un organe de notre système digestif. C'est en fait une poche, assez volumineuse, qui s'ouvre dans le prolongement de l'œsophage, et précède l'intestin grêle. Les aliments que nous ingérons s'y accumulent après avoir été mâchés et avalés. Une phase essentielle du processus de digestion a lieu dans l'estomac. Les mouvements de ses parois, induits par leurs contractions, permettent de "brasser" le contenu de l'estomac.

Les parois de l'estomac sont recouvertes d'une muqueuse – la muqueuse gastrique (on parle aussi d'épithélium) - qui est tout à fait particulière. Cette muqueuse contient des glandes. Ces glandes vont sécréter des sucs gastriques, des substances chimiques acides qui vont participer à la dégradation des aliments. L'épithélium produit aussi du mucus qui protège la paroi de l'estomac des attaques du suc gastrique.

Dans 90% des cas, le cancer de l'estomac est ce qu'on appelle un adénocarcinome. C'est-à-dire une tumeur maligne qui se développe aux dépens des glandes de la muqueuse gastrique. Il peut avoir différents aspects. Dans sa forme la plus classique, il a un aspect bourgeonnant, avec un petit creux au milieu. Plus rarement, il peut revêtir une forme particulière, très diffuse, qui envahit la muqueuse et la rigidifie.

Le développement du cancer de l'estomac est dans un premier temps local. Les cellules cancéreuses se développent ensuite en profondeur dans la muqueuse. Puis elles peuvent disséminer jusqu'au péritoine, la séreuse qui recouvre les organes du ventre (on parle alors de carcinome péritonéal), et des ganglions. La tumeur peut ensuite métastaser vers d'autres organes.

Préserver une partie de l'estomac

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Attention, images d'intervention chirurgicale : le chirurgien sépare la tumeur du reste de l'estomac.

Quand le cancer de l'estomac est diagnostiqué, la chirurgie est inévitable. On pratique alors une gastrectomie, c'est-à-dire une ablation de l'estomac.

Toutefois on n'enlève pas toujours tout l'estomac. Il est parfois possible de préserver une partie de l'estomac. Cela dépend du volume de la tumeur et de sa localisation.

Parfois seule une partie de l'organe est retirée, on parle alors de gastrectomie partielle.

Réapprendre à manger sans estomac

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Comment manger sans estomac ?

Ce qui est dommage, c'est qu'il faut parfois souffrir de complications post-opératoires pour bénéficier d'un véritable accompagnement diététique post-opératoire. Michel retrouve ainsi plusieurs mois après son opération des menus étonnants.

Cancer de l'estomac : un nouveau traitement à l'essai

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Il existe aujourd'hui de nombreux essais cliniques pour le cancer de l'estomac

Dans certains cas, lorsque les chimiothérapies et radiothérapies ne suffisent pas à enrayer le cancer de l'estomac, lorsque la chirurgie n'est pas indiquée ou quand le patient présente une forme particulière du cancer de l'estomac, il peut être intégré à un essai clinique.

Un traitement récent, mis au point par un laboratoire américain, a donné des résultats intéressants sur des cancers de la peau et rénaux. À l'Institut Gustave Roussy de Villejuif, ce traitement est appliqué, à l'essai, au cancer de l'estomac.

Pour cet essai clinique, les patients doivent présenter un bon état rénal, hépatique et immunitaire. Ils ne doivent pas avoir d'antécédents d'auto-immunité. Tous les patients qui ont eu des maladies comme les lupus, les polyarthrites rhumatoïdes, les maladies de Crohn, les rectocolites hémorragiques… sont contre-indiqués à cet essai thérapeutique puisqu'il existe "des risques de réactiver l'immunité et donc d'avoir de nouveau des symptômes tels que les diarrhées…", explique le Dr Antoine Hollebecque du service des innovations thérapeutiques de l'Institut Gustave Roussy.

Chez certains patients atteints du cancer de l'estomac, les cellules tumorales contiennent en surface des protéines qui empêchent les cellules immunitaires de les combattre. Le traitement administré par perfusion contient des anticorps qui vont bloquer l'action de ces protéines. Cela permet alors au système immunitaire du patient de reconnaître et d'éliminer la cellule tumorale. Mais seules les personnes exprimant cette protéine particulière peuvent prétendre à ce traitement. On estime que 20% des patients atteints de cancer tous types confondus en sont porteurs. Ce traitement a également donné des résultats très encourageants sur le mélanome avec une nette diminution de la tumeur chez certains patients.

Les patients participant à cet essai clinique doivent passer une fibroscopie pour évaluer l'effet du médicament sur leur cancer de l'estomac. 350 patients font partie de cet essai clinique.

En savoir plus : vos questions, nos réponses sur le cancer de l'estomac

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