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Ne gachez pas votre été avec une mycose vaginale !

Les femmes sujettes aux mycoses vaginales le savent bien, l'été est la saison préférée des champignons… Pour limiter les risques, il suffit de suivre quelques conseils simples.

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Ne gachez pas votre été avec une mycose vaginale !
Pour limiter les risques, ne gardez pas votre maillot de bain mouillé.
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Des affections sans gravité mais très gênantes

Les mycoses vaginales sont considérées comme des infections non sexuellement transmissibles du vagin : elles ne se transmettent pas lors du rapport. Elles sont le plus souvent provoquées par un champignon nommé Candida albicans, qui est un hôte habituel du vagin. Sous l'effet de différents facteurs, il se met parfois à proliférer de façon anormale, aboutissant ainsi à une mycose.

A lire aussi : Les mycoses, la rançon du sexe ?

La flore vaginale, protectrice des infections

 Le vagin est en effet "habité" par une multitude de germes, à l'instar de la bouche ou de l'intestin. C'est ce que l'on appelle la "flore vaginale", composée  notamment de bonnes bactéries. C'est le cas de lactobacilles, qui produisent de l'acide lactique, une substance qui maintient le pH du vagin acide et empêche ainsi le développement des bactéries nocives et donc des infections.

Mais la composition de la flore est altérée par différents facteurs : le stress, le port de sous-vêtements synthétiques, les fluctuations hormonales comme la grossesse, la prise d'antibiotiques, une hygiène intime trop agressive, les protège-slips chez certaines femmes plus sensibles, etc. Le nombre de lactobacilles chute et le pH du vagin augmente. C'est alors la porte ouverte au développement de champignons ou de bactéries nocives, comme Gardnerella vaginalis (responsable de vaginose)… La mycose se traduit alors par des irritations, des démangeaisons, des pertes anormales ressemblant à du yaourt et n'ayant pas d'odeur, parfois une gêne pour uriner. Les rapports sexuels sont souvent douloureux et il est préférable d'attendre la guérison pour les reprendre. La mycose se double parfois d'une atteinte de la vulve, qui est alors rouge, irritée, sensible. Des filaments blancs peuvent aussi apparaître sur la muqueuse.

Le traitement des mycoses

Il est préférable de faire un prélèvement vaginal pour être certain qu'il s'agit bien d'une mycose, déterminer quel(s) germe(s) sont en cause et choisir le traitement le plus adapté.

Il est habituellement simple, fondé sur un ovule d'antifongique (anti-champignon) efficace en une seule dose. Certains schémas thérapeutiques sont étendus à 3 jours, ou nécessitent une autre prise 7 jours après, si les symptômes n'ont pas complètement disparus.

En cas d'atteinte vulvaire, l'application d'une crème antifongique sur la vulve durant 7 jours soigne les symptômes. En cas de récidive, le traitement nécessitera un comprimé de fluconazole (autre antifongique), parfois sur du long terme (1 comprimé par semaine, durant 3 à 6 semaines) et un ovule antifongique le soir.

Le traitement du partenaire peut se révéler nécessaire en cas de récidive : même si la mycose n'est absolument pas une IST, le rapport sexuel va déséquilibrer la flore vaginale et favoriser la prolifération du champignon. La flore du pénis peut elle aussi être perturbée et infectée. Un cercle vicieux se met en place où chaque rapport favorise la récidive…

Ce traitement est très efficace si l'origine est uniquement due au champignon et la mycose disparaît en une semaine. Si d'autres micro-organismes sont en cause, on ajoute généralement une cure de probiotiques vaginaux.

Restaurer la flore vaginale

L'équilibre de la flore doit en effet être rétabli et certains probiotiques y contribueraient. Les revues[1] ayant évalué leur efficacité en prévention de la récidive présentent le plus souvent des failles méthodologiques et d'autres travaux seraient nécessaires pour les recommander formellement. Certaines souches de lactobacillus présentent toutefois des intérêts (notamment les Lactobacillus, notamment L. rhamnosus, L. acidophilus, L. cristaptus et L. fermentum). Ils ont le net avantage de provoquer peu d'effets indésirables, à l'inverse des antifongiques et sont indiqués lorsque ceux-ci sont mal tolérés ou peu efficaces.

Quels probiotiques choisir ?

Les souches citées ci-dessus sont à privilégier et il doit y avoir au moins 1 milliard (109) de bactéries par gramme ou par gélule. Les probiotiques sont plus efficaces par voie vaginale[2] qu'en comprimés (ils nécessitent des doses supérieures puisque les gélules ont un long trajet à faire jusqu'au vagin : ils traversent l'estomac et l'intestin, jusqu'au rectum, colonisent le périnée puis la vulve et le vagin). 

En 2012, l'étude Candiflore[3] montra l'intérêt des probiotiques par voie vaginale (Gynophilus®) dans la prévention des récidives des mycoses à Candida. Elle présente l'avantage d'avoir suivi 515 patientes entre 2009 et 2011 et elle retrouva un résultat positif à prescrire des probiotiques vaginaux matin et soir pendant 5 jours, puis 1 capsule tous les soirs pendant 6 mois.

De même, Bactigyn®, composé de 6 probiotiques lutte contre les bactéries nocives, en restaurant le pH vaginal grâce à de l'acide lactique. Il est donné en cure de 5 jours, à raison d'un ovule par jour, à renouveler 2 fois si besoin. Il peut être utilisé seul, en complément du traitement (de mycose et de vaginose) ou en relais. A la même posologie, Lactibiane candisis 5® ou Lactibiane Cnd 10 sont également intéressants puisqu'il apporte 5 ou 10 milliards de lactibacillus acidophilus. Autre probiotique intéressant, Mycoress® , il apporte des lactobacilles de type cristaptus et rhamnosus, à 2 milliards par gélule. On peut toutefois penser pour ces 3 derniers probiotiques que la durée de traitement n'est pas forcément assez longue. A discuter avec le médecin, suivant l'évolution des symptômes...

[1] Probiotics for Treatment and Prevention of Urogenital Infections in Women: A Systematic Review. J Midwifery Womens Health. 2016 May;61(3):339-55. doi: 10.1111/jmwh.12472.

[2] Bacterial vaginosis : a review on clinical trials with probiotics. Mastromarino. New Microbiologia. 2013 Jul;36(3):229-38. Epub 2013 Jun 30.

[3] Traitement de la candidose vulvovaginale récidivante par probiotique vaginal : résultats de l’étude observationnelle Candiflore. Kern. Bohbot. La lettre du gynécologue n° 370, mars 2012.

Conseils pratiques pour limiter les risques de mycose

Les champignons raffolent de l'humidité et de la chaleur… d'où leur appétence pour l'été ! A partir de ces données, il est possible d'adopter quelques recommandations :

  • Ne restez avec un maillot de bain humide ! L'astuce consiste à avoir deux maillots et à mettre le maillot sec pour bronzer.
  • Pensez à prendre une douche après la baignade pour enlever le sable et le sel, très irritants pour la vulve
  • Ne vous asseyez pas sur une surface mouillée (bancs de piscine, herbe,…) s'il n'est pas possible de changer rapidement de sous-vêtements ou de maillot.
  • Ne portez pas de pantalon très moulant quand il fait chaud.
  • Evitez les culottes en matière synthétique ou en soie. Privilégiez celles en coton.
  • Suivez les conseils valables toute l'année : lavez la vulve une fois par jour sans utiliser de savon ou gel-douche trop agressif mais choisissez un produit neutre (pain surgras, gel-douche sans savon) ou alcalin en cas de mycoses récidivantes, ne pratiquez pas de douche vaginale ni de toilette intime agressive ou répétée (la vulve se lave une fois par jour, à l'eau et avec un gel douche sans savon ou un pain surgras). Pendant les règles, changez de protection toutes les 4 heures.
  • Ne multipliez pas les rapports sexuels dans l'eau (piscine ou mer). Aussi excitants soient-ils, le chlore, le sel et le sable risquent fort de déséquilibrer la flore vaginale…

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