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Vivre après un infarctus

Chaque année en France, on compte 110.000 à 120.000 infarctus selon la Haute Autorité de santé (HAS). Après l'accident, quand le risque vital est écarté, une nouvelle vie commence pour le patient avec parfois des séquelles, et souvent la peur de la récidive. Un risque de récidive estimé à 17% après un premier infarctus. Comment vit-on avec le risque de récidive ? Peut-on reprendre le sport après un infarctus ? Faut-il changer son alimentation ?

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Vivre après un infarctus
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Sommaire

Qu'est-ce que l'infarctus ?

Marina Carrère d'Encausse et Antoine Piau expliquent les causes de l'infarctus

En France, chaque année, 120.000 personnes sont victimes d'un infarctus du myocarde, autrement dit d'une crise cardiaque. Pour ceux qui en réchappent, le coeur est fragilisé et tout doit être fait pour éviter la récidive.

Le coeur est principalement un muscle : le myocarde. Son rôle est de se contracter pour propulser le sang dans l'organisme. Il est partagé en deux parties indépendantes. Chacune possède deux cavités : une oreillette et un ventricule. Le sang veineux en provenance des organes au coeur par l'oreillette droite, passe dans le ventricule droit pour être envoyé dans les poumons où il se débarrasse du gaz carbonique et récupère de l'oxygène. Puis, il revient au coeur, cette fois du côté gauche, d'abord dans l'oreillette puis dans le ventricule pour être enfin propulsé dans tout le corps.

Le cycle recommence au rythme des battements cardiaques : en moyenne 70 fois par minute, trois milliards de fois au cours d'une vie. Et pour tenir ce rythme, le muscle cardiaque a besoin d'être lui irrigué et nourri. Le sang qui afflue dans ses cavités ne suffit pas à couvrir ses besoins. Il lui faut un apport propre, c'est le rôle des vaisseaux sanguins qu'on appelle les artères coronaires. Elles naissent de l'aorte et se ramifient pour former de petits vaisseaux qui s'insinuent dans le muscle, afin d'en nourrir chaque partie.

Il arrive que ces coronaires ne puissent plus accomplir leur rôle. Un caillot sanguin peut boucher le vaisseau. Autre type d'obstruction : le mauvais cholestérol. Au fur et à mesure que la plaque grossit, l'artère se bouche progressivement. Que ce soit un thrombus ou une plaque d'athérome, si l'obstruction est importante, le sang ne parvient plus à passer. La région du myocarde qui se trouve en aval de l'obstruction n'est plus suffisamment irriguée. Les cellules du coeur manquent d'oxygène et finissent par mourir. C'est ce qu'on appelle l'asphyxie cellulaire. Le myocarde est en souffrance et il le fait savoir en envoyant des messages de douleur vers les zones proches telles que le bras gauche et parfois la mâchoire. C'est l'infarctus.

Des patients sous surveillance

Quelle surveillance après un infarctus ?

Après un infarctus, le risque de récidive existe, notamment dans les quarante jours qui suivent. Il faut alors surveiller les patients de très près.

Un des outils permettant la surveillance des patients est une veste-défibrillateur, la LifeVest. Equipée de plusieurs électrodes, elle permet d'enregistrer le rythme cardiaque. Au moindre signe inquiétant, une alarme se déclenche.

Cette protection rapprochée est limitée dans le temps pour une raison bien précise : "On a quelques semaines pour voir si la partie du cœur se remet à fonctionner correctement et si le cœur, globalement, reprend une fonction normale ou quasi normale", explique le Dr Jean-Michel Tartière, cardiologue.

Pour déterminer la gravité des séquelles provoquées par l'infarctus et évaluer le risque de récidive, une échographie d'effort est réalisée. Les cardiologues sont alors particulièrement attentifs à la contraction des différentes parois du cœur.

Reprendre le sport après un infarctus

Les patients apprennent ainsi à pratiquer une activité physique en toute sécurité

Associée à des mesures diététiques, l'activité physique améliore la vie des patients après un infarctus. À condition de ne pas faire n'importe quoi. Pour accompagner les patients, des associations et des clubs cœur et santé existent partout en France.

Lors des séances, des kinésithérapeutes spécialisées s'assurent que les patients ne dépassent pas leur limite. Outre la fréquence cardiaque, ils vérifient également le ressenti des patients durant l'effort. Les patients apprennent ainsi à pratiquer une activité physique en toute sécurité et à gérer leur anxiété pour prévenir la récidive.

Cure thermale et réadaptation physique

Les programmes de réadaptation physique sont indispensables pour prévenir les risques de récidive

Après un infarctus, il est recommandé de reprendre une activité sportive. Depuis 2012, le centre de Bains-les-Bains propose aux patients d'allier cure thermale et réadaptation physique. Une manière douce de se remettre au sport.

Avant de reprendre une activité sportive, les victimes d'infarctus doivent passer un test d'effort afin de définir un seuil de fréquence cardiaque à ne pas dépasser. L'activité physique permet de diminuer le risque de récidive d'infarctus, mais il faut que cette réadaptation physique soit bien encadrée. "Il convient que les patients victimes d'infarctus doivent réacquérir une activité physique qui fera partie de la prévention secondaire", explique le Dr Jean-Claude Thébault, cardiologue. "Cette activité physique permettra au muscle cardiaque d'une part et surtout à l'ensemble de la musculature de travailler dans de meilleures conditions".

Bien manger après un infarctus

Après un infarctus du myocarde, les patients doivent changer leurs habitudes alimentaires

Bien manger équilibré, moins salé, moins gras... c'est ce que doivent faire les victimes d'infarctus après leur accident. Pour les aider, des ateliers de cuisine diététique sont proposés.

L'ennemi principal des victimes d'infarctus, c'est le gras : "Par rapport aux infarctus, il faut limiter au maximum les graisses saturées. Et les deux sources principales de graisses saturées sont toutes les graisses animales et toutes les graisses qui sont cuites (huiles cuites, beurre cuit…)", explique Nathalie Presti, diététicienne.

Après un infarctus, il est primordial de suivre ces conseils diététiques pour prévenir d'éventuelles récidives.

Infarctus : une réadaptation cardiaque au rythme du tango

À la découverte du cardio tango

Après un infarctus, outre le traitement, la réadaptation du muscle cardiaque est indispensable. Les patients doivent s'astreindre à des séances de sport d'endurance et bien souvent, il s'agit de pédaler sur un vélo.

Aujourd'hui une approche plus ludique et conviviale est proposée, c'est la pratique du tango. Cette danse sensuelle requiert de la souplesse, de la coordination et du souffle.

Le cœur bat au rythme de la musique avec passion mais travaille sérieusement. Une fois par semaine, le service de réadaptation cardiaque de l'hôpital Corentin Celton (Issy-les-Moulineaux) prend des airs de bal argentin car le tango est un outil thérapeutique appelé cardio tango. Le cardio tango est destiné aux patients opérés qui ont besoin d'une réadaptation cardiaque.

Les patients de l'atelier récupèrent d'un infarctus et doivent obligatoirement réentraîner leur cœur à l'effort. Le tango sollicite le muscle cardiaque et permet d'augmenter le flux sanguin. Le cardio tango a été testé et approuvé par la chef de service de réadaptation cardiaque de l'hôpital Corentin Celton, le Dr Marie-Christine Iliou : "Les patients victimes d'infarctus ont la paroi la plus interne de l'artère (endothélium) qui est malade. Grâce à un entraînement régulier, on aura les effets bénéfiques du flux sanguin qui passe sur cette paroi et qui donc permet une dilatation des artères. Et on aura d'autre part une réparation de l'endothélium malade".

Cette réparation du cœur lésé par l'infarctus nécessite une pratique régulière. Pour récupérer après un infarctus, le maître-mot est en effet la régularité. Trente minutes d'activité physique par jour favorisent le bon rétablissement du cœur.

L'association Bel Tango recherche des mécènes pour lancer un programme de recherche médicale en mesurant l'activité cardiaque des pratiquants lors des cours de tango.

Après un infarctus, l'angoisse de la récidive

Consultation chez un psychologue pour un patient ayant subi un infarctus

Les patients ayant subi un infarctus craignent souvent de faire un nouvel accident cardiaque et vivent dans l'angoisse. Ils peuvent aussi se sentir perdus face aux nouvelles habitudes à prendre : traitements lourds, activité physique, nouvelles règles alimentaires… Le recours à un psychologue permet souvent de mettre des mots sur cette anxiété latente.

Flore Chevet, psychologue clinicienne à l'hôpital Corentin Celton, confirme cette peur de la récidive qui gagne les patients victimes d'un infarctus : "Chez les patients ayant subi un infarctus, un gros lot d'angoisses arrive à ce moment-là, et notamment une angoisse de mort. Il va y avoir également par la suite tout un cortège d'angoisses sur l'avenir, sur le risque de récidive…". Une angoisse qui s'ajoute à l'obligation pour les patients de modifier leurs habitudes de vie après un infarctus.

Si pour certains patients les changements de vie après un infarctus apparaissent comme une évidence, pour d'autres victimes d'accident cardiaque en revanche, cela n'est pas toujours le cas : "L'infarctus peut conduire à ce que l'on appelle le stress post-traumatique, c'est-à-dire le moment où il n'y a plus du tout de ressource psychologique interne. Tout se bloque, tout s'arrête à ce moment-là, les projets sont impossibles à réaliser, la vie s'arrête… Et pour certains, les efforts à fournir pour changer de mode de vie sont tels que le fait d'envisager la suite devient très compliqué et très frustrant", explique Flore Chevet.

Outre l'écoute d'une psychologue, pour atténuer l'angoisse des patients, le recours à la relaxation s'avère généralement efficace : "la relaxation a des vertus pour tout le monde, mais particulièrement pour les patients atteints de pathologies cardiovasculaires et qui ont un facteur de risque lié au stress. Après un infarctus, le but est de s'approprier cette technique pour soi".

Après un infarctus, les patients doivent rester vigilants et passer régulièrement des examens cardiaques.

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