Cancer : les signes qui alertent
Ch@t du 29 mai 2012 de 15h à 16h : les réponses du Pr. Gilles Freyer, cancérologue et du Pr. Philippe Girard, pneumologue à l'Institut mutualiste Montsouris.
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Les réponses du Pr. Gilles Freyer, cancérologue
Il y a en effet une bactérie appelée Helicobacter Pylori, qui peut provoquer des ulcères gastriques. le risque de cancer de l'estomac existe surtout lorsque le diagnostic n'est pas fait et la maladie non traitée. Dans tous les cas il est raisonnable de continuer à se faire suivre après un traitement initial. Les symptômes que vous avez ne sont pas forcément inquiétants, mais il est préférable d'en parler à votre médecin traitant.
Attention, tout ganglion dans le cou n'est pas un cancer, loin de là, surtout si vous l'avez depuis longtemps par exemple. Par ailleurs, certains ganglions se développent volontiers après une infection des voies respiratoires. Le mieux est de le montrer à votre médecin qui vous rassurera ou bien, s'il y a lieu, vous fera faire des examens complémentaires.
Tumeur maligne et cancer sont synonymes : la tumeur peut grossir, envahir les tissus voisins et les détruire, et disséminer dans l'organisme sous forme de métastases. Une tumeur bénigne peut grossir et comprimer les tissus avoisinants mais ne les envahit pas et ne dissémine pas. En général, le cancer est une maladie grave et une tumeur bénigne guérit après avoir été enlevée. Cependant, si une tumeur bénigne se trouve dans un organe noble (par exemple le cerveau) elle peut malgré tout menacer la santé.
Oui, le cancer de l'ovaire est une maladie qui grossit souvent silencieusement et finit par donner des symptômes d'apparence très banale, comme de vagues douleurs dans le ventre et des troubles du transit. Là encore, c'est un changement par rapport à l'habitude qui doit alerter (car beaucoup de gens ont toute leur vie un transit fluctuant). Et ne pas oublier tout de même que le cancer de l'ovaire se voit surtout après 60 ans, bien plus rarement avant.
Non, en fait c'est le suivi qui est préconisé par tous les experts internationaux, sans quoi il faudrait multiplier des examens de surveillance durant 10 et ce serait ingérable, sans compter que l'on n'a jamais démontré que cela puisse être vraiment utile. En revanche, mammo et consultation avec le médecin sont à maintenir.
La dose de radioactivité est très faible et reste en dessous du seuil considéré comme "à risque" dans la population. Donc, aucune crainte à avoir, sauf à passer un TEP chaque semaine !
Impossible bien sûr de répondre de façon formelle et encore moins de faire un diagnostic sur Internet, mais je peux vous dire que des tâches jaunes sur le paupières peuvent être tout à fait banales, notamment chez des personnes de plus de 60 ans. En général, le caractère bilatéral est plutôt rassurant. Au moindre doute, les montrer à votre médecin traitant.
Si ce phénomène dure depuis longtemps, il faut avant tout vous rassurer vis à vis du risque de cancer, ce d'autant que vous n'avez jamais fumé. En revanche, il arrive que des nodules bénins soient présents sur les cordes vocales (chez les chanteurs notamment). Bien sûr, l'ORL peut les traiter efficacement.
Ce que vous décrivez fait bien penser à des hémorroïdes, ce qui est tout à fait bénin, mais il est indispensable de vous faire examiner si c'est la première fois que vous avez ces symptômes. Le mieux est de consulter un proctologue.
Non pas du tout. Il peut y avoir des anomalies de la muqueuse de l'utérus (hyperplasie, dysplasie...) dont certaines ne comportent aucun risque, mais dont d'autres nécessitent un suivi car elles peuvent dégénérer en cancer. Cela dit, avec la surveillance et, si nécessaire, l'ablation d'éventuels polypes lors de l'hystéroscopie, votre gynécologue a tous les moyens de bien vous protéger de ce genre de problème.
Cela peut arriver mais ce n'est pas du tout un signe spécifique. Il y a de très nombreuses autres causes parfaitement bénignes et heureusement plus fréquentes que le cancer. Parmi lesquels d'ailleurs, une "grosse prostate", surtout après 60 ans, que l'on appelle hypertrophie ou adénome. N'hésitez pas cependant à consulter votre médecin.
Il y a des programmes de dépistage du cancer du sein, du col de l'utérus, du côlon-rectum... dans différents pays européens : Allemagne, Italie, Royaume-Uni, etc. Les plus "en avance" dans ce domaine sont les suédois, qui ont été précurseurs et sont particulièrement bien organisés.
Oui cela peut arriver, car le dépistage ne protège pas du cancer. C'est ce que l'on appelle le "cancer de l'intervalle". En quelque sorte, c'est un peu "la faute à pas de chance" : le cancer se déclare mais n'était pas visible sur l'examen précédent. Heureusement, c'est rare et en général le dépistage permet de voir les cancers au début.
Si vous n'êtes pas un(e) "habitué(e)" de ce genre de phénomène depuis toujours, il est plus prudent de consulter votre médecin. Mais surtout, ne paniquez pas, ce genre de problème peut être tout à fait bénin et n'est en rien le signe absolu de quelque chose de grave.
Une tumeur du cerveau va plutôt donner des maux de tête persistants, qui ne ressemblent pas forcément à une migraine mais peuvent être plus ou moins violents ou lancinants. Si la personne n'est pas habituée à ce genre de douleur (comme peut l'être un migraineux) et surtout s'il existe d'autres signes comme une fatigue intense, des troubles de la vision, des vertiges, des difficultés intellectuelles, alors il faut consulter. N'oublions pas tout de même que bien des maux de tête sont liés au stress du quotidien, mais dans ce cas ils sont transitoires.
Je ne suis pas un spécialiste de ces problèmes, mais il est sur que stigmatiser ou "agresser" les fumeurs ne fera pas avancer la lute contre le tabagisme. Le problème est très compliqué, l'interdiction pure et simple pose beaucoup de problèmes, dont la contrebande...
Non, pas forcément ! Le radiologue va considérer un ensemble de signes et dire si les "anomalies" sont peu inquiétantes, auquel cas on les surveille simplement, ou bien s'il existe un risque et à ce moment-là on effectue des examens complémentaires, dont une biopsie si nécessaire.
Demandez bien sûr confirmation à votre médecin, car je n'ai pas pu voir ces clichés, mais ACR2 est absolument rassurant. Les microcalcifications peuvent persister ou disparaître, elles ne sont pas en elle-même un facteur de risque. Il faut simplement poursuivre votre suivi.
Les réponses du Pr. Philippe Girard, pneumologue
Le "colon irritable" n'est pas en soi un facteur de risque de cancer du colon. Mais une coloscopie doit cependant être réalisée (une fois) avant de parler de "colon irritable".
La petite taille (3mm), et surtout le caractère inchangé en 1 an sont effectivement très rassurants.
Ce n'est pas inquiétant en soi (c'est très banal!...), mais cela peut mériter d'en parler une fois à un gastro-entérologue, qui confirmera (ou non!) l'indication d'une coloscopie.
La cause la plus fréquente (et banale) est les hémorroïdes, mais une consultation spécialisée pour confirmer (ou non) ce diagnostic parait raisonnable. Ceci dit, vous êtes apparemment bien surveillé avec une coloscopie récente normale, ce qui est a priori très rassurant.
Les métastases de cancer du sein peuvent survenir même tardivement, à peu près n'importe où. Mais dans l'immense majorité des cas, les symptômes du bras après curage ganglionnaire axillaire, du côté opéré, sont en rapport avec l'obstruction des vaisseaux lymphatiques par le curage (lymphoedème par exemple), pas avec une récidive de la maladie.
Les diverticules ne sont pas des lésions pré-cancéreuses. En revanche, le fait d'avoir une grand-mère ayant fait un cancer du colon augmente un peu le risque chez vous. Il existe des recommandations simples concernant les indications d'examen de dépistage (c'est à dire chez les sujets sans symptômes), en fonction de l'âge et du type d'antécédent familial. Parlez-en à votre médecin ou à un gastro-entérologue.
Aucun rapport (connu) entre la sarcoïdose pulmonaire et le cancer du poumon. La sarcoïdose n'est pas une lésion précancéreuse !
Les facteurs de risque "héréditaires" de cancer du poumon sont très peu connus et de toute façon TRES rares. En revanche, le tabac augmente en moyenne le risque de faire un cancer du poumon de 2.000% (deux mille pour cent)!!!!! La meilleure façon d'éviter le cancer du poumon reste, de loin, de ne pas fumer ou d'arrêter de fumer totalement et définitivement le plus tôt possible!!! Cherchez le numéro de la consultation antitabac la plus proche de chez vous.
Pas de rapport entre tuberculose et cancer pulmonaire (la tuberculose n'est pas une maladie "précancéreuse").
Cancer des bronches (les "tuyaux" qui apportent l'air dans les poumons) et cancer du poumon sont synonymes (les médecins emploient l'un ou l'autre sans distinction). En revanche, le cancer de la plèvre (enveloppe des poumons) est très particulier. Le cancer primitif de la plèvre (mésothéliome) est rare et presque toujours lié à une exposition à l'amiante. Les cancers secondaires de la plèvre (métastases pleurales, provenant d'un cancer ailleurs), sont beaucoup plus fréquents. Presque tous les cancers peuvent donner des métastases pleurales. Les plus fréquents sont le sein et le poumon.
Seule une histologie (petit morceau de tumeur envoyé au laboratoire permettant de voir des cellules cancéreuses au microscope) permet d'affirmer le diagnostic de cancer. Mais dans le contexte (85 ans, fatiguée...), les médecins peuvent juger que les examens et le traitement sont trop lourds pour les imposer à la patiente. Ceci dit, une pancréatite (sans cancer) peut donner les symptômes que vous décrivez.
Il peut être utilisé dans presque tous les types de cancer, mais son utilité (sa "rentabilité" pour le diagnostic) dépend de chaque tumeur et de son stade. Il n'est pas nécessaire dans tous les types de cancer. Dans de nombreux cas, il est inutile.
Cellules atypiques signifie cellules suspectes de cancer, sans que cela soit suffisant pour affirmer qu'il s'agit d'un cancer. L'analyse de l'utérus après l'opération permettra de savoir s'il s'agissait seulement de lésions précancéreuses ou d'un cancer.
Non, pas toujours. Les lésions précancéreuses dans les bronches des patients fumeurs peuvent disparaitre (mais pas toujours!) à l'arrêt du tabac. La présence de cellules atypiques doit conduire au minimum à une surveillance très précise, et parfois à l'ablation de l'organe ou de la zone concernée pour avoir une certitude.
Oui ! Mais il y a de nombreuses maladies bénignes, même chez les femmes ayant eu un cancer du sein, qui peuvent donner ces symptômes...
Il y a des dizaines d'autres causes possibles, mais il peut aussi s'agir du mode de révélation d'un cancer.
Oui. L'association cancer du sein et cancer du colon (ou du poumon) c'est à dire les 3 cancers les plus fréquents chez les femmes, est possible et pas exceptionnelle. Mais le cancer du sein ne prédispose pas au cancer du colon ou du poumon, sauf dans certaines maladies génétiques extrêmement rares. Plus un cancer est rare, plus son association avec un autre cancer est rare.
Le "point de côté", "parfois", et "au repos", sans autre signe ou symptôme, est TRES PEU évocateur de cancer.
Désolé (et cela vaut pour un certain nombre d'autres questions similaires...): il n'est pas possible ni raisonnable de vous donner un avis qui relève d'une consultation spécialisée, pas d'un chat. Les symptômes décrits paraissent à priori peu inquiétants, mais voir un spécialiste.
Non, je parlais de cancers primitifs en même temps. Les métastases, par définition, sont des tumeurs "filles" d'une tumeur primitive située ailleurs : quelques cellules quittent la tumeur primitive et, le plus souvent par voie sanguine, vont se "nicher" dans un autre organe où elles se développent et deviennent des tumeurs "secondaires", l'autre nom des métastases.
Des "adénopathies médiastinales" (défintion : petit axe sur le scanner > 10mm), qui ne bougent pas en 4 ans, évoquent une sarcoïdose, maladie bénigne, dont il n'est pas toujours nécessaire de faire un diagnostic formel.
A priori, aucune.
C'est malheureusement possible (cf. une réponse sur la définition des métastases): les métastases n'étaient pas décelables (trop petites) au moment du début du traitement, et la chimiothérapie n'a pas été eficace sur les métastases même petites, ce qui est rare dans le cancer du sein, mais peut malheureusement pas exceptionnel.
Non ! Aucun rapport, c'est beaucoup plus compliqué que ça. Vous pouvez manger du sucre...
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Les risques de cancers ne sont pas les mêmes pour tous : ils dépendent notamment de notre sexe, de notre âge, de nos antécédents médicaux, de nos antécédents familiaux et de notre mode de vie. Il est important de connaître ses risques pour pouvoir les limiter en mettant en place une surveillance adaptée, en concertation avec son médecin. Que peut-on faire à titre personnel pour se surveiller le mieux possible sans pour autant s'inquiéter inutilement ?
Chaque cancer présente des signes d'alerte particuliers. Bien sûr, la présence de ces signes ne veut pas dire nécessairement qu'on a un cancer mais connaître les plus importants constitue un avantage certain car plus on agit tôt, plus les traitements sont efficaces et plus les chances de guérison sont élevées. La plupart des cancers évoluent au début à bas bruit, c'est-à-dire qu'ils n'entraînent pas de symptôme spécifique. Ensuite, à un stade encore précoce, certains signes mettent sur la piste. Les détecter permet de consulter tôt et de potentialiser les chances de guérison.
Bien entendu, l'idéal est de dépister les cancers à l'aide de marqueurs visibles bien avant les premiers symptômes, afin de mettre en place un traitement lorsque la tumeur est encore toute petite et peu agressive : la mammographie, les frottis, le dosage du PSA, le toucher rectal, le scanner pulmonaire pour le cancer du poumon…
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