Décès d'une patiente aux Urgences : Martin Hirsch reconnaît des ''erreurs d'organisation''

Décès d'une patiente aux Urgences : Martin Hirsch reconnaît des ''erreurs d'organisation''

EN BREF - Le directeur de l'AP-HP Martin Hirsch a reconnu mardi 25 février sur France Inter qu'il y avait eu "des erreurs d'organisation", en réaction au décès d'une patiente, le 15 février 2014, six heures après son arrivée aux Urgences de l'hôpital Cochin à Paris. Il a écarté toute "faute individuelle".

La rédaction d'AlloDocteurs
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"A ma connaissance de l'enquête, il n'y a pas de faute individuelle qui justifierait des sanctions individuelles, il y a des erreurs d'organisations suffisamment graves pour qu'on prenne des corrections, pour qu'on les prenne au sérieux et qu'on rende des comptes", a-t-il déclaré sur France Inter.

En outre, "dans l'état actuel de l'enquête, même si elle avait été prise en charge correctement, tout de suite, ça n'aurait pas eu d'influence, ça ne l'aurait pas sauvée", a assuré M. Hirsch.

"Oui, il y a des choses qui n'ont pas fonctionné comme elles devraient", mais cette patiente, qui se trouvait dans une "zone de surveillance" et non dans la salle d'attente des urgences, "n'est pas restée cinq heures morte dans un fauteuil", selon lui.

"La cause de la mort est probablement subite, indépendante", a-t-il précisé.

"Au moment où on l'appelle pour la prendre en charge, […] il y a un moment de confusion où on va la chercher partout […]. Puis, il y a un moment où quelqu'un dit +il faut vite la mettre dans un box+ et à ce moment-là, c'est trop tard", a-t-il détaillé.

"On va améliorer Cochin, on ne va pas lâcher Cochin, on ne va pas lâcher ce service", a-t-il affirmé. "Les mesures qui seront mises en œuvre dès qu'on aura eu le rapport final, dans quelques jours, on les suivra - je ne sais pas si c'est tous les mois, tous les deux mois - pour être sûr qu'elles seront bien mises en œuvre."

Enquête interne

Une enquête interne a été ouverte par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), dont dépend l'hôpital Cochin où la patiente est décédée le 15 février 2014. Ses conclusions finales devront être rendues à la fin de cette semaine, a précisé M. Hirsch. L'enquête devra déterminer si des négligences ont été commises par les personnels de l'établissement.

Cette femme de 61 ans, qui avait été transférée à 16h48 par les pompiers aux Urgences "pour une plaie au pied" à la suite d'une "chute sans signe de gravité", avait été retrouvée morte six heures plus tard, à 23h00.

Le directeur général a par ailleurs répété qu'il n'y avait "pas de situation de sous-effectifs" dans le service. "Ces effectifs étaient là, ils étaient tous là ce soir-là", a-t-il assuré.

Selon des données rendues publiques par l'APHP, il y avait jusqu'à 21h00, cinq médecins seniors et cinq internes de permanence aux Urgences de Cochin.

Il y avait eu 152 consultations le samedi 15 février 2014 aux Urgences de Cochin. La moyenne, depuis le 1er janvier 2014, était de 143 visites par jour (plus de 150 visites environ un jour sur quatre). "Il s’agit du nombre habituel de passages depuis début novembre 2013", avait précisé l'APHP, l'hôpital Cochin accueillant depuis cette date une partie des patients des urgences de l'Hôtel-Dieu, converties en centre de consultations 24H/24. Cette fréquentation correspond à une augmentation de 20% des consultations "par rapport à l’année précédente", "[conformément] aux prévisions".

Le comité de soutien de l'Hôtel-Dieu, "Hôpital pour tous" et la CGT juge pour sa part que "le service d'urgences de Cochin était complètement saturé" samedi 15 février 2014, "comme le sont quotidiennement toutes les urgences parisiennes depuis la fermeture de l'Hôtel-Dieu".

M. Hirsch, qui s'est dit "choqué" par cette polémique, a réclamé à ce sujet "un peu de sérénité" et "que chacun se respecte". 

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