Tunisie : une maternité qui manque de tout

En Tunisie, les inégalités géographiques sont flagrantes, entre les régions côtières, où se concentrent les richesses et la plupart des structures de soins, et l'intérieur des terres. Gafsa en est un exemple concret. La ville dispose d'un hôpital régional dans lequel les services sont surchargés, et cela se ressent particulièrement dans la maternité de l'hôpital. Des conditions difficiles pour les patientes mais aussi pour le personnel soignant. L'association Médecins du monde Belgique a décidé d'apporter son soutien pour améliorer la prise en charge.

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Tunisie : une maternité qui manque de tout

À 350 kilomètres de Tunis, le gouvernorat de Gafsa. C'est l'une des régions les plus pauvres de la Tunisie. Une pauvreté qui franchit tous les jours les portes de la maternité. Chaque année, plus de 4.000 accouchements y sont pratiqués dans des conditions sanitaires déplorables.

Le service est surchargé, et les femmes sont parfois amenées à partager le même lit. Du côté des sanitaires, les lieux sont insalubres. En salle de travail, les règles d'asepsie ne sont pas non plus respectées. En guise de champ opératoire, une couverture en laine. Quant au matériel d'accouchement, il est nettoyé à l'ancienne.

Le service de maternité compte en moyenne onze accouchements par jour, un taux parmi les plus élevés du pays. Faute de lits, les femmes sont obligées de dormir avec leur bébé. Le matériel n'est pas tout ce qui manque. La maternité compte normalement trois gynécologues-obstétriciens, mais un seul est en service. Ce fonctionnement est le même tous les jours. Pas assez de puéricultrices, de personnel bien formé, de femmes de ménage et bien sûr pas d'argent pour renouveler le matériel de l'hôpital.

C'est dans ce contexte que l'association Médecins du monde Belgique a décidé d'intervenir pour améliorer les conditions de travail. Et la population est au bord de la crise de nerfs. Après la Révolution du jasmin, la parole s'est libérée et les Tunisiens ont fait savoir qu'ils attendaient beaucoup des autorités sanitaires publiques. Pas question pour eux d'accepter des services de santé de seconde zone mais le chantier risque de prendre beaucoup de temps.

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