Cancer du sein : octobre sous le signe du dépistage

Les autorités sanitaires ont donné, vendredi 27 septembre, le coup d'envoi à "Octobre rose 2013", une nouvelle campagne de mobilisation en faveur du dépistage organisé du cancer du sein, alors qu'une femme sur trois, âgée de 50 à 74 ans, ne se fait pas dépister régulièrement.

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Cancer du sein : octobre sous le signe du dépistage
Cancer du sein : octobre sous le signe du dépistage

Neuf ans après la mise en place d'un programme de dépistage organisé, l'Institut National du cancer (INCa), partie prenante dans cette opération avec le ministère de la Santé, rappelle qu'une femme sur huit sera concernée au cours de sa vie par ce cancer qui "détecté à un stade précoce, peut être guéri dans plus de 90% des cas".

Le cancer du sein est le premier cancer chez la femme, avec 48.800 nouveaux cas en 2012 et la première cause de décès par cancer, avec 11.886 décès l'an dernier.

Vous avez entre 50 et 74 ans : faites-vous dépister !

Généralisé à tout le territoire français en 2004, le dépistage organisé invite toutes les femmes de 50 à 74 ans à se rendre tous les deux ans chez un radiologue agréé pour une mammographie (avec lecture du résultat par deux radiologues différents) prise en charge à 100% par l'Assurance maladie.

Mais la participation à ce programme stagne depuis 2008, avec un taux dépassant à peine les 50% alors que l'objectif européen est fixé à 70%. Selon l'INCa, 53% des femmes âgées de 50 à 74 ans ont participé à ce programme l'an dernier, auxquelles viennent s'ajouter environ 10% à 20% des femmes de la même classe d'âge qui se font dépister individuellement.

"Une femme sur trois ne se fait donc pas dépister ou pas régulièrement", souligne l'INCa alors "qu'une mammographie permet de détecter, avant tout symptôme 90% des cancers du sein déjà présents". L'institut ajoute que 16.000 cancers du sein ont été détectés en 2010 grâce au programme de dépistage organisé.

La nouvelle campagne d'information intervient alors qu'une polémique subsiste autour de l'intérêt du dépistage et plus spécialement du risque de surdiagnostic et de sur-traitement de petites tumeurs qui n'auraient jamais été dangereuses.

La controverse "scientifiquement réglée"

L'impact du dépistage sur la mortalité avait fait débat en 2012, mais selon le Dr Jérôme Viguier, directeur du Pôle Santé Publique et Soins de l'INCa, "cette controverse est scientifiquement réglée".

Selon les dernières études, le programme de dépistage organisé aurait permis de réduire la mortalité par cancer du sein de 15 à 21%, et d'éviter 150 à 300 décès pour 100.000 femmes participant de manière régulière au dépistage pendant 10 ans.

Le risque de surdiagnostic est estimé à moins de 20% dans les dernières études tandis qu'un peu moins de 17% des cancers diagnostiqués chez les femmes participant au programme interviennent entre deux dépistages organisés.

L'INCa reconnait également un risque de décès par cancer du sein radio-induit (provoqué par la radiothérapie) qui pourrait toucher entre 1 et 20 femmes pour 100.000 femmes participant au dépistage pendant dix ans.

Bien que 20% des cancers du sein soient diagnostiqués avant l'âge de 50 ans et que 8% des décès liés à cette pathologie surviennent également avant cet âge, les autorités sanitaires n'ont pas souhaité modifier les bornes d'âge du dépistage organisé, en raison notamment des risques liés à la mise en place d'une irradiation précoce, précise le Dr Viguier.

La nouvelle campagne sera axée comme les années précédentes sur une campagne radio, des outils d'information destinés aux femmes et aux professionnels de santé ainsi que des actions organisées en région et une mobilisation de toutes les associations de lutte contre le cancer.

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