Chéloïdes : une chirurgie pour traiter ces cicatrices douloureuses

Chez certains patients, le processus de cicatrisation ne se fait pas normalement. Ces cicatrices dites chéloïdes sont inesthétiques mais surtout douloureuses et entraînent parfois d'intenses démangeaisons. Il faut donc les opérer. Reportage

Céline Morel
Rédigé le , mis à jour le
Cicatrices : une chirurgie pour traiter les complications
Cicatrices : une chirurgie pour traiter les complications  —  Le Magazine de la Santé


En 2002, cette patiente a bénéficié d’une intervention au niveau de l’utérus. Mais ce qui devait rester une cicatrice discrète s’est transformé au fil du temps en une imposante boursouflure, une cicatrice chéloïde.   

Une masse inesthétique

"La cicatrice chéloïde est une cicatrice qui au lieu de s’aplanir, continue de grossir, et d’un petit point, c’est devenu une masse qui continue à gonfler. Si on la laisse aller, elle va devenir le double, le triple et surtout va récidiver", explique le Pr Maurice Mimoun, chirurgien plasticien à l'hôpital Saint-Louis, Paris.

Cette patiente est habituée aux récidives, c’est la troisième fois qu’elle se fait opérer pour traiter cette cicatrice. Alors aujourd’hui, le chirurgien va utiliser une nouvelle technique. 

"Ca c’est l’épiderme marron et en dessous vous avez le derme, la chéloïde est un emballement non pas de l’épiderme mais du derme. Les causes des chéloïdes sont mystérieuses. On sait qu’il y a des facteurs prédisposant, la génétique, les peaux foncées, le caractère inflammatoire et la tension sur la cicatrice", précise le Pr Maurice Mimoun. 

En seulement quelques minutes, la boursouflure est détachée. 

Du derme artificiel placé sur la plaie

Pour éviter une nouvelle récidive, le chirurgien va placer sur la plaie, une peau synthétique.
Ce derme artificiel est découpé sur mesure pour épouser la forme de la plaie. Le chirurgien doit maintenant le suturer. C'est une étape particulièrement délicate pour assurer une cicatrisation optimale.

"On fait très attention même quand on suture car si on pique sur la peau sur le point du fil, il va se produire une chéloïde. Je vais faire les points dedans pour ne rien aggraver", commente le Pr Maurice Mimoun.  

Ce derme artificiel va jouer un rôle fondamental, il va en quelque sorte guider le processus de cicatrisation. 

"Le derme artificiel est du collagène et la chéloïde est une maladie du collagène. Les fibroblastes qui fabriquent le collagène en fabriquent trop. On espère en mettant une plaque de collagène organisée que ça va donner l’exemple aux fibroblastes pour qu’ils ne fabriquent pas un collagène désorganisé", explique le Pr Maurice Mimoun.  

Mise en place d'un pansement sur la greffe

Les fils de suture ne sont pas coupés car ils seront indispensables à la dernière étape de l’intervention.

"Pour que la greffe prenne bien, il faut qu’elle colle à la graisse, on va coudre un pansement sur le dessus qui va comprimer", précise le Pr Maurice Mimoun.  

Grâce aux fils laissés en place, le pansement, appelé bourdonnet, est suturé au-dessus du derme artificiel. Ce pansement sera retiré dans moins d’une semaine.

Il faut ensuite attendre que l’épiderme progresse pour recouvrir la peau artificielle, il faudra environ deux mois.

Le résultat de cette chirurgie n’est pas garanti pour autant. La patiente qui rentrera chez elle dès le lendemain, sera surveillée pendant encore de nombreux mois pour déceler toute récidive.  

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