Un programme sur-mesure pour traiter les patients hypertendus

L’hôpital de Dinard propose depuis 2002 une prise en charge spécifique pour les patients dont l’hypertension artérielle a entrainé des complications cardiovasculaires. 3 semaines de stage intensif leur permettent de bénéficier d’ateliers thérapeutiques. 

Céline Morel
Rédigé le , mis à jour le

Tous les matins depuis deux semaines, c’est le même rituel. Isabelle, Dominique et Alain apprennent à prendre leur tension de manière autonome et mettent leur brassard à tension.   

"Regardez votre tuyau, il est dans l'autre sens... Le brassard doit être sur le bras, là il est sur le coude… Si vous gardez votre pull, la tension va être fausse... On rappelle les quelques règles de base, c’est vraiment sur un bras nu, il faut vraiment que le bras soit relâché, au même niveau que le cœur", explique Sophie Nicolas, infirmière à l'hôpital Arthur Gardiner à Dinard.

Comment utiliser un tensiomètre ?

Pour être juste, la mesure doit aussi se faire au calme. C’est 5 minutes de repos et après prise de tension sans radio, sans tv, sans parler. C'est une règle qu’Isabelle a encore du mal à respecter.  

"Ma difficulté, ce sont les 5 minutes pour se relaxer, je suis super anxieuse et tendue donc j’ai du mal à le faire", confie Isabelle Lucas 

"C’est important pour les personnes hypertendues de savoir prendre leur tension et de le faire régulièrement chez eux afin d’adapter au fur et à mesure au cours des mois de leur traitement en fonction de leur tension artérielle", explique Sophie Nicolas.  

Chez ces patients, l’hypertension a entrainé de graves complications cardio-vasculaires.  

De l'activité physique pour réduire la pression

Pour éviter une récidive, il faut agir sur tous les facteurs de risque, à commencer par l’activité physique. Victime d’un infarctus en avril dernier, Isabelle avait cessé toute pratique sportive.  

"J’étais devenue sédentaire, je me sentais condamnée et je me disais qu'au moindre effort, ça pouvait recommencer donc je privilégiais la couette. Ici j’ai réappris à avoir du plaisir en faisant une activité physique quelle qu’elle soit", explique Isabelle Lucas.  

Au programme aujourd’hui 30 minutes de vélo, chacun à son rythme.  

"On est sur des activités physiques et sportives endurantes, les artères sont obligées de s’adapter à l’effort donc de se dilater, à la fin de l’effort de se recontracter pour maintenir une pression artérielle et tout ce travail pendant l’activité physique va faire que leur pression artérielle va être un peu plus basse dans la vie quotidienne", explique Sébastien Bourdet, enseignant en activité physique adaptée à l'hôpital Arthur Gardiner à Dinard. 

"C’est vraiment ce qu’on vous conseille, 3 séances par semaine de 45 minutes avec 10 minutes d’échauffement et 5 minutes de récup", précise Sébastien Bourdet.  

Bien s'alimenter en cas d'hypertension

Après l’effort, c'est le réconfort, mais il n'est pas question de se laisser aller, le moment du repas est l’occasion de traquer les aliments riches en sel.

"Le pain, salé, 3 grammes pour une baguette. Ce potage de légumes, près de 7 grammes de sel dans un litre de potage. Il faut donc faire ses soupes à la maison en évitant d’ajouter les bouillons cubes très salés. On va privilégier des épices et des herbes aromatiques pour rehausser la saveur de ces plats", explique le diététicien.

Une hygiène à conserver à la maison

"Ce sont d’autres habitudes qu'on prend, ça devient vite un automatisme, c’est vrai que maintenant j’ai supprimé la salière sur la table, quand elle y était, je ne goûtais même pas, j’en rajoutais systématiquement", explique Isabelle Lucas.  

 C'est une nouvelle hygiène de vie qui pourrait tout changer.  

"Les bénéfices d’un tel stage de réadaptation cardiaque, c’est 30% de moins de mortalité et de récidive d’hospitalisation donc c’est énorme", explique le Dr Thierry Denolle, cardiologue à l'hôpital Arthur Gardiner.  

Les patients ont encore quelques jours de stage encadré puis ils devront poursuivre seuls leurs efforts à la maison.  

Pour ne manquer aucune info santé, abonnez-vous à notre newsletter !