Tumeur au cerveau : de nouveaux progestatifs sous haute surveillance

Après l'Androcur, le Lutényl et le Lutéran, l'Agence du médicament surveille d'autres progestatifs soupçonnés d'augmenter le risque de méningiome, des tumeurs au cerveau à l'origine de troubles neurologiques.

Anne-Firmine Mayala avec AFP
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Le traitement doit être prescrit à la dose minimale efficace avec la durée d'utilisation la plus courte possible.
Le traitement doit être prescrit à la dose minimale efficace avec la durée d'utilisation la plus courte possible.  —  Shutterstock

"Un effet « classe »", c'est-à-dire commun à toute une catégorie de médicaments, "des progestatifs sur le risque de méningiomes ne peut être exclu". C'est ce que rappelle dans un communiqué publié le jeudi 2 mars l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) qui publie de premières recommandations pour limiter cette menace.

Graves troubles neurologiques

L'alerte concerne les progestatifs, des médicaments utilisés dans diverses pathologies gynécologiques comme l’endométriose, les fibromes, les règles longues et/ou abondantes ou encore les troubles du cycle, dans le traitement hormonal substitutif (y compris ménopause) mais aussi en obstétrique dans les cas d’infertilité ou d'avortements à répétition.

Les méningiomes, une forme de tumeur au cerveau, sont qualifiés de "bénins" car ils évoluent rarement en métastases mortelles. Ils peuvent néanmoins susciter de graves troubles neurologiques et comme ils compriment certaines zones du cerveau, ils nécessitent le plus souvent une chirurgie à risque pour les patientes.

Duphaston, Colprone, Utrogestan...

Depuis les années 2010, plusieurs études épidémiologiques ont déjà prouvé un risque de méningiome qui augmente avec la dose reçue, pour trois progestatifs : le Lutenyl, le Lutéran et l'Androcur.

Mais la question se pose encore pour les autres progestatifs, conduisant l'ANSM à réunir en janvier un comité d'experts pour formuler des recommandations afin d'encadrer le risque de méningiome pour ces traitements, dans l'attente de résultats de nouvelles études épidémiologiques.

Il s'agit des progestatifs médrogestone (Colprone), progestérone à 100 mg et 200 mg (Utrogestan et génériques), dydrogestérone (Duphaston) et dienogest (génériques de Visanne).

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Dose minimale, réévalution et IRM cérébrale

En cas d'antécédent de méningiome ou de méningiome existant, l’agence du médicament contre-indique l'introduction de l'un de ces traitements progestatifs, sauf en cas d’exceptions à évaluer par des médecins, recommande ainsi l'agence du médicament.

Le traitement doit être prescrit à la dose minimale efficace avec la durée d'utilisation la plus courte possible, indique l'agence.

L'intérêt à poursuivre le traitement doit par ailleurs être réévalué chaque année, notamment aux alentours de la ménopause, le risque de méningiome augmentant fortement avec l'âge.

Une IRM cérébrale devra être réalisée en cas de signes cliniques neurologiques évocateurs d’un méningiome (maux de tête, troubles de la vision, du langage, de la mémoire et de l'audition, nausées, vertiges, convulsions, perte de l’odorat, faiblesse ou paralysie).

Androcur : mieux informer les patients des risques  —  Le Mag de la Santé - France 5

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