1. / Se soigner
  2. / Violences
  3. / Violence conjugale

Viol conjugal : « la culpabilité est au premier plan»

Le docteur Patrick Chariot est venu nous présenter l'ouvrage collectif qu'il a dirigé : « Le viol conjugal », publié par CNRS éditions et qui lève le voile sur cette forme de violence dramatique et invisible.

Rédigé le

Viol conjugal : « la culpabilité est au premier plan»

«On a tendance à considérer que le viol commis par un conjoint, c'est pas vraiment un viol, » explique Patrick Chariot, praticien hospitalier et chef du service de médecine légale et de médecine sociale à Bondy en Seine Saint Denis. «Et puis, on a aussi tendance à considérer que c'est pas vraiment des violences conjugales parce que ça laisse pas de trace, y'a pas de bleu [...] C'est quelque chose qui a une grande capacité d'invisibilité.»

Patrick Chariot décrypte cette spécificité dans  « Le viol conjugal », un ouvrage collectif consacré à ce type de violence particulièrement invisible. Il y explique à quel point cela rend même difficile le décompte des viols conjugaux. Seules des estimations sont accessibles.. Un viol sur deux serait aujourd'hui commis par le conjoint ou l'ex conjoint, soit au moins 50 000 par an. Mais étant donné la rareté des plaintes, ces cas pourraient monter jusqu'à 100 000, peut-être plus.

Viol conjugal : entre tabou et culpabilité
En plus d'être une violence invisible, le viol conjugal s'accompagne d'une honte et d'une culpabilité énorme. «La culpabilité et la honte, c'est vraiment des caractéristiques majeures chez la plupart des victimes de violences sexuelles, poursuit Patrick Chariot. Mais quand la victime a accepté de faire sa vie avec l'auteur, il y a un sentiment d'échec qui est souvent au premier plan, un sentiment de honte vis-à-vis des proches, vis-à-vis d'éventuels professionnels de santé, sans parler de professionels de la police ou de la justice. Donc, la culpabilité est au premier plan, ce qui explique qu'on est tant de mal à en parler.»

Le service de médecine légale et de médecine sociale à Bondy en Seine Saint Denis a un accueil téléphonique ouvert H24 et 7/7 : 0148026506.        
Le 3919 fonctionne désormais 24h/24 et 7j/7 et Patrick Chariot organise le 27 avril prochain une journée sur le viol conjugal à la fac de médecine de Bobigny. Elle est ouverte à tous et pour s’y inscrire: patrick.chariot@aphp.fr

« Le viol conjugal », sous la direction de Patrick Chariot, CNRS éditions.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr