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#Iwas Corsica : les violences sexuelles révélées au grand jour en Corse

Sur Twitter, le mouvement I was Corsica libère la parole des victimes de violences sexuelles en Corse. Deux manifestations ont déjà eu lieu pour revendiquer notamment une meilleure formation de la police et des infirmières scolaires.

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#Iwas Corsica : les violences sexuelles révélées au grand jour en Corse

"I was". Le 5 juillet à Ajaccio, à l'appel du mouvement #IwasCorsica né sur Twitter, 600 manifestantes et manifestants arboraient un tee-shirt blanc portant cette inscription. Et sur les pancartes s’affichaient les messages "Prenez nos plaintes", "Non, c'est non", ou "Violeur, à toi d'avoir peur". Quelques jours plus tôt, le 21 juin, c’était dans la ville de Bastia que 350 personnes avaient défilé pour dénoncer les agressions et les violences sexuelles.

Calqué sur le mouvement #Iwas né le 1er juin aux États-Unis, le #Iwas Corsica secoue l’Ile de beauté depuis un mois. Le principe de cette tendance, qui s’inscrit dans la lignée de la vague #MeToo et #BalanceTonPorc : libérer la parole des victimes de violences sexuelles en les invitant à témoigner. Plus de 53.000 tweets ont été publiés à ce jour à travers le monde avec le "hashtag" #Iwas et commencent tous de la même façon : "I was" suivi d’un nombre, c’est-à-dire "j’avais"  x ans lorsque les faits de violence se sont produits.

 

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Formations, accompagnement, brevet de la non-violence...

Pour la Corse seule, le compte @Iwascorsica a recensé des centaines de témoignages publiés sur Twitter. Mais pour le collectif #IwasCorsica, en passe d'être créé, l’objectif n’est pas de se cantonner aux réseaux sociaux.

C’est pourquoi Anaïs Mattei, l'une des organisatrices des deux manifestations de Bastia et d’Ajaccio, ainsi que deux représentantes d'associations de défense des femmes ont remis leurs revendications au préfet de Corse après la manifestation du 5 juillet.
Elles demandent notamment une formation de la police "pour traiter correctement les plaintes", une présence renforcée de psychologues et infirmières scolaires formées aux violences sexuelles dans tous les lycées et collèges de l’île, et la création d'un "brevet de la non-violence" en classe de troisième.

Une quinzaine de plaintes individuelles

En parallèle, Anaïs Mattei a précisé à l’AFP avoir réuni "15 témoignages de personnes prêtes à porter plainte". "Ce seront des plaintes individuelles, mais nous allons aller ensemble, lundi ou mardi, au commissariat de Bastia pour déposer ces plaintes", a-t-elle annoncé.

Une enquête a été ouverte début juin suite à la diffusion d'une liste de noms d'agresseurs potentiels et a donné lieu à "48 plaintes pour diffamation en Haute-Corse", a indiqué à l'AFP la procureure de Bastia Caroline Tharot. Une autre plainte pour diffamation a été enregistrée en Corse-du-Sud, selon une source proche de l'enquête.

"Plus jamais silencieuse"

Samedi, une opération de collage de messages en langue corse et en français a été menée dans les rues de Paris, en soutien aux victimes de violences sexuelles de l'île, opération médiatisée par plusieurs photos sur les réseaux sociaux.

On pouvait notamment lire "mai piu zitte" ("plus jamais silencieuse" en corse), "un si micca sola" ("vous n'êtes pas seules") ou encore, en français, "Corse : île des justes, pas des violeurs".

En écho au #Iwascorsica, le Centre d'information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF) de Haute Corse a rappelé sur Twitter quelques conseils à appliquer en cas de viol ou d’agression.

Victime ou témoin de violences sexistes ou sexuelles, composez le 3919 et rendez-vous sur Stop-violences-femmes.gouv.fr

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