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Recherche : un microscope géant pour une plongée dans l'infiniment petit

L'Institut Pasteur, qui fête ses 130 ans cette année, s'est équipé de l'un des microscopes les plus puissants au monde.

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Recherche : un microscope géant pour une plongée dans l'infiniment petit

Pour ses 130 ans, l'Institut Louis Pasteur s'est offert un cadeau à la pointe de la technologie : un des microscopes les plus puissants au monde ! En partie financé par une campagne participative, il permet désormais aux chercheurs d'observer des échantillons à l'échelle de l'atome.

Inauguré le 12 juillet dernier, ce microscope hors norme ressemble étrangement à une immense armoire et les échantillons étudiés ont la particularité d'être cryogénisés.

La course à l'infiniment petit

En 1853, le scientifique français Louis Pasteur fait l'acquisition de son premier microscope, un système optique à lentille. La résolution des images obtenues est très limitée. Dans les années 1930, des ingénieurs allemands mettent au point les premiers microscopes électroniques aux résultats plus précis. C'est le début d'une course à l'infiniment petit.

Un siècle plus tard, l'Institut Pasteur vient de se doter du plus puissant microscope au monde. Du haut de ses quatre mètres, il permet d'atteindre une résolution de quelques dixièmes de nanomètres, l'échelle d'un atome. Plusieurs années ont été nécessaires pour construire un bâtiment adapté aux nombreuses contraintes de ce microscope hors norme.

Seuls quelques privilégiés peuvent accéder au bâtiment et descendre au sous-sol, là où siège désormais l'imposant microscope. Vingt degrés et 30% d'humidité, les paramètres de la pièce doivent être précis pour éviter la condensation des échantillons à analyser qui ont la particularité d'être congelés.

Des intérêts multiples

La cryogénisation permet de préserver et d'analyser les molécules, même les plus fragiles dans leur environnement, sans les dénaturer. Une fois installé au sein du microscope, l'échantillon est traversé par un faisceau d'électrons. Le passage des électrons dans l'échantillon génère une déviation de leur trajectoire. En enregistrant et en analysant ces variations, il est possible d'obtenir une représentation de la structure de l'échantillon en trois dimensions, et avec une précision inégalée.

"L'intérêt d'avoir des structures très précises des microbes ou des cellules est multiple. Tout d'abord, cela nous permet de comprendre le fonctionnement des cellules, d'un neurone par exemple, en condition normale ou en condition pathologique. Deuxième intérêt, quand on a la composition de l'enveloppe d'un virus, on peut concevoir des molécules antivirales", explique le Pr Olivier Schwartz, directeur scientifique de l'Institut Pasteur.

Le microscope sera dédié à l'étude des virus, des maladies comme le cancer, le VIH ou encore Alzheimer. L'objectif est de percer les mystères de l'infiniment petit pour trouver les grands traitements de demain.

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