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Un robot pharmacien à l'hôpital

Selon l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), les médicaments sont la troisième cause d'événements indésirables graves en milieu hospitalier (60.000 à 130.000 chaque année). Certaines de ces erreurs sont dues au produit : erreur d'étiquetage ou de conditionnement notamment. Mais d'autres sont liées aux pratiques : erreur de prescription ou de distribution du médicament. Le CHU de Liège (Belgique) a totalement réorganisé le parcours de distribution du médicament à l'hôpital. Les pharmaciens peuvent désormais s'appuyer sur deux robots qui les assistent dans leur travail.

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Un robot pharmacien à l'hôpital

Dans le service de pneumologie du CHU de Liège, les patients doivent souvent prendre plus de dix médicaments chaque jour. Et malgré l'attention des équipes soignantes, une erreur est toujours possible. Problème d'étiquetage, de prescription ou d'administration du traitement… des études estiment qu'il y aurait près de 5% d'erreurs médicamenteuses dans les hôpitaux. Alors pour essayer de faire diminuer ce chiffre, le CHU de Liège a décidé de robotiser une partie de sa pharmacie. Tout se passe au sous-sol de l'hôpital, dans la pharmacie centrale.

"Le traitement validé arrive dans le programme de gestion de la pharmacie. Un pharmacien vérifie chaque prescription pour chaque patient. Et dès que la prescription est vérifiée, on l'envoie pour traitement dans le robot", explique Myrèse Radoux, pharmacienne en chef au CHU de Liège. Une fois la prescription envoyée, le robot s'occupe de tout. Il pioche parmi les 500 médicaments stockés ceux qui sont destinés au patient. Les médicaments conditionnés dans une pochette spéciale sont ensuite vérifiés un par un. Puis ils sont scellés dans un anneau pour former une sorte de bracelet. "Les médicaments sont rangés par moment d'administration avec des séparateurs colorés qui permettent facilement à l'infirmière de reconnaître les médicaments au moment où elle doit les administrer. Chaque sachet est identifié avec le nom déposé du médicament, sa dénomination commune internationale, la date de péremption et un code qui permet de tracer le sachet pendant toute la durée de sa vie jusqu'à ce qu'il arrive au patient", précise Myrèse Radoux.

Plus de 80% des différents médicaments prescrits à l'hôpital sont stockés dans le robot. Pour le moment, il ne peut pas prendre en charge les médicaments réfrigérés ou ceux qui sont trop gros. Car chaque tablette est découpée et conditionnée en doses individuelles dans des petits sachets. Aujourd'hui, le robot pharmacie de Liège distribue entre 5.000 et 8.000 doses chaque jour.

Dans le service, aucun poste n'a été supprimé. Les pharmaciens et les assistants ont simplement dû se former à ce nouvel outil. Si au sous-sol beaucoup de choses ont changé, dans les services, la distribution est toujours l'affaire des infirmiers. Mais eux aussi ont dû s'adapter. Avant de donner son traitement au patient, les infirmiers vérifient une dernière fois que le bracelet correspond bien à la prescription du médecin.

Le patient ne peut pas tricher et le personnel de l'hôpital non plus. Pour ajouter en cours de journée un médicament à la prescription, la demande doit être validée par le médecin. Même s'il s'agit d'un médicament en vente libre comme le paracétamol. Ensuite, les infirmiers peuvent venir chercher ce dont ils ont besoin dans des armoires ultra-sécurisées installées dans chaque service.

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