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Les progrès de la greffe de peau

Il y a chaque année en France 400.000 brûlés. Près de 10.000 sont hospitalisés dont environ 4.000 dans des centres de grands brûlés, où ils sont pris en charge et greffés. La greffe de peau est d'ailleurs un domaine dans lequel la médecine a fait beaucoup de progrès ces dernières années. Alors en quoi consistent les greffes de peau ? Quel résultat obtient-on avec une greffe de peau ? Quels sont les progrès de la greffe de peau ?

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Les progrès de la greffe de peau
Les progrès de la greffe de peau
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La greffe de peau au service des grands brûlés

Benoît Thevenet et Michel Cymes expliquent la greffe de peau.

La peau est notre premier rempart contre les agressions extérieures et les infections. Elle participe aussi à la régulation de notre température interne. La peau est formée de plusieurs couches : la plus superficielle est l'épiderme, elle est rattachée à la partie la plus épaisse que l'on appelle le derme, puis il y a l'hypoderme qui est la partie graisseuse de la peau. Les cellules de la peau se régénèrent continuellement en deux à quatre semaines selon les individus. Une régénération qui peut être compromise selon la gravité de la brûlure.

On classe les brûlures selon trois stades, en fonction de la profondeur de la brûlure. Entre le premier et le deuxième degré léger, la peau cicatrise toute seule. Entre le deuxième degré et le troisième, il faut remplacer la peau par une intervention chirurgicale.

Lorsqu'un grand brûlé arrive dans un service hospitalier, il ne faut pas perdre une minute. Il faut soigner les premiers traumatismes, parfois vitaux. Une fois que le patient est stabilisé, il faut passer immédiatement à la greffe de peau. Le but est de limiter des infections massives qui peuvent être fatales. On estime que la greffe de peau doit intervenir au maximum trois à quatre jours après l'arrivée du patient dans le service.

La greffe de peau est une opération chirurgicale impressionnante mais assez simple. Il s'agit de prélever de la peau sur une partie préservée du corps du brûlé et de la lui greffer sur la plaie. On appelle cette technique l'autogreffe. Concrètement, le chirurgien prélève un lambeau de peau, de préférence sur le cuir chevelu car la peau cicatrisera plus vite à cet endroit. Le lambeau de peau est ensuite glissé dans un appareil, le "tambour" qui va la percer en filet. La peau peut alors s'étirer comme une "résille" et recouvrir de plus grandes plaies. La présence des petits trous favorisera même la cicatrisation qui durera cinq ou six jours. Une fois que tous les lambeaux recouvrent la plaie, on les agrafe les uns aux autres.

Cette technique présente des limites notamment chez les très grands brûlés, dont plus de 70% de la peau a été détruite. Il faut en effet répéter les autogreffes sur plusieurs semaines pour recouvrir toute la surface brûlée.

Greffe de peau : la culture de peau in vitro

Les différentes étapes de la mise en culture

Pour limiter le nombre des interventions chirurgicales, on combine l'autogreffe traditionnelle avec la culture de peau in vitro. Le principe est de prélever un petit bout de peau sur le patient, de le mettre en culture en laboratoire et de le greffer sur ce même patient.

La culture des feuillets épidermiques nécessite un milieu stérile, où le nombre de particules de poussière est constamment sous contrôle.

Quand un grand brûlé arrive dans le service, le chirurgien prélève un bout d'épiderme sur une partie saine du corps. La peau est rapidement envoyée au laboratoire pour la mise en culture. Le début du processus consiste à isoler les cellules qui vont permettre de reproduire la peau. Pour cela, on découpe l'échantillon de peau et on y ajoute une enzyme pour obtenir le même effet que la digestion.

Se produit alors une séparation des cellules de l'épiderme. Cette séparation des cellules se produit dans un tube à essai placé dans un bain-marie à 37°C. Les cellules se regroupent progressivement dans le fond du tube. La solution est alors filtrée une première fois. L'opération est répétée cinq fois jusqu'à obtenir une solution avec un maximum de cellules et plus aucun résidu de peau.

Après un passage dans une centrifugeuse, les cellules se séparent de la solution et se concentrent au fond du tube. Il faut alors les remettre en suspension une dernière fois pour pouvoir les compter au microscope.

Ce sont les petites cellules avec la forme la plus régulière qui vont proliférer. Elles vont germer une douzaine de jours dans des boîtes où un bain nourricier favorise la reconstruction de l'épiderme. L'opération est renouvelée en divisant à chaque fois la solution de façon à obtenir un maximum de feuillets épidermiques. Reste alors à vérifier l'homogénéité de l'épiderme dans chacune des boîtes. Le feuillet épidermique peut ensuite être prélevé. Une étape particulièrement délicate. Une bande de gaze est posée contre le feuillet. Cette gaze va servir de support au feuillet épidermique qui a tendance à se rétracter. Et pour que le feuillet soit manipulable au bloc opératoire, il est transféré sur la gaze vaselinée et décollé avec minutie.

Le nouvel épiderme est alors prêt à être greffé sur le patient moins de 15 jours après le prélèvement d'un petit bout de sa peau. Le feuillet épidermique arrivera au bloc opératoire dans un conditionnement hermétique.

Greffe de peau : la reconstruction de la peau

Attention images de chirurgie ! Le déroulement d'une greffe de peau

Quand la brûlure profonde détruit le derme, il faut alors aussi le remplacer. Le derme n'est pas prélevé sur le patient, il s'agit d'un derme artificiel composé de silicone et de tissus d'origine animale.

Les zones les plus délicates à recouvrir sont le visage, les mains et le cou, pour des raisons esthétiques notamment. Même si ces techniques sont éprouvées et même si les chirurgiens ont fait d'énormes progrès dans la reconstruction pour que les cicatrices soient les plus esthétiques possibles, une longue rééducation est nécessaire pour retrouver une certaine souplesse de la peau. Un accompagnement psycho-social est même conseillé pour les très grands brûlés.

Concernant la prévention, il faut savoir que la plus grande partie des brûlures interviennent à la maison. Les accidents domestiques (barbecue, liquides brûlants, fers à repasser…) représentent plus de la moitié des brûlures qui nécessitent une hospitalisation. Et les enfants sont les plus touchés par ces accidents domestiques.

Certains gestes simples permettent de prévenir ces accidents domestiques. Il faut notamment :

  • ne pas utiliser d'alcool à brûler pour allumer des feux de broussailles ou son barbecue,
  • vérifier la température de l'eau pour les bains des enfants ou des personnes âgées,
  • ne jamais arroser d'eau un ustensile ou un appareil qui brûle (ce qui augmente les flammes),
  • orienter systématiquement le manche des casseroles vers l'intérieur de la cuisinière.

Ces conseils tout simples peuvent éviter de graves problèmes.

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