1. / Maladies
  2. / Maladies infectieuses et tropicales
  3. / Méningite

La méningite : à traiter en urgence

Un enfant qui a la nuque raide et qui ne supporte plus lumière et c'est la panique. Et pour cause, la méningite qui touche dans 25 % des cas les enfants, doit être traitée immédiatement. Sur environ 500 cas en France chaque année, 30 en moyenne en décèdent.

Rédigé le , mis à jour le

La méningite : à traiter en urgence
La méningite : à traiter en urgence
Sommaire

Méningite : les méninges enflammées

Benoît Thevenet et Michel Cymes expliquent la méningite.

La méningite ou plutôt les méningites car il en existe différentes formes plus ou moins graves, est une maladie qui fait peur.

Dans 80 % des cas, la méningite est d'origine virale et sans danger. En revanche, les méningites bactériennes qui représentent 20 % des cas peuvent être mortelles. Les symptômes de cette infection ne sont pas toujours simples à identifier car ils sont multiples : maux de tête, raideur de la nuque, vomissements, fièvre…

La méningite est une inflammation des méninges, les enveloppes entourant le cerveau et la moelle. La membrane la plus superficielle correspond à la dure-mère, il y a ensuite l'arachnoïde et la pie-mère. Entre ces deux dernières couches, circule un liquide : le liquide céphalo-rachidien. Il contribue à absorber les coups, à équilibrer les pressions et à transporter les hormones tout en récupérant les déchets. Il s'agit donc d'un milieu idéal pour que des microbes puissent se développer.

Ces microbes peuvent être des virus ou des bactéries, c'est pour cette raison qu'il n'y a pas une mais des méningites. La forme la plus grave est la méningite à méningocoques. Ce sont des bactéries qui peuvent être présentes naturellement dans nos voies respiratoires. Habituellement, elles sont accrochées aux cellules endothéliales de la gorge et se multiplient en formant des colonies. Mais il arrive qu'elles se détachent pour rejoindre la circulation sanguine. Elles atteignent alors le cerveau par les petits vaisseaux provoquant ainsi une inflammation des méninges.

Les bactéries se multiplient très vite et risquent de provoquer une septicémie, autrement dit un empoisonnement du sang qui peut être fatal. Il existe des vaccins, mais aucun ne protège contre tous les types de méningites.

Le diagnostic de la méningite

Comment diagnostique-t-on une méningite ?

En 2012, près de 1.500 cas de méningite ont été pris en charge aux Urgences. Pour les médecins, une suspicion de méningite est une urgence. Mais pour faire le diagnostic, il faut impérativement réaliser un examen spécifique à l'hôpital : une ponction lombaire.

Une quarantaine de gouttes de liquide céphalo-rachidien est prélevée. Ce liquide est directement transmis au laboratoire. Les analyses doivent être rapides car il s'agit d'une urgence vitale. Lorsqu'il y a une méningite, bien souvent le liquide céphalo-rachidien est altéré et devient trouble. Ensuite une analyse de paramètres biochimiques est réalisée pour rechercher des témoins d'une inflammation. L'analyse micro-biologique, elle, passe par un examen microscopique. Cette analyse va permettre notamment de mettre en évidence des polynucléaires.

La présence de ces cellules appelées polynucléaires, est le signe d'une inflammation. Mais parfois l'examen biologique n'est pas évident. Si les bactéries ne sont pas visibles, il peut s'agir soit d'une méningite bactérienne où les bactéries ne sont pas visibles car elles sont en quantité insuffisante ou alors il peut s'agir d'une méningite d'origine virale.

La méningite virale est sans danger. Mais dans le cas d'une méningite bactérienne il est important de bien déterminer le type de bactéries. Cela permet de prescrire une antibiothérapie mieux ciblée, et donc plus efficace.

Deux types de méningite : l'une bénigne, l'autre mortelle

Frédéric a été touché par une méningite de type purpura fulminans quand il était bébé.

La méningite est une infection des méninges par des microbes. L'inflammation peut être ou non purulente. Si elle attaque les tissus du cerveau, c'est une encéphalite, une inflammation du cerveau qui peut être très grave.

La méningite liée à un virus représente 80 % des cas. Bénigne, le rétablissement se fait le plus souvent spontanément.

La méningite liée à des bactéries est plus rare. Beaucoup plus grave, elle doit être prise en charge en urgence.

L'une des formes les plus graves de méningite est ce qu'on appelle la méningite à méningocoques avec purpura fulminans. Il s'agit en fait d'une septicémie foudroyante qui touche surtout les nourrissons et les jeunes enfants. La méningite à méningocoques avec purpura fulminans se traduit par des taches rouges-violacées à différents endroits du corps. Le purpura fulminans est mortel dans 30 % des cas et peut entraîner d'importantes séquelles.

Méningite : trois façons d'être contaminé

Déborah est aujourd’hui guérie d’une méningite virale, elle témoigne

Les germes peuvent pénétrer dans le cerveau de trois manières :

  • par le flux sanguin à partir d'une partie quelconque du corps, qui est infectée ;
  • par les sinus ou l'oreille moyenne, vers l'intérieur du crâne ;
  • par une blessure ouverte du crâne qui peut servir de porte d'entrée pour les germes. Ces agents infectieux se transmettent par la projection de gouttelettes, lorsque l'on tousse ou que l'on éternue. La contamination peut donc se faire à distance.

Prévention. Pour éviter une éventuelle contamination, un vaccin existe, le vaccin méningococcique conjugué de sérogroupe C. Le Haut Conseil pour la santé publique recommande une vaccination systématique des nourrissons âgés de 12 à 24 mois et l'extension de cette vaccination jusqu'à l'âge de 24 ans.

Méningite : premiers signes et gestes d'urgence

Les réactions provoquées par la méningite bactérienne se manifestent en quelques heures. Ces symptômes comprennent : fièvre, frissons, mal de tête, éblouissement douloureux face à la lumière, raideur de la nuque ; et éventuellement des troubles de la conscience ou encore des taches rouge violacées (appelées purpura)

Chez l'enfant, c'est plus compliqué car les symptômes ne sont pas typiques d'une méningite, surtout chez les nourrissons de moins d'un an. L'enfant a de la fièvre, il est irritable - notamment lorsqu'on le manipule. Il somnole, vomit et ne veut rien manger.

La raideur de la nuque et un bombement de la fontanelle - l'espace qui n'est pas encore ossifié sur le crâne - peuvent aussi être observés chez le jeune enfant.

Le traitement doit être rapide. Il varie en fonction du type de méningite :

  • méningite virale : ce sont les symptômes qui vont être traités ;
  • méningite bactérienne : administration d'antibiotiques à forte dose ;
  • méningo-encéphalite herpétique : La méningite herpétique est un cas à part. L'herpès est un virus mais la gravité de la méningite qu'il provoque est à traiter en urgence. Elle nécessite un traitement par aciclovir en perfusion, un médicament spécifique de ce virus.

En savoir plus : vos questions, nos réponses sur la méningite

Sur Allodocteurs.fr

Dossiers :

Questions/réponses :

Ailleurs sur le web