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Ebola : des cas importés en France d'ici fin octobre ?

Du fait du grand nombre de connexions aériennes entre la France et les pays actuellement touchés par l'épidémie de fièvre Ebola, la probabilité d'importation d'un cas dans l'Hexagone en octobre est actuellement estimée à 75%, selon des chercheurs nord-américains.

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Ebola : des cas importés en France d'ici fin octobre ?
Trafic aérien en provenance de pays ouest-africains (Source : PLOS Currents Outbreaks)

Plusieurs équipes d'épidémiologistes ont développé, ces dernières années, des programmes informatiques destinés à simuler la propagation de maladies dans un territoire. Ces modèles, très élaborés, prennent en compte les propriétés des agents infectieux (temps d'incubation de la maladie, contagiosité) mais également des données géographiques et démographiques, rendant compte des flux réels de populations.

Probabilité de survenue de cas d'Ebola pour différents pays au 24 octobre 2014, selon que le trafic aérien en provenance des pays en situation d'épidémie reste inchangé ou qu'il soit réduit de 80%.

L'équipe à l'origine du développement d'un de ces modèles (le Global Epidemic and Mobility Model, ou GEMM, présenté en 2010) a rendu public début septembre une estimation du risque de dispersion de l'épidémie d'Ebola à l'échelle de la planète.

La dernière mise à jour de leur projection, réalisée le 1er octobre, évalue à 96% le risque de survenue d'un cas d'Ebola au Ghana d'ici au 24 octobre 2014 "si aucun changement n'intervient dans le trafic aérien". Dans le même délai, la probabilité d'apparition d'un cas en France est de 75%.

Dans l'hypothèse où le trafic aérien à destination des pays déjà touchés "était diminué de 80%", la probabilité de survenue d'un cas au Ghana diminue à 50%. Celle attachée à la France chute autour de 30%.

Un risque croissant

L'incubation du virus Ebola dure en moyenne cinq jours (des cas d'incubation durant 21 jours ont déjà été rapportés). Ce n'est qu'après cette période que les premiers symptômes apparaissent. La personne contaminée devient alors contagieuse.

Pour estimer le risque de dispersion du virus, d'autres paramètres doivent être pris en compte : le nombre de contacts sociaux entre individus dans une zone contaminée, mais également la qualité des actions de prévention et de protection des populations.

L'estimation de la dispersion d'Ebola par les créateurs du GEMM se base sur un état de la situation sociale et sanitaire arrêtée à début août 2014. Influer sur ces autres paramètres permettrait, tout autant, de réduire le potentiel épidémique de la maladie, et donc le risque d'apparition d'Ebola en France.

Les chercheurs insistent sur le fait que leur modèle ne produit pas de "certitudes", mais bien une estimation du risque. "Mais les risques augmentent pour tous les pays [depuis début septembre]", alerte Alessandro Vespignani, co-inventeur du GEMM. Début septembre, les chercheurs évaluait le risque à trois semaines, autour de 55% pour le Ghana, et autour de 10% pour la France.

Depuis le mois de mars 2014, l'épidémie de fièvre Ebola a fait plus de 3.400 morts et ifecté 7.200 personnes, principalement au Libéria, en Guinée et au Sierra Leone.

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