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Le plasma, une efficacité limitée contre la Covid ?

La transfusion de plasma de patients guéris ne diminuerait pas le risque de décès ou de gravité de la Covid, selon une nouvelle étude. Mais de nouveaux essais avec des plasma plus riches en anticorps sont attendus.

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Le plasma, une efficacité limitée contre la Covid ?
Image d'illustration. Crédits Photo : © Shutterstock / JHDT Productions

Transfuser à des malades de la covid du plasma prélevé sur des patients guéris. Ce traitement représente un espoir dans la lutte contre le coronavirus. Mais selon une nouvelle étude indienne publiée le 23 octobre dans la revue médicale BMJ, cette technique n’offrirait qu’une efficacité limitée pour réduire les risques de développer une forme grave ou de mourir de la maladie.

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Dans le plasma, les anticorps

Cette méthode du plasma de convalescent s’était pourtant révélée efficace contre le virus Ebola ou le SRAS, coronavirus cousin du SARS-Cov-2. Comment ? C’est dans le plasma, la partie liquide du sang, que se trouvent les anticorps fabriqués par les malades et dirigés spécifiquement contre le virus. Donner à un patient le plasma - et donc les anticorps de patients guéris - pourrait aider son système immunitaire à s’en débarrasser.

Autant de morts avec que sans plasma

Mais selon les premiers résultats de cet essai clinique, la transfusion de plasma ne réduit pas la mortalité et n’empêche pas la progression des malades modérés vers des cas graves. L’étude a été menée entre avril et juillet 2020 sur 464 patients âgés en moyenne de 52 ans et hospitalisés en Inde. 229 d’entre eux ont reçu les soins habituels et les 235 autres ont reçu deux transfusions de plasma de convalescent en plus des soins habituels.

Après 28 jours, un nombre équivalent de participants du groupe plasma (44 personnes, soit 19%) et groupe contrôle (41 personnes soit 18%) ont développé une forme grave de la maladie ou sont morts.
En revanche, selon l'étude, les transfusions de plasma ont permis une amélioration des difficultés respiratoires et de la fatigue, et le virus était moins souvent détectable après sept jours.

Des niveaux d’anticorps trop faibles ?

Si cet essai est bien "rigoureux", comme l’assure la spécialiste de santé publique Elizabeth Pathak dans un commentaire publié par le BMJ, un point doit être amélioré. L’étude indienne a en effet utilisé des dons de plasma contenant entre six et 10 fois moins d'anticorps que ceux collectés par exemple au Royaume-Uni.

Pour le service de santé britannique National Health Service (NHS), il existe "d’autres éléments prometteurs indiquant que du plasma de convalescent avec des hauts niveaux d'anticorps pourrait améliorer le sort des patients" et méritent que les chercheurs poursuivent leurs essais.

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