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Premier traitement en vue contre le syndrome du côlon irritable

L'Agence européenne du médicament (EMA) a autorisé, le 20 septembre 2012, le premier médicament spécifique du syndrome du côlon irritable (SII). L'occasion de faire le point sur cette affection qui toucherait 20 % de la population occidentale.

Rédigé le , mis à jour le

Premier traitement en vue contre le syndrome du côlon irritable
Premier traitement en vue contre le syndrome du côlon irritable

Douleurs abdominales, ballonnements, un transit anormal (diarrhée, constipation, ou alternance des deux) sont les principaux symptômes de ce syndrome qui affecte considérablement la qualité de vie des patients. Pour affirmer le diagnostic, les symptômes doivent être présents depuis au moins un an et altérer la qualité de vie au moins un jour sur quatre.

critères diagnostiques : 

 Début des symptômes au moins 6 mois avant le diagnostic 

 Douleur abdominale ou inconfort digestif (sensation abdominale désagréable non douloureuse) survenant au moins 3 jours par mois durant les 3 derniers mois 

 Associés avec au moins deux des critères suivants : 

  • Amélioration par la défécation
  • Survenue associée à une modification de la fréquence des selles
  • Survenue associée à une modification de la consistance des selles

Source : world gastroenterology guidelines

Le syndrome du côlon irritable, également appelé syndrome de l'intestin irritable (SII), serait dû à une hypersensibilité des viscères, des perturbations de la motricité digestive et serait majoré par des facteurs psychologiques.

Premier médicament spécifique

On ne disposait jusqu'à présent d'aucun médicament spécifique. C'est chose faite avec le linaclotide, que le comité des médicaments à usage humain de l'EMA a autorisé dans l'Union européenne.

En 2011, deux essais étaient déjà publiés dans le New England Journal of Medicine. Ils évaluaient positivement l'efficacité du linaclotide sur la constipation chronique et les douleurs abdominales. En 2012, deux autres essais de phase 3 ont mesuré l'impact d'une dose quotidienne de 290 µg/jour, par comprimé. Le premier s'étalait sur douze semaines suivies de quatre semaines d'arrêt et concernait 800 patients. Le second avait une durée de vingt-six semaines et incluait 804 malades.

Plusieurs critères d'évaluation étaient utilisés dont celui de la Food and Drug Administration : une amélioration supérieure à 30 % des douleurs abdominales et une défécation spontanée et complète par semaine au moins, pendant la moitié de l'essai au minimum. Ces caractéristiques définissaient alors un patient répondeur.

Les essais ont ainsi trouvé un tiers de répondeurs au linaclotide. Ils montrent la supériorité de la molécule par rapport au placebo, aussi bien dans l'amélioration des douleurs et de la constipation que dans le soulagement des ballonnements et de l'inconfort. Mais l'EMA nuance ces résultats en recommandant l'évaluation régulière des patients et l'arrêt du traitement en l'absence d'effet après quatre semaines.

Médicaments, hygiène de vie et relaxation...

Actuellement, la prise en charge dans le syndrome du côlon irritable comprend des médicaments à visée symptomatique, une bonne hygiène de vie et une prise en charge psychologique. Les antispasmodiques, comme le phorloroglucinol, sont conseillés en cas d'exacerbation des douleurs abdominales, tout comme le citrate d'alvérine. Certains antidépresseurs ( tricycliques et inhibiteurs de la recapture de la sérotonine) sont utilisés dans les formes douloureuses.

On recommande aux patients souffrant de constipation les laxatifs de type osmotique ou la montmorillonde beidellitique qui améliore les douleurs et l'inconfort. Quant aux probiotiques, ils ont obtenu des résultats intéressants sur les ballonnements. Autre arme dans l'arsenal thérapeutique, les antidépresseurs sont intéressants du fait de leur action sur l'humeur, mais aussi de leur effet antalgique à faible dose.

Pour lutter contre le syndrome du côlon irritable, l'alimentation doit être riche en fibres alimentaires chez les patients qui souffrent de constipation. Chez les autres, le risque est d'aggraver l'inconfort abdominal et les ballonnements, notamment lorsque les fibres sont apportées sous forme insoluble comme dans le son de blé. Les patients constatent souvent un lien entre l'absorption de certains aliments et l'intensité de leurs symptômes. Mais il n'y a pas assez de preuve pour exclure certains types d'aliments. Une alimentation équilibrée est donc recommandée.

La prise en charge psychologique semble également essentielle pour les malades les plus sévères : relaxation, hypnose, psychothérapie... pourraient apprendre à affronter plus sereinement les difficultés de la vie (stress, divorce, chômage...), susceptibles de déclencher les symptômes.

NOTA BENE : en mars 2016, ce médicament n'était toujours pas disponible en France.

Source : "Un premier traitement spécifique du syndrome du côlon irritable", JIM, 25 septembre 2012.

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