1. / Maladies
  2. / Cerveau et neurologie
  3. / AVC, rupture d'anévrisme

AVC : quand le cerveau fait une attaque

L'AVC est l'une des principales causes de mortalité en France, et la première cause de handicap acquis de l'adulte. Une prise en charge très précoce peut pourtant éviter les complications et en limiter les séquelles. Chaque année en France, près de 150.000 personnes sont victimes de ces attaques cérébrales.

Rédigé le , mis à jour le

AVC : quand le cerveau fait une attaque
Crédit photo : Сергей Лабутин - Fotolia.com
Sommaire

Des signes avant-coureurs à connaître

Le Dr France Woimant, neurologue à l'hôpital Lariboisière, explique les signes avant-coureurs de l'AVC

Une paralysie, des engourdissements ou une diminution de la force peut apparaître brutalement au niveau de la moitié du visage ou du corps. Dans certains cas, parler et comprendre deviennent difficiles, voire impossible. Des maux de tête violents, accompagnés par des troubles de la vision, sont des signes qui doivent alerter, même s'ils cessent très vite.

Les AVC sont des affections très graves puisqu'un quart des patients décède. Si un de ces symptômes apparaît brutalement, il ne faut pas hésiter à appeler le 15.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr

Les multiples causes d'une attaque cérébrale

Marina Carrère d'Encausse et Régis Boxelé expliquent l'AVC

Environ 150.000 AVC surviennent chaque année en France. L'Accident Vasculaire Cérébral qui correspond à un arrêt de la circulation sanguine dans une partie du cerveau, est la première cause de handicap. De nombreuses personnes gardent des séquelles plus ou moins graves après un AVC.

Le cerveau reçoit à lui seul 15% du débit cardiaque et consomme environ 20% des apports en oxygène. Ce sang est envoyé par les carotides et les artères vertébrales. Le cerveau est donc un organe très irrigué. Entre les différents vaisseaux, des connexions, des sortes de voies annexes permettent de pallier rapidement les besoins du cerveau pour que chaque partie puisse être nourrie en permanence. En cas d'accident vasculaire cérébral, cette irrigation est compromise.

L'attaque cérébrale peut survenir dans deux cas. Tout d'abord, quand un vaisseau est bouché par un caillot sanguin. La partie du cerveau irriguée par ce vaisseau manque alors d'oxygène. Résultat : des neurones meurent. C'est ce qu'on appelle l'AVC ischémique ou l'infarctus cérébral. Un AVC peut aussi survenir lorsque la paroi d'un vaisseau est fragilisée et qu'elle se dilate. Elle forme ce que l'on appelle un anévrisme, s'il se rompt, un hématome se forme et comprime les structures avoisinantes, c'est l'AVC hémorragique.

L'AVC est une urgence car chaque minute perdue entraîne la destruction de deux millions de neurones. En fonction de la zone atteinte, différents signes neurologiques sont possibles. Des troubles du langage, une paralysie de la moitié du visage ou de toute une partie du corps, une diminution de la force peut aussi survenir brutalement.

Traitement d'un AVC

Il existe des chirurgies dites préventives pour prévenir les AVC. L'opération de la carotide en fait partie.

Traitement d'un AVC provoqué par une rupture d'anévrisme. En fonction de la taille de l'anévrisme et de la gravité de la rupture, les chirurgiens peuvent réaliser une embolisation. Il s'agit d'une technique consistant à boucher définitivement l'artère cérébrale dont le fonctionnement est pathologique en passant par l'artère fémorale.

Un autre traitement est possible, même si l'embolisation est toujours privilégiée. Le chirurgien peut en effet passer par le crâne, en faisant un petit trou, et poser un clip au niveau de l'anévrisme. Il le sépare ainsi de l'artère et de la circulation du sang.

Traitement d'un AVC provoqué par la formation d'un caillot.

La thrombectomie mécanique consiste à retirer le caillot, en introduisant un microcathéter pour extraire le thrombus (caillot) directement dans le cerveau du patient. La thrombectomie est alors réalisée soit par aspiration via le microcathéter directement au contact du thrombus, soit par déploiement transitoire d'un stent, placé au sein du thrombus afin de le capturer dans ses mailles. L'opération doit être réalisée dans les six heures qui suivent les premiers signes de l'AVC.

la thrombolyse intraveineuse est administrable jusqu'à 4h30 après le début des symptômes. Elle consiste à injecter dans une veine une substance (l'altéplase), qui dissout le caillot. On administre directement le médicament au contact du caillot, en positionnant l'artère fémorale et en remontant jusqu'au cerveau. Cette nouvelle technique qui associe deux méthodes déjà connues améliore de manière considérable le taux de survie du patient. Elle permet de guérir 93% des patients si l'intervention est réalisée moins de 3h30 après le début des symptômes.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr

Les AVC, des accidents qui laissent des séquelles

Le témoignage d'Etienne qui a subi une attaque cérébrale

Les attaques cérébrales laissent souvent des séquelles de gravité très variable en fonction de l'étendue de l'hémorragie. La partie de cerveau qui n'est plus irriguée souffre et des neurones meurent. C'est ce qui provoque les troubles neurologiques, qui sont très différents en fonction de la zone du cerveau touchée.

On estime que 60% des victimes d'AVC gardent des séquelles : il peut s'agir d'une grande fatigabilité, de troubles de la mémoire, de difficultés pour parler... Certains patients restent paralysés. Les attaques cérébrales restent, par ailleurs, la seconde cause de démence en France.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr

AVC : limiter les séquelles grâce à la médecine hyperbare

Comment se déroule une séance de caisson hyperbare ? (Reportage diffusé le 22 octobre 2018)

Après un AVC, il est impératif de débuter la rééducation le plus tôt possible, dès que l'état de santé de la personne le permet. Au CHU de Nice, quelques patients peuvent bénéficier d'un protocole pilote unique en France : des séances de caisson hyperbare pour limiter les séquelles.

Utilisé pour les accidents de plongée et les retards de cicatrisation, le caisson hyperbare accueille désormais des patients victimes d'AVC. La vingtaine de patients qui participent au protocole pilote à Nice suivent une soixantaine de séances de 90 minutes. Durant ces séances d'oxygénothérapie, les patients respirent pendant plus d'une heure l'oxygène hyperbare, une plongée à sec connue pour ses vertus curatives.

A la suite d'un AVC, les neurones meurent rapidement au niveau d'une zone dite de nécrose, qui n'est plus irriguée en oxygène. Tout autour se trouve une zone dite de pénombre, où l'activité cérébrale est endormie et qui pourrait être en quelque sorte réveillée. "On relance un processus métabolique dans ces zones et on va fabriquer de nouveaux neurones, ce qui explique la neurogenèse secondaire", explique le Dr Bernard Gamain, médecin hyperbare.

Des études sont en cours pour confirmer ces hypothèses mais les premiers résultats semblent prometteurs. Les patients sont recrutés sur dossier médical. Tous victimes d'un AVC dans un passé récent, entre six mois et trois ans. L'équipe niçoise devrait bientôt évaluer les progrès des patients au niveau du langage et de la mémoire. Si les résultats se confirment, l'oxygénothérapie hyperbare pourrait peut-être un jour faire partie de la rééducation des patients victimes d'AVC.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr

La rééducation après un AVC

Après un AVC, il est impératif pour les malades de commencer une rééducation

Paralysie, difficulté à s'exprimer, à se mouvoir, telles sont les séquelles les plus fréquentes après un AVC. Pour éviter qu'elles ne s'installent, les orthophonistes et kinésithérapeutes prennent en charge les patients rapidement, une rééducation presque au pied du lit.

La prise en charge des séquelles d'accident vasculaire cérébral est adaptée en fonction des troubles ressentis. Un kinésithérapeute intervient pour les problèmes d'équilibre et de paralysie. Les troubles cognitifs et du langage sont pris en charge par un orthophoniste.

Dans les services de médecine physique et de réadaptation, des équipes spécialisées stimulent les fonctions neurologiques endommagées pour améliorer la récupération. Il faut entre deux semaines et six mois de rééducation avant de se prononcer sur les séquelles définitives d'un AVC.

Sponsorisé par Ligatus