1. / Maladies
  2. / Cancer
  3. / Cancer du poumon

Cancer du poumon

Ch@t du 10 mai 2012 de 15h à 16h : les réponses du Pr. Philippe Girard, pneumologue à l'Institut mutualiste Montsouris et du Dr Dominique Gossot, chirurgien cardiovasculaire et thoracique, Institut mutualiste Montsouris.

Rédigé le , mis à jour le

Cancer du poumon
Cancer du poumon
Sommaire

Les réponses du Pr. Philippe Girard, pneumologue à l'Institut mutualiste Montsouris

Il peut y avoir différentes raisons. L'une des plus classiques est la sécrétion, par la tumeur, de substances (on parle parfois de "cytokines") qui coupent l'appétit.

Arrêter de fumer à 50 ans divise par 3 (mais n'annule pas!..) le risque d'avoir cancer du poumon. L'idéal est de ne jamais commencer, ou d'arrêter le plus tôt possible ! Même les "petits fumeurs ont un risque plus élevé que ceux qui n'ont jamais fumé. Un non fumeur a un risque de faire un cancer du poumon avant 85 ans d'environ 1%. Les fumeurs (tous confondus), on un risque de 20% (une augmentation de 2000%) par rapport aux non fumeurs ! (NB je dis bien : deux milles pour cent).

  • En cas d'épanchement pleural d'origine cancéreuse, le liquide d'épanchement peut-il ne pas contenir de cellules cancéreuses et si oui comment poser le diagnostic alors ?

La méthode diagnostique de référence dans cette situation est la thoracoscopie chirurgicale (ou médicale), qui consiste à faire des biopsies de la plèvre sous contrôle de la vue. Elle apote le dgnostic dans + de 95% des cas lorsque la pleurésie est d'origine tumorale.

  • Mon médecin m'a prescrit du Onbrez Breezhaler ai-je une BPCO ? Dans ce cas suis je sujet à un cancer du poumon ? J'ai des essoufflements quant je fais des efforts, je fume plus d un paquet par jour ! Ai-je moyen de faire du sport et comment ?

La BPCO est liée surtout au tabac, mais pas seulement. Si vous n'avez pas fumé, votre risque de faire un cancer du poumon est le même que celui des non fumeurs sans BPCO. Et si vous avez fumé, le risque est lié seulement au tabac, BPCO ou pas (le fait d'avoir une BPCO ne l'augmente pas).

  • Tous les matins je tousse beaucoup cela peut-il être un signe pour consulter. Je ne fume pas et cela fait plusieurs années que cela dure. J'ai été exposé au tabagisme passif pendant mon enfance.

La toux est un symptôme très peu spécifique (de très nombreuses causes autres que le cancer peuvent l'expliquer...). Parmi les plus fréquentes: l'asthme, les problèmes ORL, le reflux gastro-oesophagien...

C'est très bien d'avoir arrêté. Il réduit le risque, il ne reviendra jamais tout à fait à celui d'un non fumeur, mais l'arrêt du tabac reste LE meilleur moyen d'éviter un cancer du poumon.

Oui, mais la fibrose en soi augmente très peu ou pas du tout le risque de cancer. La cause de la fibrose, en revanche, peut parfois constituer en soi un risque de cancer du poumon (ex l'amiante).

  • Un dépistage systématique chez tout fumeur à partir d'un seuil de cigarette paquet année est-il raisonnable ?

C'est une question très difficile, non résolue à ce jour. Une seule étude à ce jour a démontré une (très légère) réduction de la mortalité par cancer bronchique en utilisant des scanners "faible dose" chez des sujets de 50 à 75 ans fumeurs de l'équivalent d'au moins 1 paquet par jour pendant 30 ans, fumeurs actifs ou ayant arrêté depuis moins de 15 ans. On n'a AUCUNE réponse pour les autres. Même chez de patients sélectionnés comme ci-dessus, il est probable que le dépistage est plus efficaces dans certains sous-groupes que dans d'autres. Comme déjà répondu à une autre question, retenez que l'arrêt du tabac à 50 ans réduit le risque de mourir de cancer du poumon de 66% (division du risque par 3). Le dépistage dans les conditions ci-dessus ne réduit ce risque "que" de 20%. Pour donner des chiffres plus "bruts", même s'ils sont approximatifs (les ordres de grandeur sont justes): dans un groupe de patients de 60 ans fumeurs, le risque de mourir de cancer du poumon dans les 5 ans est de l'ordre de 2%. Le dépistage ferait passer ce risque à 1,6% (moins 20%). Le simple fait d'arrêter de fumer le ferait passer à moins de 1%.

Les composés que vous citez sont un facteur de risque très peu étudié de cancer du poumon. Il faudrait sans doute différencier chaque type de molécule. Mais l'épidémiologie est tellement "écrasée" par le tabac que l'identification d'autres facteurs de risuqe est difficile. Toutefois, même si certains de ces composés se révélaient cancérigènes, le risque induit serait certainement TRES inferieur à celui du tabac.

  • Cet aphorisme est-t-il juste : toute toux persistante depuis plusieurs semaines chez un fumeur est un cancer du poumon jusqu’à preuve du contraire ?

C'est un peu "brut", mais pas totalement faux...

  • Faire souvent des examens tels que tep scan scanner radio et autres n'est-il pas dangereux et ne provoquent-ils pas un autre cancer ou aggravent-ils un cancer existant ?

Je crois avoir déjà répondu mais la réponse s'est perdue. La réponse est OUI : pas d'examens "systématiques" sans une bonne raison (médicale)!!! Désolé de ne pas avoir le temps de retaper ma réponse qui était plus longue.

  • Je n'ai pas bien compris dans l'émission à quel type de cancer s'adressait ce nouveau traitement ciblé ?

On cherche désormais, presque systématiquement, certaines anomalies "moléculaires" des cellules cancéreuses. Certaines de ces anomalies (pas toutes; loin de là...) permettent de donner un traitement "ciblé" sur l'anomalie détectée. Les anomalies détectées et les traitements adaptés évoluent très vite. Le traitement que reçoit le témoin sur le plateau (Mme G) ne concerne que une anomalie génétique particulière des cellules de son cancer (mutation du gène d'EGFR, pour parler "technique"), anomalie rare (moins de 3% de l'ensemble des cancers du poumon, plus fréquente chez les non fumeurs).

Les réponses du Dr Dominique Gossot, chirurgien cardiovasculaire et thoracique à l'Institut mutualiste Montsouris

Oui, un cancer du poumon peut être secondaire à un cancer du sein : il s'agit d'une métastase pulmonaire. Mais une tumeur du poumon chez une patiente ayant un antécédent de cancer du sein peut-être aussi un cancer primitif ou une autre pathologie bénigne ou maligne. Seule la biopsie peut affirmer la nature exacte.

  • Une analyse de sang peut-elle donner l'alarme sur des maladies telles qu'un cancer du poumon, ou il n'y a que les examens spécifiques qui permettent de le détecter ?

Non, une analyse de sang ne donne aucun signe pouvant orienter vers un cancer du poumon. Seule l'imagerie (radio, scanner) et l'endoscopie peuvent permettre de détecter un cancer du poumon.

  • En physiopathologie, comment expliquer la toux causée par le cancer du poumon ?

Certains cancers du poumon sont en contact direct avec les bronches et se comportent comme un facteur irritant.

  • Est-ce qu'un cancer du sein métastasique au niveau de la plèvre (épanchement pleural avec nombreux foyer infectieux au niveau de la plèvre) est aussi grave et plus difficile à soigner qu'un cancer du poumon ?

Dans certains cas, il est plus facile de traiter ce type de cancer qu'un cancer du poumon. Tout dépend du profil immuno-histochimique (que l'on peut connaitre par des analyses) et hormonal. Certains profils sont très sensibles à la chimiothérapie.

Non. Chez un non-fumeur, il n'y a aucune relation entre pneumothorax et cancer du poumon. Le pneumothorax sans cause connue (dit idiopathique) est une pathologie bénigne et fréquente.

  • Devant une opacité pulmonaire dont on n'arrive pas à déterminer l'étiologie, la biopsie est-elle systématique ?

Non, la biopsie n'est pas systématique. Tout dépend si le scanner oriente clairement vers une pathologie bénigne (infectieuse par exemple) ou vers une pathologie suspecte. Dans ce dernier cas, une biopsie sous scanner ou chirurgicale est souvent nécessaire.

Après un arrêt de 9 ans, son risque de cancer du poumon est inférieur à celui d'un fumeur actif, mais encore très supérieur à celui d'un non-fumeur.

Si vos médecins vous ont déclarée guérie (ce qui est très probable après 20 ans), il n'y a pas d'intérêt à faire une radio pulmonaire.

  • Le cancer du poumon peut-il être un facteur de risque au mésothéliome malin ?

Le mésothéliome et le cancer du poumon ont un facteur de risque commun : l'amiante. L'amiante peut agir comme facteur unique sur le mésothéliome, alors qu'il agit le plus souvent comme un co-facteur (en association avec le tabac) pour le cancer du poumon. Le cancer du poumon n'est pas un facteur de risque de mésothéliome.

  • Peut-on soigner un cancer du sein initial qui a provoqué des foyers suspects au niveau de la plèvre par de la radiothérapie ?

Parfois, mais le plus souvent le traitement est une chimiothérapie ou une association chimiothérapie-radiothérapie (et à condition que l'atteinte de la plèvre soit prouvée)

  • Existe t-il de la chirurgie pour un épanchement pleural dû à un cancer du sein métastatique ?

Si l'épanchement est gênant et/ou se reproduit rapidement, il peut être nécessaire de recourir à une petite intervention appelée symphyse pleurale par thoracoscopie (ou talcage) pour recoller les 2 feuillets de la plèvre.

  • Devant un cas de cancer du poumon prouvé, le tep-scanner est-il obligatoire ?

Oui. Le TEP fait partie du bilan systématique d'un cancer du poumon.

  • Le cancer du poumon est-il une étiologie de fièvre au long cours ? Et si oui, par quel processus ?

Oui, par plusieurs causes possibles: - soit parce que la tumeur bouche une bronche et que cela provoque une infection - soit parce que le cancer s'associe à un syndrome inflammatoire. On parle d'un syndrome paranéoplasique.

Le plus souvent par les métastases qu'il provoque (ganglions, foie, os, cerveau principalement).

  • Les personnes qui travaillent dans la métallurgie sont elles exposées plus que les autres ?

Non, sauf exposition à l'amiante.

En savoir plus

Le cancer du poumon ou cancer bronchique est une maladie due à une croissance cellulaire anarchique dans les tissus du poumon. Sa fréquence a augmenté de 20 % en cinq ans et il est en passe de devenir le premier cancer féminin, devant celui du sein. Le tabagisme est responsable de 80 % à 90 % des cas de cancer du poumon. Il est particulièrement menaçant, car il peut plus facilement se propager dans le reste du corps que d’autres types de cancer.

En effet, tout le sang passe par les poumons pour être oxygéné, et les poumons sont en contact étroit avec plusieurs vaisseaux sanguins et lymphatiques. Le cancer du poumon est d’autant plus alarmant qu’il est souvent découvert tardivement.

On distingue 2 types de cancer du poumon qui croissent et se propagent différemment dans le corps : le cancer du poumon à petites cellules et le cancer du poumon non à petites cellules.

Le cancer du poumon est parmi les plus meurtriers. Parfois, aucun symptôme n’est détectable, les signes qui peuvent alerter : une toux qui s’intensifie ou qui ne disparaît pas, surtout celle du fumeur, une douleur constante au thorax, qui s’accentue lorsqu’on tousse ou respire profondément, une respiration sifflante, un essoufflement, des crachats de sang, une voix enrouée durant plus de 3 à 4 semaines. Il existe divers traitements, pour divers types de cancer du poumon. Pour choisir un traitement adéquat, le médecin tiendra compte de plusieurs critères et proposera une chirurgie, une chimiothérapie, de la radiothérapie, des thérapies ciblées…

En savoir plus :

Dossier :

Questions/Réponses :

  • Quelle est la différence entre une tumeur et un nodule pulmonaire ? Faut-il toujours opérer un nodule ?
    Voir la réponse en vidéo*

Les réponses avec le Dr Philippe Girard, pneumologue à l'Institut mutualiste Montsouris

Sponsorisé par Ligatus