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L'ambroisie, le cauchemar des allergiques

Comme chaque année à la fin du mois d'août, l'allergie aux pollens d'ambroisie fait son grand retour. La plante est très allergisante et agressive. Et comme chaque plant peut libérer des millions de grains de pollen, le taux d'allergènes est très élevé et les symptômes plus violents. Explications.

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L'ambroisie, le cauchemar des allergiques
L'ambroisie est une plante sauvage envahissante

Aussi envahissante qu'allergisante, l'ambroisie colonise progressivement l'Europe. Cette plante s'implante dans les zones en friche où elle peut atteindre jusqu'à 2 mètres de hauteur. En été, elle produit des petites fleurs dont le pollen se répand dans l’air dès la mi-août, causant des symptômes allergiques parfois sévères.

Actuellement, la région Auvergne-Rhône-Alpes est en alerte rouge, avec une teneur en pollens d'ambroisie dans l'air "très élevé". La Nièvre et la Dordogne sont également touchées.

A l’origine, une plante clandestine

L'Ambrosia artemisiifolia, aussi appelée "herbe à poux" au Canada, est probablement arrivée en France en 1863 comme passagère clandestine de semences de trèfles violets venues d'Amérique du Nord. La plante, qui s'est alors implantée dans l'Allier, a progressé de parcelles en parcelles pour finalement s'ancrer en région Rhône-Alpes dans les années 60. La Drôme, l'Ardèche ou encore l'Isère sont les départements les plus touchés.

Actuellement, 10 à 20 % de la population serait allergique à l'ambroisie. Elle se propage progressivement aux régions voisines, avec des zones d’extension vers le nord (Bourgogne) et le sud (vallée du Rhône) et l’ouest (région Centre et Aquitaine). Et son expansion devrait se préciser dans les années à venir : la concentration en pollens d'ambroisie pourrait être multipliée par quatre d'ici 2050 en Europe

Une éradication très difficile

Cinq grains de pollens d'ambroisie suffisent pour déclencher une réaction allergique sévère. Et la plante est particulièrement tenace : son pied produit près de 3.000 graines, capables de perdurer des années dans le sol. L'éradication est très difficile car elle envahit des zones non cultivées autour des habitations.

"Plusieurs facteurs expliquent que l'ambroisie gagne du terrain" expliquait au Magazine de la Santé, Bruno Chauvel, chercheur à l'Inra. "L'ambroisie a tout d'abord trouvé des milieux favorables qui n'existaient peut-être pas avant. Au niveau de l'agriculture, il y a une relâche de la pression herbicide qui favorise l'espèce. Enfin, on peut parler du changement climatique, c'est-à-dire qu'on a des hivers sans gel précoce et violent ce qui fait que l'espèce peut grainer et occuper des territoires qu'elle n'occupait pas auparavant".

Rhinites, difficultés respiratoires, asthme …

C'est lorsque l'ambroisie fleurit, dès le mois de juillet, que les premiers symptômes surviennent : yeux qui pleurent, nez qui coule, maux de tête, grande fatigue... Mais l'ambroisie peut également provoquer des réactions bien plus sérieuses, comme de graves crises d'asthme, des difficultés respiratoires, nécessitant parfois une hospitalisation.

Alors pour éviter une telle situation, il faut parfois multiplier les traitements, comme l'explique le Dr Thuong Nhan Pham-Thi, allergologue : "Il y a d'abord des traitements contre les symptômes. On peut ainsi prendre des antihistaminiques par la bouche, des collyres pour traiter la conjonctivite ou des traitements dans le nez pour décongestionner. Surtout, on peut prendre un traitement pour les bronches contre l'asthme. Enfin, quand on a bien identifié son allergie à l'ambroisie, on va proposer une désensibilisation ".

Il est toutefois conseillé aux personnes allergiques de prendre leur traitement dès le début de la saison pollinique, quand le niveau de risque est encore modéré.

Comment venir à bout de l'ambroisie ?

La meilleure stratégie pour en finir avec l'ambroisie est de l'éliminer. Plus facile à dire qu'à faire puisque la plante est très envahissante. Et pour les communes les plus touchées, il faut agir vite. La fin du mois de juin est idéale pour mener des opérations d'arrachage. Il convient ainsi d'arracher l'ambroisie avant qu'elle fleurisse pour éviter qu'elle libère son pollen et devienne allergisante.

Il est également conseillé de replanter à l’automne, dans les zones à risque, des plantes non allergisantes, afin d’éviter que l’ambroisie ne se réinvite au printemps suivant. Bonne nouvelle : une fois l'ambroisie arrachée, elle ne repoussera pas.

La lutte contre cette plante est devenue, en 2015, l'un des objectifs du troisième plan national santé-environnement. Mais cette lutte a un prix. Rien que pour la région Auvergne-Rhône-Alpes, elle coûte 15 millions d'euros par an.

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