Seniors : attention à la surmédication
Chez les personnes âgées, la médication utilisée pour traiter tous types de pathologies, est souvent excessive. Alors comment diminuer cette surconsommation qui peut s'avérer nocive pour la santé ?
Par La rédaction d'Allo Docteurs
Rédigé le , mis à jour le
Chronique diffusée le 12 juin 2019
Le nombre de maladies augmentant avec l’âge, il n’est pas surprenant que le nombre de médicaments augmente aussi. Ce phénomène n’est pourtant pas sans conséquences et parfois dramatique.
Un phénomène récent lié à une pharmacopée plus abondante
Voltaire disait déjà : "Les médecins prescrivent des drogues qu’ils connaissent peu pour des maladies qu’ils connaissent mal à des patients qu’ils connaissent encore plus mal".
On décrit sous le nom de iatrogénie, l’ensemble des événements négatifs provoqués chez un patient par un acte médical. Les patients de plus de 65 ans prennent, en moyenne, 4,4 médicaments par jour et souvent beaucoup plus.
La iatrogénie est responsable de 20% des hospitalisations après 80 ans : troubles digestifs ( nausées, vomissements, anorexie), Hémorragies (anticoagulants), Déshydratation (diurétiques), Hypotension orthostatique, Interactions médicamenteuses etc... Parfois plus graves : AVC, troubles du rythme etc...
Le rôle du pharmacien
Une étude récente parue dans PLOS en mai 2019 rapporte une initiative intéressante. En collaboration avec le médecin, le pharmacien réalise "une analyse pharmaceutique". L’analyse de médication clinique consiste à mener une étude formalisée du dossier pharmaceutique des patients chroniques et à améliorer les problèmes liés à la polymédication.
Ce travail comparatif néerlandais a été fait dans 35 officines, sur 629 patients de plus de 75 ans prenant, en moyenne 7 médicaments par jour.
Une collaboration médico-pharmaceutique
Les résultats assez modestes mais intéressants au bout de 6 mois, sont comparés au groupe témoin, on note alors :
En revanche, on ne retrouve pas dans ce travail une véritable analyse de la iatrogénie. Son intérêt, en revanche, est qu’il repose sur une collaboration médico-pharmaceutique et qu’il est centré sur les propres objectifs du patient (ex, calmer la douleur).
Comment diminuer la iatrogénie ?
Les principes sont clairement établis :
Tout cela repose sur le dialogue et les rapports de confiance que noue le médecin avec son patient de telle sorte qu'on puisse éviter :