Cancer et médecines douces

Le 1er février 2012 de 15h à 16h : les réponses à vos questions des Drs Simon Schraub et Jean-Loup Mouysset, cancérologues.

La rédaction d'Allo Docteurs

Par La rédaction d'Allo Docteurs

Rédigé le , mis à jour le

Les réponses à vos questions du Dr Jean-Loup Mouysset, cancérologue

L'aloé vera sera protecteur des muqueuses intestinales effectivement, pas d'interaction gênante avec l'hormonothérapie ou les chimiothérapies.

Oui mais c'est extrêmement difficile et l'on peut arriver à traiter quelqu'un sans l'opérer : un des mes patients est guéri depuis 10 ans après une radio chimiothérapie d'un cancer du pancréas non opérable (et non opéré).

Il vous faut trouver une technique physique qui vous équilibre tant physiquement que nerveusement cela a un impact extrêmement positif sur son équilibre et a un effet de maintien de la santé et donc de diminution des risques de récidives. Voir le programme d'accompagnement thérapeutique proposé au Centre ressource à Aix qui encourage effectivement ce type d'approche pendant et après la maladie.

La guérison n'appartient pas au médecin en matière de cancer évidemment un cancer du sein in situ, c'est autour de 95 % de non récidive (et donc de guérison) à 10 ans de recul, mais il existe des récidives au-delà de 10 ans. C'est pour cela qu'il faut s'investir dans une démarche de prévention en complément des éventuels médicaments. Voir le Centre ressource à Aix avec le programme d'accompagnement thérapeutique (www.centreressource.org).

Ce type de situation mérite une consultation avec le gastro-entérologue afin de vérifier qu'aucun problème fonctionnel n'est à traiter. Si c'est OK, une diététicienne naturopathe peut aider efficacement à travers des choix d'aliments voire des compléments (probiotiques, argile ...). Mais à décider en entretien individuel.

Bien sûr en parler avec le radiothérapeute qui peut aider. En terme de compléments, grande utilité des alkylglycérols (huile de foie de requin ou de chimère) à la dose de 500 mg, trois fois par jour pendant toute la durée de la radiothérapie et un mois après pour réduire les effets de la radiothérapie sur les muqueuses/ peau (pas d'effet de réduction de l'efficacité de la radiothérapie).

Désolé je ne la maîtrise pas assez bien. Je pense que cela est un bon soutien. Des patients que j'ai suivi ont eu des résultats remarquables en l'appliquant en complément de la thérapeutique conventionnelle. Ce n'est donc pas contre-indiqué.

Qu'en dire ? Je reste dubitatif personnellement mais pas du tout opposé. Le principe est d'ailleurs de l'associer avec le traitement conventionnel, sans opposition. Je laisse mes patients l'utiliser, et je les aide à sélectionner l'essentiel.

Je ne sais pas mais qu'importe du moment que cela aide en soulageant et permettant de mieux suivre le traitement. J'appelle cela du pragmatisme au bénéfice immédiat du patient. Après tant pis si mon cerveau ne sait pas pourquoi.

Cet examen est utile à certains moments, donc pas obligatoire, et ne remplace pas un scanner : il n'est donc pas toujours pertinent de le faire si bien sûr il y a un doute que le scanner ne lève pas, cet examen est intéressant, mais pas infaillible. À discuter avec votre oncologue.

Vous en doutez ? Je préfère personnellement d'autres techniques de relaxation/méditation, mais il est certain que cela peut apaiser, calmer non seulement le psychisme mais aussi la biologie du stress si délétère pour le système immunitaire anticancéreux.

Toutes les techniques physiques qui vous permettent de mieux "habiter" votre corps, de le stimuler, de l'apaiser sont utiles. Bien sûr pour votre bien-être, mais cela a aussi un impact sur au moins la biologie du stress et l'immunité anticancéreuse, le rythme du sommeil... Un vrai plus dans la démarche thérapeutique : yoga, Qui Gong, gymnastique, aquagym...

Oui action potentielle directe sur la longueur des télomères de nos chromosomes (prix Nobel médecine 2011), action sur des gènes comme BRCA 1, nécrose des neurones, rythme sécrétion cortisol et mélatonine, dépression du système immunitaire... Pour en savoir plus : le DVD "Un Autre Regard sur le cancer " 2009 est disponible à l'association Ressource.

Le lait est fait pour le veau... il est très riche en facteurs de croissances (sauf si bouilli) et omega 6 (moins si Bio) tout cela n'est pas essentiel en pleine maladie active mais cela le devient en prévention : pas interdit mais à réduire. Pour en savoir plus : cf le DVD Un Autre Regard sur le cancer 2009 disponible à l'association Ressource (www.centreressource.org) et voir l'intervention du 1er jour du Dr Magnin Valérie : remarquable synthèse !

A cause de l'accélération du transit des conseils avec une diététicienne seraient utiles.

Un essai thérapeutique va être mis en place en 2012 pour voir s'il est aussi efficace (ce qui est attendu) prometteur en terme de qualité de vie mais toutes les femmes voudront elles s'injecter le produit elles mêmes ?

Tout à sa juste place est intéressant... et le doute n'est plus permis pour l'hypnose, la relaxation, la nutrition ...

Cela fait partie des techniques souhaités par les patients sans que l'on ait bien sur de preuves scientifiques de leur effet je crois que c'est aux patients de faire le choix de ce type de pratique qui ne vont pas contredire la médecine conventionnelle si elle est pratiquée avec humilité.

Manque de temps pour les découvrir : l'ignorance fait peur, et on préfère s'abstenir puisque l'on ne connait pas. Cela n'excuse pas mais on peut les comprendre.

Oui !

Trop vaste comme question ! Sport = au moins 20 % de récidive en moins alimentation: intérêt des oméga 3 (graines de lin ++ 1 cuillère à soupe par jour !! - antioxydants type séléninium-lycopène-...) et travail psychoémotionnel (cf travaux du Dr Dean Ornish à Berkeley avec l'intérêt d'un programme éducationnel : nous l'avons repris d'ailleurs et enrichi au centre Ressource : programme d'Accompagnement Thérapeutique PPACT Ressource www.centreressource.org.

A discuter avec un acupuncteur: attention à ne pas piquer dans la zone traitée peut être plus d'efficacité de la réflexologie plantaire mais c'est une suggestion.

Au delà d'un mois il ya souvent un équilibre, mais cela peut s'améliorer, surtout grâce à tout ce que vous faites en compléments intérêt du sport, aquagym et complément parfois utiles: silicium notamment. Il vous faut un gros travail "existentiel" et non seulement mental (groupes de paroles dirigés par un thérapeute +++) pour vous aider à élever votre santé et devenir moins accessible à la maladie. C'est l'image que je donne souvent à mes patients participant au programme d'Accompagnement Thérapeutique au Centre Ressource: à plusieurs ils partent encordés et vont planter le drapeau plus haut... Le travail en groupe est essentiel. N'oubliez pas que la cellule cancéreuse n'a de pouvoir que parce qu'elle fonctionne en autarcie, pour son propre compte. Rétablir la communication, et ce n'est pas qu'une métaphore, est une clé thérapeutique. C'est ce qui explique en partie l'efficacité de la psychothérapie groupe Soutien-Expression (inventée par le Pr Yalom et Spiegel à Stanford/ USA).

Difficile les antioxydants sont utiles en prévention pendant les chimio (contrairement à ce qui est souvent dit, cf ci dessous) Le sport associé à des techniques fonctionnelles peut aider à récupérer mais souvent il reste des séquelles (ostéopathie, réflexologie plantaire...) cf l'article remarquable publié en 2007 dans "Cancer Treatment Reviews", malheureusement systématiquement oublié .... Keith Block et al, (2007) 33, 407-418 Conclusion: (traduite) sur les 845 articles compulsés, seules 19 études rencontrent les critères de qualité méthodologiues les antioxydants évalués étaient: Glutathion 7, mélatonine 4, vitamine A (2), mixtures d'antioxydants (2), vitamine C (1), Nacetylcysteine (1), vit E (1), Acide ellagic (1) toutes les études concernaientt des cancers avancés ou métastatiques "= aucune étude ne met en évidence une diminution de l'efficacité de la chimiothérapie par les antioxydants. La plupart des études indiquent qu'une supplémentation antioxydante a résulté en une augmentation de la survie du taux de réponse ou des 2 et retrouvaient de même moins de toxicité que les sujets contrôlés" important de noter que l'on s'est focalisé sur les études avec des anti oxydants non synthétiques +++ (les études avec anti oxydants synthétiques ont été exclus de l'analyse, cela faisait parti des critères d'exclusion).

www.centreressource.org à Aix-en-Provence, à 5 minutes de la gare Aix TGV ! Des personnes viennent de loin... Et pour cause : c'est le 1er centre en France d'Accompagnement Thérapeutique : accessible à tous (homme femmes enfants, quelque soit le cancer, pendant et après les traitements, quelque soit les capacités financières...) Des projets de réplication sont à l'étude mais pour cela il nous faut de l'aide (des dons).

Méconnaissance des études cf cidessous cf l'article remarquable publié en 2007 dans "Cancer Treatment Reviews", malheureusement systématiquement oublié .... Keith Block et al, (2007) 33, 407-418 Conclusion: (traduite) sur les 845 articles compulsés, seules 19 études rencontrent les critères de qualité méthodologiues les antioxydants évalués étaient : Glutathion 7, mélatonine 4, vitamine A (2), mixtures d'antioxydants (2), vitamine C (1), N acetylcysteine (1), vit E (1), Acide ellagic (1) toutes les études concernaientt des cancers avancés ou métastatiques "= aucune étude ne met en évidence une diminution de l'efficacité de la chimiothérapie par les antioxydants. La plupart des études indiquent qu'une supplémentation antioxydante a résulté en une augmentation de la survie du taux de réponse ou des 2 et retrouvaient de même moins de toxicité que les sujets contrôlés" important de noter que l'on s'est focalisé sur les études avec des anti oxydants non synthétiques +++ (les études avec anti oxydants synthétiques ont été exclus de l'analyse, cela faisait parti des critères d'exclusion).

Surveillance et prévention !

Les plus simples : activité physique, toutes les techniques de relaxation/ méditation ont montré depuis longtemps leur fort impact dans ce domaine (la PsychoNeuroEndocrinoImmunologie) également : détoxification par la médecine nutritionnelle et fonctionnelle, champignons type Shii Také…

Choisir un antidépresseur qui ne favorise pas la neutralisation du tamoxifène pas de problème pour une alimentation riche en soja mais éviter des compléments au soja sport/ relaxation/ Oméga 6 essentiels type huile onagre- bourrache sont aidants.

Déjà répondu ailleurs.

Voir un médecin qui en a la pratique.

Vérifier absence aggravation déminéralisation osseuse (densitométrie tous les 2 ans) et contrôle cholestérol annuel (risque faible mais à surveiller).

Déjà répondu sur question exemestane (molécules cousines)

Aidez moi : nom commercial de la sertraline ? Je n'ai pas le Vidal sous les yeux.

Exemestane voir votre médecin.

Traitement préventif... impossible de vérifier son efficacité si ce n'est que constater que tout va bien.

Non.

Pas de limite à donner tout est possible, ce n'est pas tabou.

Non une étude coréenne a montré qu'un régime riche en soja = moins de risque de récidive (en 2011).

 

Les réponses à vos questions du Dr Simon Schraub, cancérologue

Sans aucun problème.

On n'a pas prouvé que cette méthode était active pour traiter le cancer.

On n'a pas prouvé que ces produits étaient actifs pour traiter le cancer.

L'immunité est effectivement réduite, mais les "vaccins" homéopathiques n'ont jamais prouvé leur efficacité.

Je ne connais pas la méthode Surrender, je reste dubitatif sur les traitements qui "apportent de l'energie"...

Je pense très sincèrement que c'est la chimiothérapie qui a permis ce bon résultat chez vous. Les produits Beljanski et ceux que vous citez, n'ont pas prouvé leur efficacité pour traiter le cancer.

La réflexologie n'a pas prouvé son efficacité ni comme méthode diagnostique, ni comme méthode thérapeutique quelle que soit la pathologie.

Malheureusement il n'existe pas de médecines douces pour retarder ou enrailler l'apparition d'autres cellules. Certains ont voulu conseiller des phytoestrogènes. A mon sens, ils ne sont pas indiqués.

Je vous conseille d'en discuter avec la psychologue ou les médecins des soins complémentaires de l'institut Curie.

Malheureusement pas. Tout en sachant que l'anastrozole entraine beaucoup d'effets secondaires...

Il n'y a pas d'aliments spécifiquement contre indiqués. Il convient néanmoins de manger moins calorique et de faire de l'exercice physique adapté à son âge.

C'est pour empêcher qu'elle alimente les cellules cancéreuses. Il n'y a pas lieu de se méfier de plantes sauf du soja. Il n'est pas nécessaire de modifier son alimentation, sauf peut être de manger moins calorique. On recommande de l'exercice physique. Il n'y a pas d'ouvrage de référence. Pour plus d'information, allez sur le site de l'Inca ou celui de la Ligue Contre le Cancer.

Les tumeurs de la peau sont des carcinomes épidermoïdes, les cancers du sein sont pour 95% des carcinomes glandulaires. L'homéopathie n'est pas un traitement du cancer.

Il s'agit plus d'une action psychologique; on ne peut exclure totalement une action par le biais de médiateurs chimiques c'est à dire de produits chimiques libérés par l'acuponcture.

Il n'a pas été prouvé qu'il s'agit d'une thérapeutique que l'on peut utiliser comme traitement du cancer ou comme thérapeutiques de soutien.

Il convient d'éviter toutes brûlures ou blessures sur le membre supérieur du côté opéré. Vous pouvez trouver d'autres conseils auprès de votre cancérologue.

Sont contre-indiqués les phytoestrogènes. Allez sur le site phytooestrogènes pour connaître les plantes qui en contiennent.

Je conseillerais plutôt de la progestérone seule et si cela s’avérait inefficace, d'utiliser certains anti dépresseurs.

Cette technique pourrait avoir une action contre les nausées. Elle pourrait diminuer le stress que vous ressentez.

Je ne connais la sauge sclarée, mais cela m'étonnerait qu'elle soit dangereuse pour vous.

Je ne connais malheureusement pas de médecines douces qui puissent limiter la prise de poids qui arrive souvent après chimiothérapie notamment dans le cancer du sein. Je proposerais de l'exercice physique adapté à votre cas et une diététique appropriée.

Ces effets indésirables existent mais sont très rares. Je ne connais pas de traitements naturels pour les éviter.

Il existe probablement une interaction entre les 2 médicaments et actuellement la sertaline n'est pas indiquée chez les patientes sous tamoxifène. Je vous conseille de revoir votre médecin et/ou votre cancérologue pour en discuter.

Le problème de la baisse de salive est très difficile à combattre. Discutez avec votre cancérologue sur l'intérêt de prendre du salagène. Je n'ai pas connaissance de l'efficacité de l'acuponcture dans cette indication.

C'est exact, il y a un risque de prendre du poids, c'est pour cela que des médecins proposent des antidépresseurs.

Un adénome de la prostate ne se transforme pas obligatoirement en cancer. Il n'y a pas de traitement préventif par une médecine douce ou un régime.

Je connais bien le viscum album. On n'a pas prouvé son efficacité dans aucun cancer hélas.

On n'a pas prouvé que ces produits que je connais bien étaient actifs pour traiter le cancer.

En savoir plus

Il est impossible de ne pas aborder la problématique des médecines douces dans le traitement du cancer. Tous les médecins qui participent à la prise en charge des patients ne peuvent plus faire l'impasse sur l'importance de ces traitements pour des milliers de personnes atteintes par la maladie.

Le rôle du corps médical n'est pas de s'opposer systématiquement à ce type de thérapeutique, mais de donner des conseils afin d'aider les malades et leur éviter de sérieuses déconvenues qui pourraient avoir des conséquences dramatiques.

De nombreuses études ont été effectuées sur l'utilisation des médecines complémentaires dans le traitement du cancer. Le pourcentage de patients qui y ont recours semble être très important, variant de 30% à 60% voir 70% des malades.

De l'homéopathie à l’auriculothérapie, de la sophrologie à l’hypnose, du karaté et du yoga,… Quelques hôpitaux innovent en incluant dans leurs soins de support aux patients cancéreux des médecines dites complémentaires. Une offre qui reste cependant minime par rapport à une demande grandissante. Les patients vont également chercher ces médecines de leur côté. Combien sont-ils ? Beaucoup, révèle la première étude conduite à ce sujet. 60 % d’entre eux ont recours aux médecines complémentaires.

Les malades cherchent d’abord à minimiser les effets secondaires des traitements, à booster leur système immunitaire, et, plus globalement, sont à la recherche de bien-être. Pas d’une guérison miracle.

En adoptant d’autres remèdes en marge de leur traitement conventionnel, les patients cherchent aussi à s’approprier une maladie, ils ont envie de participer activement à leur traitement.

 

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