1. / J'ai mal…
  2. / Aux jambes
  3. / Varices

Varices : quand les veines s'emmêlent

18 millions de personnes en France sont concernées par des problèmes de circulation sanguine. Les varices, pour le plus connu d'entre eux. Il s'agit de veines déformées et visibles sous la peau, qui apparaissent surtout au niveau des jambes et des cuisses. Comment les repérer, les prévenir ou les traiter ?

Rédigé le , mis à jour le

Varices : quand les veines s'emmêlent
Varices : quand les veines s'emmêlent
Sommaire

Comment fonctionne notre circulation sanguine ?

Philippe Charlier et Michel Cymes reviennent en images sur les mécanismes de la circulation sanguine

Des jambes lourdes, douloureuses, jusqu'à des sensations de brûlures... tels sont les symptômes des varices. Une pathologie très fréquente qui concerne 30% de la population active et près de 60% des retraités. Si les femmes sont les plus concernées par les varices, les hommes aussi sont de plus en plus touchés et ils consultent souvent trop tard, au stade des complications.

La varice est une veine qui se dilate devenant ainsi de plus en plus visible, en raison d'un mauvais retour veineux. En temps normal, nos veines sont dotées d'un système anti-retour très perfectionné. Des petits clapets, appelés "valvules", s'ouvrent sous l'effet de la pression sanguine et se referment mécaniquement en cas de reflux. Un système ingénieux qui permet de défier les lois de la pesanteur mais qui n'est pas infaillible.

Quand les valvules ne fonctionnent pas bien, le sang stagne dans les veines. La veine apparaît alors bleue foncée et ressort peu à peu de la surface de la peau. À l'origine de ces problèmes, il y a plusieurs facteurs de risques : l'excès de poids, la sédentarité, la chaleur ou encore la grossesse et bien sûr l'âge, car en vieillissant, le système naturel d'anti-reflux perd de son efficacité.

Bien qu'elles ne soient pas graves en soi, les varices peuvent avoir de lourdes conséquences. Outre le préjudice esthétique, les varices peuvent être à l'origine de fortes douleurs mais aussi de complications, dont les plus connues sont l'ulcère de la jambe et la phlébite. Heureusement, la prise en charge des varices a beaucoup évolué ces dernières années. À l'aide de l'imagerie médicale, il est possible de cartographier les veines variqueuses et faire du sur-mesure en cabinet et sous anesthésie locale.

Les différents traitements anti-varices

L’avantage de la sclérothérapie est de traiter pratiquement n’importe quel type de varice, même dans le cas de grosses veines

Maladie chronique, les varices doivent être régulièrement traitées et contrôlées. C'est un phlébologue, spécialiste des veines, qui doit faire le bilan de l'état veineux. Il réalise un écho-doppler, un examen qui permet d'évaluer le fonctionnement des veines.

En fonction de l'avancée de l'insuffisance veineuse, le médecin choisit le traitement le mieux adapté : la contention veineuse peut s'effectuer grâce à des bas ou des collants qui vont exercer une pression sur les jambes pour stimuler le retour du sang.

La voie médicamenteuse est également possible : les veinotoniques sont des médicaments qui diminuent l'inflammation des veines, et qui permettent de soulager les douleurs et la gêne.

Mais il est parfois nécessaire d'avoir recours à la chirurgie. Les opérations liées aux varices sont de moins en moins traumatisante, on estime à près de 300.000 le nombre d'interventions pratiquées chaque année en France. Il existe plusieurs techniques chirurgicales : le stripping consiste à retirer la veine malade, la méthode Chiva aplatit la varice, et la cryochirurgie insère une sonde qui refroidit la varice : une fois congelée, elle peut être retirée.

La sclérothérapie a également fait ses preuves : cette technique consiste à injecter dans la varice un produit qui va rétracter et durcir la veine malade pour, finalement, la scléroser, c'est-à-dire la détruire.

La chirurgie des varices

La prise en charge des varices s'est grandement simplifiée. Autrefois, on retirait très souvent la veine principale, la saphène, ainsi que les petites veines malades collatérales grâce à la chirurgie. Désormais, on ne retire que le strict minimum, c'est-à-dire juste les petites veines malades. Non seulement, cela est plus simple mais aussi plus efficace.

Les techniques sont variées et le médecin choisit la plus appropriée. La chirurgie mini invasive est l'une des méthodes les plus répandues. Réalisée sous anesthésie locale, elle consiste à conserver les veines saines et retirer les veines malades. Les patients peuvent reprendre une vie normale dès le lendemain de l'intervention.

L'intervention est très légère et les veines retirées ne modifient en rien la circulation sanguine, tout simplement parce qu'elles n'étaient plus fonctionnelles. Mais attention, les varices sont une maladie chronique. Après une opération, le patient n'est pas à l'abri d'une récidive. Une bonne hygiène de vie et un bon suivi sont capitaux pour éviter la dégradation du réseau veineux restant : ne pas porter des vêtements trop serrés, éviter les sources de chaleur au niveau des jambes, ne pas rester trop longtemps en position debout, faire du sport...

L'ablation de la veine saphène par laser

Sous l'action du laser, la veine saphène se rétracte

Les hommes ne sont pas épargnés par les varices. Contrairement aux femmes, ils consultent tard et parfois trop tard. Le seul recours est alors la chirurgie.

Il existe plusieurs méthodes pour traiter la maladie veineuse, notamment celle réalisée au laser. Une fibre optique est introduite dans la veine du patient. Et les tirs laser détruisent les parois.

Le traitement par radiofréquence

Ablation des varices par radiofréquence

Une autre technique chirurgicale pour détruire la veine saphène sans avoir à l'extraire, est la radiofréquence ou closure. Une sonde va brûler à 120°C, tous les sept centimètres, les parois de la veine. Elle va se rétracter complètement et bloquer la circulation.

Avec le laser et la radiofréquence, la veine n'est pas retirée, elle se fibrose et six mois plus tard, elle aura totalement disparu. Ces techniques sont peu traumatisantes pour les patients avec un risque de complications faible.

La dernière technique possible, plus lourde, est l'éveinage. La veine est complètement arrachée. Par une petite incision, le chirurgien introduit un guide qui s'accroche à l'intérieur du conduit. Grâce à ce dispositif, il peut retourner la veine sur elle-même comme un gant.

L'éveinage est une opération qui est réalisée sous anesthésie générale avec un arrêt de travail de quinze jours et un traitement anticoagulant. L'éveinage est la seule des trois techniques de chirurgie remboursée par la Sécurité sociale.

Quelques conseils pour éviter les varices

Caroline a un métier à risque : elle est debout toute la journée, et pour éviter les varices, elle prend quelques précautions

Les femmes sont plus souvent touchées que les hommes. Une sur deux est concernée par les varices, alors que cette maladie ne touche qu'un homme sur dix. Elle est essentiellement d'origine génétique, il est donc souvent conseillé de réaliser un bilan familial, mais il y a plusieurs moyens d'éviter les varices.

Il existe quelques conseils simples pour prévenir l'aggravation des varices. Le principe est simple : il faut tout faire pour empêcher la dilatation les veines, qui gène le retour sanguin. Il convient donc d’éviter les vêtements et les bottes trop serrés, les talons trop hauts ou trop plats, les bains chauds, le sauna et les expositions solaires, car la chaleur est un facteur de dilatation.

Mieux vaut éviter la station assise ou debout prolongée. Si vous n’avez pas le choix, de simples mouvements de la cheville, de la plante de pied et du mollet permettent de renvoyer le sang vers le cœur.

Une activité physique régulière, comme la marche ou la natation, est indispensable et doit être associée à une alimentation saine et équilibrée.

Enfin, les bas de contention permettent de soulager les personnes qui ont un travail à risque (coiffeurs, vendeurs...) ou de passer les caps douloureux, notamment lors de la grossesse, des voyages en avion ou en voiture de plus de quatre heures.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr

Sponsorisé par Ligatus