Epaule bien coiffée, rotation assurée !

L'articulation de l'épaule est l'une des plus sollicitées du corps humain mais aussi l'une des plus indispensables pour manger, s'habiller, se coiffer et réaliser de nombreux gestes du quotidien. La magie de cette articulation repose sur la coiffe des rotateurs. Si l'épaule est lésée par un traumatisme ou même à cause de l'usure due à l'arthrose, une intervention chirurgicale peut être nécessaire.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Rédigé le , mis à jour le
kiné
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Une question de tendons

Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet présentent l'anatomie de l'épaule.
Marina Carrère d'Encausse et Benoît Thevenet présentent l'anatomie de l'épaule.

L'épaule est la zone de jonction du bras et du thorax, composée d'un ensemble d'articulations. Elle réunit trois os : l'os du bras (l'humérus), l'omoplate (qu'on appelle aussi la scapula) et la clavicule. La tête de l'humérus vient se loger dans une petite cavité ronde de l'omoplate, la glène, ce qui assure la mobilité du bras. De nombreux ligaments, muscles et tendons viennent maintenir les os de cette articulation.

Le bras est relié au thorax par la clavicule qui part de l'omoplate et s'attache au sternum. Les tendons des muscles de l'épaule convergent pour s'insérer au niveau de la tête de l'humérus et la couvrent comme une coiffe : c'est la coiffe des rotateurs.

Grâce à cette structure complexe, l'épaule est souple et très mobile : elle nous permet de faire des mouvements de grande ampleur. Mais elle est aussi très vulnérable aux traumatismes. Lors d'un choc violent (par exemple, durant la pratique de sports de contact ou lors d'une chute avec une mauvaise réception sur le membre supérieur), une fracture ou une luxation peut survenir. Les fractures peuvent toucher l'humérus, l'omoplate, la clavicule ou plusieurs de ces os à la fois. Un choc ou un mouvement violent peut aussi faire sortir l'humérus de la glène : c'est la luxation de l'épaule, c'est-à-dire le déboîtement articulaire.

La fracture comme la luxation sont des traumatismes graves qui peuvent entraîner une douleur chronique, une raideur ou une instabilité si le traitement est négligé. La plupart des fractures sont traitées par l'orthopédie (c'est-à-dire une immobilisation adéquate) ou la chirurgie. Quant aux luxations, elles nécessitent une remise en place urgente de l'articulation, suivie le plus souvent d'une immobilisation.

D'autres types de lésions comme des déchirures musculaires, des tendinites ou des lésions du cartilage sont dus à des traumatismes peu violents ou à des micro-traumatismes répétés. Ces lésions peuvent aussi nécessiter une opération.

Quand la tendinite guette

L'opération va consister à raccrocher le tendon détaché.
L'opération va consister à raccrocher le tendon détaché.

Lorsque les muscles qui permettent à l’épaule de bouger sont toujours présents mais abimés, les chirurgiens interviennent par arthroscopie pour réparer la coiffe des rotateurs.

Ces rotateurs peuvent être atteints de tendinite, une inflammation des tendons, au niveau de leurs points d'insertion. Plus rare, ils peuvent aussi se déchirer suite à un accident. Quand il n'y a pas de rupture des tendons, le traitement est médical à base d'anti-inflammatoire ou d'infiltration de corticoïdes. La kinésithérapie permettra d'équilibre les muscles, au profit des muscles qui permettent à l'épaule de s'abaisser.

Le plus souvent, la rupture de la coiffe des rotateurs se fait progressivement, avec l'âge. Les tendons dégénèrent et finissent par lâcher : la lésions peut être partielle ou cela peut aller jusqu'à une rupture de la coiffe des rotateurs. Les gestes quotidiens deviennent alors douloureux et difficiles à accomplir. Il s'agit d'un motif de consultation très fréquent vers l'âge de 55 ans. Le diagnostic est confirmé par une radiographie, une arthro-IRM, ou un arthro-scanner.

Si le sujet est jeune, le médecin peut conseiller une intervention chirurgicale, car les tendons ont alors la capacité de bien cicatriser. Le principe de l'opération est de remettre en place la coiffe des rotateurs qui s'est rétractée, et surtout, de supprimer l'origine de la douleur. Le plus souvent, c'est fait sous arthroscopie (une caméra est introduite dans l'épaule)

Chez les plus de 65 ans, l'opération est partielle. On ne remonte pas la coiffe des rotateurs : la cicatrisation des tendons à cet âge n'est plus possible. On se contente de nettoyer la zone lésée et de sectionner le tendon du biceps qui peut être à l'origine de la douleur.

Chirurgie de l'épaule : une récupération incomplète

Après l'opération, des séances de rééducation.
Après l'opération, des séances de rééducation.

Après l'intervention, le patient porte une attelle en écharpe et ne doit pas mobiliser son épaule durant au moins 4 semaines (une rééducation passive est effectuée progressivement). La rééducation dite active peut alors commencer.

Lorsqu'on subit une chirurgie de l'épaule et notamment de la coiffe des rotateurs, il faut ensuite suivre une rééducation rigoureuse pour retrouver toute sa mobilité. La kinésithérapie, la balnéothérapie et l'ergothérapie sont le tiercé gagnant qui permet de bien récupérer.

Entre 85 et 95% des malades sont satisfaits du traitement chirurgical. Néanmoins, ils ne récupèrent pas entièrement l'amplitude des mouvements.

La coiffe des rotateurs peut se rompre à nouveau, notamment après un traumatisme ou en cas de défaut de cicatrisation du tendon. Mais les lésions sont alors moins graves que la première fois et le traitement chirurgical représente encore un bénéfice.

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