Cancer du poumon : une chirurgie de haute précision

Retirer une tumeur dans un poumon est un acte chirurgical minutieux. Des technologies extrêmement précises permettent au chirurgien de retirer les cellules cancéreuses en préservant au maximum le poumon du patient.

Géraldine Zamansky
Rédigé le , mis à jour le

Quand les médecins identifient des cellules cancéreuses dans un poumon, ils programment une opération qui dépendra de la taille et de la nature de la tumeur.

Pour ce patient, une petite tumeur a été détectée dans un de ses poumons, grâce à un scanner réalisé lors d’un bilan médical. Avec l’aide d’une reconstitution en 3 dimensions des différents lobes, le chirurgien espère en préserver un grand volume, tout en retirant la totalité des cellules cancéreuses.  

Préserver la fonction respiratoire

"Ici dans le lobe supérieur, on observe la petite tumeur en vert, la marge de sécurité est la sphère jaune pâle parce qu’on ne peut pas se contenter d’enlever la tumeur, il faut enlever un peu plus de poumon… Si je fais une intervention classique c’est-à-dire l’ablation de l’ensemble du lobe supérieur, j’ampute ce patient de 19% de sa fonction respiratoire. Si j’enlève juste le segment postérieur en simulation, cela ne représente plus que 4% de sa fonction respiratoire, ce qui devient beaucoup plus acceptable", explique le Dr Dominique Gossot, chirurgien thoracique à l'Institut Mutualiste Montsouris.

Une caméra dans la cage thoracique

Pour y parvenir, le chirurgien prépare l’opération en repérant d’abord une à une les bronches, les artères et les veines qu’il devra cibler. C'est une intervention de haute précision réalisée avec l’aide d’une caméra insérée dans la cage thoracique. Elle révèle tout de suite les séquelles du tabagisme.

"On observe que c’est un poumon très pathologique, un poumon de fumeur. En noir ce sont les tâches d’anthracose et les bulles correspondent à un emphysème pulmonaire. Ce sont les conséquences de tabagisme", commente le Dr Dominique Gossot. 

Analyse et verdict des ganglions

Le chirurgien écarte d’abord les différents segments du poumon et se place à la frontière de celui qu’il souhaite retirer. Il doit commencer par une étape décisive pour le reste de l’opération.  

"Ici dans ma pince se trouvent des ganglions dont il est impossible de dire s’ils sont envahis par la tumeur. Nous allons les prélever pour les adresser au laboratoire d’anatomo-pathologie pour un examen. Si jamais le laboratoire répondait que ces ganglions sont envahis par la tumeur, il serait préférable sur le plan de la sécurité, d’enlever l’ensemble du lobe et non pas un segment", confie le Dr Dominique Gossot. 

Si les ganglions sont touchés, cela signifie que la zone qui les entoure l’est aussi.
Mais quelques minutes plus tard, les résultats de ces analyses sont rassurants. Le chirurgien peut maintenant plonger minutieusement dans les tissus du poumon. 

Faire briller la tumeur pour mieux opérer

Le chirurgien coupe alors la bronche et l'artère du segment à retirer. Pour bien visualiser la partie à retirer qui n’est plus irriguée, il utilise un procédé étonnant. 

"On injecte un produit dans le sang : le vert d’indocyanine et on le stimule par un laser. Tous les tissus qui sont vascularisés vont apparaître en vert et les tissus non vascularisés, ceux qu’il faut enlever, vont rester dans leur couleur naturelle", explique le Dr Dominique Gossot. 

Comme la couleur est vite éliminée dans la circulation sanguine, le chirurgien délimite tout de suite la frontière entre les deux zones par des sortes de pointillés avec un instrument de coagulation. 

C’est la clé d’une découpe au plus près de la partie à retirer en laissant le maximum de poumon. Une fois isolé, le segment qui contient la tumeur est placé dans un petit sac chirurgical pour être extrait de la cavité thoracique.  

Des chirurgies peu traumatisantes

Cela représente 1/3 du lobe supérieur. Le fait de préserver du poumon et la fonction respiratoire chez ce patient est évidemment très bénéfique. Cette technique opératoire qui évite une grande cicatrice, facilite aussi la récupération respiratoire du patient. Il devrait pouvoir rentrer chez lui dans deux ou trois jours. 

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