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Lauriane Lamperim, une championne résiliente

Lauriane Lamperim est l'une des championnes françaises de tumbling, une gymnastique acrobatique très spectaculaire. Une grave chute en 2013 l’éloigne de la compétition. À force de travail et de rigueur, elle relance sa carrière de sportive et poursuit dans une toute autre discipline.  

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Lauriane Lamperim, une championne résiliente

Vrilles, saltos, sauts-périlleux enchainés sur des dizaines de mètres, le tumbling est une démonstration de gymnastique impressionnante. Lauriane Lamperim le pratique à haut niveau depuis son enfance et y a consacré 15 ans de sa vie. Elle sait que l’accident peut arriver à tout moment, malgré tout, cela n'entame pas sa quête de médailles.

Les entrainements se poursuivent à un rythme effréné, peut-être trop. Elle enchaine les compétitions nationales puis internationales. En 2013, c'est la sélection aux championnats du monde, Lauriane se présente sur la piste mais ce jour-là, elle n’est pas concentrée à 100%. 

"Je suis arrivée à cette sélection très très fatiguée et en fait, explique t-elle, je me suis perdue en l’air alors que c’était une figure que je connaissais en plus. Je pensais arriver sur les pieds et je suis tombée sur la tête. J'avais une douleur atroce, j’avais plus qu’un filet d’air pour respirer et là je savais que c’était assez grave. Que je ne pouvais pas me relever et quand je ne me relève pas c’est souvent mauvais signe". 

Ce jour-là sa famille n’est pas présente. Son équipe filme sa prise en charge. De la morphine lui est administrée. Mais les médecins ne décèlent qu’une contracture. 

On lui dit de rentrer, que la douleur passera

"Quand ils ont essayé de me lever en fait, raconte t-elle, je suis tombée dans les pommes. Ils ont fait le lendemain une IRM et un scanner et là ils ont vu qu’il y avait finalement une fracture vertébrale et un arrachement des ligaments autour de la vertèbre instable qui pouvait venir compresser la moelle. Je pouvais encore perdre mes jambes. Le fait de me relever comme ça, ce n’était vraiment pas ce qu’il fallait faire..." 

Avec une vertèbre instable, elle risquait la paraplégie... 3 jours après l’accident, Lauriane est opérée à la Pitié-Salpêtrière. Le chirurgien prélève un greffon d’os de son bassin pour souder sa vertèbre instable à une autre. 3 vis permettent à la greffe de prendre. Elles seront retirées quelques mois plus tard. 
7 ans après, le souvenir de cette période est encore très présent. 

Maman de Lauriane : "Au début, il fallait le fauteuil qui se lève tout seul parce qu’elle n'arrivait même pas à se lever toute seule. Donc ça a été une longue rééducation, on a vu au jour le jour comment on pouvait avancer". 

Il lui avait été annoncé un an et demi d’arrêt du sport mais grâce à sa détermination sans faille, Lauriane reprend l'activité physique au bout d’un an seulement. Sa motivation paie, les années suivantes, elle remporte 3 médailles internationales en équipe de France.  

Une discipline de fer depuis son accident

"Le renforcement musculaire est très important. Dès que j’en fais plus, je sens que je recommence à avoir des douleurs, confie Lauriane. Il faut que tout soit bien musclé pour pouvoir bien tenir et protéger en quelque sorte. J’ai besoin de me sentir bien et de profiter de la vie parce qu’on en a qu’une". 

Profiter, c’est passer par un changement de vie pour Lauriane. Elle a laissé derrière elle le tumbling en 2018 pour repartir à zéro dans une nouvelle discipline : le surf. Une fabuleuse renaissance pour cette athlète.

Grâce à son coach, elle progresse rapidement. 

Nicolas Fernandez, instructeur de surf : "Elle n'était pas du tout milieu aquatique, ce n’était pas une nageuse, rien à voir. Quand elle voyait les vagues creuser, elle en avait peur. Aujourd’hui, elle est capable de rentrer dans des vagues d’1m50, 2 mètres. Peut-être avec un peu d’appréhension sachant le passé qu’elle a eu, la blessure qu’elle a eue et par où elle est passée... Je suis fière d’elle". 

Si aujourd’hui, elle profite pleinement de l’océan loin du stress du haut-niveau, elle a encore soif de podiums. Lauriane prévoit de s’inscrire bientôt à ses premières compétitions de surf. 

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