Bulletin de santé du 1er septembre 2011

Une overdose de gènes responsable de la maigreur pathologique, un prolongement de la réanimation cardio-pulmonaire sans effet, l'immunothérapie comme nouveau traitement de l'AVC, l'insomnie touche les travailleurs américains, des cas de narcolepsie liés au vaccin contre la grippe A, les tournages des films pornos suspendus aux USA... C'est l'information médicale du jour.

La rédaction d'AlloDocteurs
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Le Cardioxane® contre-indiqué chez les enfants cancéreux

Un médicament utilisé en cancérologie, le Cardioxane® des laboratoires Novartis, est désormais contre-indiqué chez les enfants et les adolescents en raison d'un risque accru de cancers secondaires à ce traitement, selon l'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps).

L'utilisation de Cardioxane® est maintenant réservée aux patients adultes atteints d'un cancer du sein avancé et/ou métastatique.

Source : AFP, Afssaps

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Une "overdose" de gènes responsable de la maigreur

Des chercheurs viennent pour la première fois de mettre en évidence une cause génétique à la maigreur pathologique, associée à un risque de mortalité élevée.

Ces travaux qui pointent le rôle d'un excès de gènes chez des personnes en sous-poids ayant du mal à s'alimenter, sont publiés mercredi 31 août par la revue scientifique britannique Nature.

L'étude qui a porté sur 100 000 personnes, a été dirigée par le Pr. Philippe Froguel (Imperial College de Londres et Institut Pasteur de Lille) et l'équipe suisse de Jacques Beckmann (Université de Lausanne).

Un fragment du chromosome 16 est connu pour être parfois sujet à des fluctuations du nombre de copies de ses gènes. La grande majorité des gens possède 2 exemplaires de chaque gène de cette partie du chromosome. L'une est transmise par la mère, l'autre par le père. Mais environ une personne sur 2 500 n'en a qu'une seule copie (sous-dosage) et une sur 2 000 est dotée de 3 copies (surdose de gènes).

L'équipe franco-anglo-suisse avait découvert en 2010 que la présence d'un trou (une seule copie) dans ce fragment du chromosome 16 pouvait expliquer 1 % des obésités sévères.

L'étude démontre à présent que les personnes porteuses d'un excès de matériel génétique (duplication), possédant donc 3 copies de cette partie du chromosome 16 présentent une maigreur importante voire extrême. Elles ont jusqu'à 20 fois plus de risque d'être en sous-poids que la population générale.

Ces gènes en excès, au nombre de 28, sont probablement des "gènes de l'appétit", souligne le Pr. Froguel.

Les chercheurs ont identifié 138 porteurs de l'anomalie sur les 100 000 personnes étudiées. "Dans un tiers des cas, cette mutation était absente chez les parents et dans les deux tiers restants elle était héréditaire", note le Pr. Froguel.

L'excès ou la carence de certains gènes sur un même fragment de chromosome conduit à des conséquences pathologiques inverses, le sous-poids ou l'obésité. Reste à éclaircir les mécanismes en jeu.

Source : AFP

 

Prolonger la réanimation cardio-pulmonaire : pas de différence de survie

Prolonger la réanimation cardio-pulmonaire par les personnels de secours pour les victimes d'une crise cardiaque ne fait aucune différence pour la survie d'un patient, selon une vaste étude dont les résultats sont publiés mercredi 31 août 2011 dans le New England Journal of Medicine (NEJM).

Cet essai clinique, le plus étendu jamais mené sur le sujet, permet de trancher la controverse mondiale sur le meilleur traitement d'un arrêt cardiaque soudain qui frappe plus de 350 000 personnes par an aux Etats-Unis et au Canada et dont moins de 10 % survivent.

Une réanimation cardio-pulmonaire rapide après une crise cardiaque peut accroître la circulation du sang dans le cerveau et maintenir la personne en vie pendant un court moment, expliquent les médecins. Mais pour un grand nombre de patients, le coeur peut seulement être redémarré avec un défibrillateur qui provoque un choc électrique.

Traditionnellement, les pompiers et autres personnels d'urgence s'efforçaient d'analyser le rythme cardiaque du patient dès que possible, procédant à une brève réanimation cardio-pulmonaire le temps de préparer un défibrillateur. Mais plusieurs études menées récemment ont laissé penser qu'il serait peut-être préférable de prolonger la réanimation cardio-pulmonaire jusqu'à 3 minutes avant d'analyser le rythme cardiaque.

Les recommandations cliniques en matière de procédures médicales d'urgence en cas d'arrêt cardiaque ne sont pas claires quant à la meilleure approche à suivre. Ainsi les pratiques de réanimation varient dans le monde.

Cette dernière étude a été menée avec des pompiers et d'autres personnels d'urgence médicale sur l'ensemble du Canada et des Etats-Unis. Les uns ayant pratiqué la réanimation cardio-pulmonaire pendant 30 à 60 secondes et les autres durant 3 minutes. La première analyse des résultats portant sur 9 933 patients au total ne montre aucune différence puisque 5,9 % ont survécu dans les 2 groupes respectivement après un séjour hospitalier.

Source : AFP

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L'immunothérapie comme traitement de l'AVC ?

Une équipe de chercheurs de l' Inserm dirigée par Denis Vivien, a peut-être découvert une nouvelle stratégie thérapeutique permettant d'améliorer la prise en charge des accidents vasculaires cérébraux.

Des tests effectués sur un modèle animal ont montré qu'une administration unique d'anticorps diminuait les lésions cérébrales ischémiques post-AVC et permettait une récupération stage à long terme. Publiés dans la revue Stroke, les travaux ont fait l'objet d'un dépôt de brevet.

Un ensemble complet de données précliniques a démontré l'efficacité de cette stratégie basée sur l'immunothérapie, qu'elle soit utilisée seule ou combinée à l'administration intraveineuse de l'activateur tissulaire du plasminogène. Les lésions cérébrales ischémiques diminuent considérablement avec l'administration unique des anticorps.

L'immunothérapie permettrait alors une récupération fonctionnelle stable à long terme, qu'elle soit effectuée dans ou en dehors de la fenêtre thérapeutique. Le nombre de patients pouvant être traités à l’hôpital serait alors augmenté.

Un essai clinique chez l'homme est prévu prochainement.

Source : Inserm

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Les travailleurs américains victimes d'insomnie

L'insomnie affecte 23 % des Américains qui travaillent et coûte plus de 63 milliards de dollars par an en perte de productivité, selon une étude publiée jeudi 1er septembre. Les femmes sont davantage touchées que les hommes.

Ces résultats ont été tirés d'un échantillon national de 7 428 salariés qui font partie d'une étude plus étendue sur l'insomnie chez les Américains également menée par le Dr Kessler, épidémiologiste psychiatrique à la faculté de médecine de l'Université Harvard, et financée par la firme pharmaceutique française Sanofi-Aventis.

Les participants ont été interrogés notamment sur leurs habitudes de sommeil et leurs performances au travail.

Les auteurs de cette recherche ont également constaté que le manque chronique de sommeil était nettement plus bas (14,3 %) parmi les salariés âgés de 65 ans et plus.

Selon le Dr Kessler, une telle estimation des coûts de l'insomnie sur le lieu de travail devrait justifier la mise en place de programmes de détection et de traitement pour les salariés qui en souffrent. Dans la mesure où le manque de sommeil chronique n'est pas considéré comme une maladie qui entraîne un absentéisme au travail, les employeurs ont tendance à ignorer ses conséquences.

Le coût moyen du traitement de l'insomnie va de 200 dollars par an pour des somnifères génériques à 1 200 dollars pour d'autres thérapies, selon le Dr James Walsh, directeur général du Centre de recherche et de médecine du sommeil à l'hôpital St. Luke de Chesterfield dans le Missouri (centre).

Source : AFP

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Des cas de narcolepsie liés au vaccin contre la grippe A (H1N1)

Des chercheurs finlandais ont confirmé un lien entre le vaccin Pandemrix® contre le virus de la grippe A (H1N1) et l'accroissement de cas de narcolepsie chez les enfants.

"Les groupes de travail nationaux sur la narcolepsie confirment (...) que le vaccin Pandemrix® distribué au cours de l'hiver 2009-2010 était bien un facteur de l'accroissement des cas de narcolepsie dans la population des 4-19 ans", annonce l'Institut finlandais de la santé et du bien-être (THL) dans un communiqué.

Dans cette classe d'âge, les patients à qui l'on a injecté le Pandemrix® étaient 12,7 fois plus enclins à la narcolepsie que ceux qui n'ont pas reçu l'injection, souligne l'étude selon laquelle toutefois les sujets ayant développé la narcolepsie avaient des prédispositions génétiques.

Les chercheurs finlandais ont en outre relevé que le Pandemrix® n'avait pas provoqué de narcolepsie chez les enfants en-dessous de 4 ans ni chez les jeunes au-delà de 19 ans. En Finlande, 79 enfants âgés de 4 à 9 ans ont souffert de narcolepsie à la suite du vaccin contre la grippe A (H1N1), soit un taux de 6 sur 100 000.

L'étude publiée jeudi 1er septembre confirme une première annonce des chercheurs finlandais en janvier 2011 sur le lien entre le Pandemrix et la narcolepsie.

La pandémie de 2009-2010 a causé 44 morts en Finlande et le THL s'accorde avec l'Agence européenne des médicaments pour dire que malgré des cas "très malencontreux" de narcolepsie, le Pandemrix® fait plus de bien que de mal.

Source : AFP

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Le Tchad touché par une épidémie de choléra

Plus de 300 personnes sont mortes du choléra au Tchad lors d'une épidémie qui pourrait être la plus grave depuis 1971, selon l'Agence d'aide à la coopération technique et au développement (Acted).

Dans un communiqué publié jeudi 1er septembre, l'ONG française précise qu'à ce jour "le ministère tchadien de la Santé dénombre 11 337 cas de choléra et 349 décès depuis le début de l'année 2011".

Pour tenter de prévenir la diffusion de l'épidémie, les équipes d'Acted s'organisent pour proposer des opérations de lutte contre le choléra pour 80 000 personnes dans 32 localités dans l'Est du Tchad, dans des zones d'intervention encore peu couvertes par les acteurs humanitaires.

Pour tenter de prévenir la diffusion de l'épidémie, Acted s'organise pour proposer des opérations de lutte contre le choléra et se mobilise avec les autres acteurs sanitaires afin d'assurer aux populations à risque, un accès à l'eau potable, à des infrastructures sanitaires et à l'hygiène avec des distributions de kits d'hygiène et de première nécessité pour prévenir une crise plus grave.

Source : AFP

 

Etats-Unis : les tournages de films pornos suspendus à cause d'un cas de VIH

Les maisons de production de films pornos de Los Angeles ont décidé de suspendre tous leurs tournages après avoir pris connaissance d'informations selon lesquelles un acteur aurait été testé positif au VIH.

Le syndicat Free Speech Coalition a indiqué qu'il avait pris connaissance d'un risque de transmission du VIH et appelé "dans le doute", à une suspension des tournages "pour éviter tout risque pour les acteurs".

En 2010, au moins 4 sociétés de production de films pornographiques de Los Angeles avaient décidé de suspendre leurs tournages pendant quelques semaines après la découverte de la séropositivité d'un acteur qui avait semé la panique sur les plateaux.

En 2004, les autorités californiennes de la santé avaient proposé des mesures pour contrôler l'industrie du porno, parmi lesquelles l'usage obligatoire du préservatif pendant les tournages, après la découverte de plusieurs cas de séropositivité. La nouvelle avait déclenché un vent de panique dans l'industrie qui avait interrompu les tournages pendant 60 jours pour permettre à des dizaines d'acteurs de se faire dépister.

Source : AFP

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