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Etiquetage nutritionnel : le code couleur réserve des surprises

Biscuits, yaourts, pain ou couscous, quelles différences nutritionnelles entre tous ces produits du quotidien ? Pour en finir avec le casse-tête des étiquettes indéchiffrables, un système de pastilles de couleurs, allant du vert au rouge, est proposé. Evalué par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir, ces macarons colorés font leurs preuves et permettent de rompre bien des idées reçues.

Rédigé le , mis à jour le

Entretien avec Olivier Andrault, chargé de mission alimentation et nutrition UFC Que Choisir

Le cassoulet est-il au même niveau nutritionnel que la compote ? Oui, si l'on se fie au nouvel étiquetage nutritionnel des aliments du quotidien, validé par l'association de consommateurs UFC-Que Choisir le 24 février 2015. Ces pastilles colorées sont réparties en cinq couleurs : du vert au rouge, du plus au moins équilibré.

Qu'est ce qu'un repas équilibré ?

Un repas équilibré doit intégrer tous les nutriments essentiels : glucides, protéines et lipides, mais dans les bonnes proportions ! "Dans l'idéal, si on n'a pas de problème de surpoids, il faut la moitié de féculents dans tous les repas. Il faut à peu près 30% de lipides et 10 à 15% de protéines (pourcentage en apport calorique). Il faut varier son alimentation et trouver un équilibre : une moitié de sucres lents, de féculents, et une moitié de légumes verts et de protéines", explique Dr Brigitte Danchin, nutritionniste, dans "Le Magazine de la Santé". Un produit laitier ou un fruit peuvent finir le repas.

Le système prend en compte les principaux critères de qualité nutritionnelle comme le nombre de calories, le taux de sucre, de protéines, d'acide gras saturés, de sel ou encore la proportion de fruits et légumes. Ces informations sont ensuite transformées en couleurs faciles à comprendre et à identifier. Et les résultats sont "plus que probants" selon l'association, qui définit cette étiquetage comme un "antidote fiable, simple et efficace contre le marketing alimentaire".

Pastilles de couleurs indiquant la qualité des aliments (Source : UFC-Que Choisir, 2015)

Le but de ces pastilles est d'en finir avec le décryptage impossible des étiquettes alimentaires. Les recommandations officielles conseillant de ne pas manger "trop gras, trop sucré, trop salé" sont difficilement applicables face à des listes de nutriments qui peuvent contenir pas moins de 70 informations chiffrées... Selon UFC-Que Choisir, les tableaux d'informations actuels restent inutilisables pour 82% des consommateurs. La composition d'un repas équilibré pourrait donc être facilitée par cet étiquetage, et permettre ainsi de lutter contre les conséquences sanitaires d'une mauvaise alimentation. "Il est crucial d'avancer sur une meilleure information des consommateurs quant à la qualité nutritionnelle des produits alimentaires" précise t-elle.

Les couleurs vont à l'encontre des idées reçues

Pour évaluer l'efficacité de ce système, l'association l'a testé sur 300 produits du quotidien. Et les observations cassent bien des idées reçues sur l'alimentation. Les plats préparés, avec une mauvaise réputation, passent finalement souvent au vert. "Près de la moitié des plats préparés tels que le cassoulet ou le couscous garni reçoivent un macaron vert. A l'inverse les friands à la viande sont en rouge" précise l'association. Ainsi, près des trois quarts de ces préparations sont marqués en vert ou jaune.

L'UFC-Que Choisir note aussi les grandes différences de qualité entre des produits de même type. Les céréales du petit-déjeuner ou la charcuterie sont par exemple répartis en quatre couleurs différentes. Ainsi, les flocons d'avoine portent un macaron vert, alors que les céréales pour enfants sont en rose. A l'inverse certaines catégories de produits restent homogènes. C'est le cas notamment des gâteaux et des viennoiseries, qui demeurent majoritairement dans le rouge, quel que soit la marque, du fait de leur forte teneur en matière grasse saturée et en sucre rapide.

Les arguments marketing mis de côté

Les allégations santé ou minceurs sont également décrédibilisées. Les produits étiquetés "0% de matière grasse", "moins salé" sont finalement identiques aux produits standards... Les yaourts allégés, par exemple, sont marqués de jaune comme la majorité des autres yaourts, qui sont par composition faibles en matières grasses. Les yaourts allégés en gras sont par ailleurs souvent plus sucrés. La balance entre sucres et matières grasses s'équilibre donc entre ces deux produits. C'est également le cas pour les céréales "minceurs", au même niveau que les céréales chocolatés pour enfant, en orange. Les pastilles de couleurs permettent donc au consommateur de s'y retrouver entre marketing et réel intérêt qualitatif.

Si les couleurs sont significatives, l'association précise qu'il n'est pas non plus indispensable de bannir tous les aliments dans le rouge. Elle propose donc d'apposer à ces macarons une mention "à consommer occasionnellement, modérément ou fréquemment". Le devenir des pastilles de couleurs devra être validé à l'Assemblée, avant d'être intégrées dans le projet de loi santé, débattu en avril.

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