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Étiquetage nutritionnel : des anomalies dans la campagne d'évaluation

Actuellement conduite dans quarante supermarchés français, une évaluation de l'efficacité de différents types d'étiquetage nutritionnels est vivement critiquée par des chercheurs de l’Inserm, après l'observation de plusieurs "anomalies" dans cinq magasins.

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Étiquetage nutritionnel : des anomalies dans la campagne d'évaluation
Étiquetage nutritionnel : des anomalies dans la campagne d'évaluation

Après avoir visité plusieurs supermarchés participant au dispositif d'évaluation des étiquetages nutritionnels (voir encadré), une équipe de recherche de l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale) publie ce 21 octobre un rapport faisant état "d'anomalies" dans la conduite du test.

À la demande des industriels, le ministère de la Santé, a initié un test comparatif entre quatre systèmes : le "Nutri-score" (pour cinq couleurs) défendu par le HSCP, le "Nutri-repère" (conçu par l'industrie agro-alimentaire), un système proposé par la grande distribution ("SENS"), et un code à trois couleurs (en vigueur au Royaume-Uni).

Démarrée le 26 septembre, l'expérience inclut au total 60 magasins : 40 où sont effectivement testés quatre systèmes concurrents d'étiquetage nutritionnel simplifié, 20 autres servant à comparer les achats des consommateurs.

La composition du comité de pilotage du projet fait l'objet de nombreuses critiques.

Quelle que soit l'issue de l'évaluation, l'utilisation d'un logo par les industriels et les distributeurs par les autorités sanitaires ne se fera que sur la base du volontariat. 

Selon leur analyse, la proportion des produits étiquetés est très inférieure aux chiffres annoncés, ce qui limiterait fortement la perspective d'obtenir des résultats significatifs. D'après le Dr Chantal Julia, membre de l'équipe de recherche, "seulement un peu plus de la moitié des aliments des rayons frais et pain-viennoiseries ainsi qu'un quart du rayon plats préparés étaient étiquetés". Les chiffres officiellement annoncés étaient "de 76% pour le rayon pain-viennoiseries, de 76% pour le rayon frais et 63% pour les conserves", rappelle-t-elle.

De son côté, la revue spécialisée Linéaire, après avoir visité deux magasins, évoque des résultats "décevants" et de "fortes disparités" d'un supermarché à l'autre.

Des observations contestées par les coordinateurs de l'évaluation

Ayant eu vent de la publication de nouvelles critiques, le Fonds français pour l'alimentation et la santé (FFAS, organisme généreusement financé par les industriels du secteur, qui participe à la coordination de l'évaluation), a fait part de son "indignation" à propos de ces "enquêtes sauvages conduites clandestinement dans les magasins où se déroule l'expérimentation" et les qualifie d'enquêtes "partiales et partielles". 

Le FFAS ajoute que les premiers audits indépendants, réalisés le 20 octobre dans 35 magasins, ont montré que "les conditions de déroulement de l'expérimentation sont satisfaisantes dans 26 magasins et acceptables dans 7 magasins. Seuls 2 magasins n'ont pas atteint le niveau requis et des actions correctives ont été immédiatement engagées". Il sera décidé ensuite, "en fonction des non-conformités relevées et en accord avec le Comité scientifique, si ces deux magasins doivent ou non être maintenus dans l'expérience", précise le Fonds dans un communiqué.

avec AFP