1. / Alimentation

Comment le confinement a changé nos habitudes alimentaires

Selon l'étude Nutrinet, près de 40% des Français ont adopté de mauvaises habitudes alimentaires pendant le confinement.

Rédigé le

Comment le confinement a changé nos habitudes alimentaires
Crédits Photo : © Pixabay / StockSnap

L’étude Nutrinet a dégagé trois profils de consommateurs pendant le confinement. Selon Mélanie Deschasaux, première auteure de l’étude, 37,4% des sujets de l’étude ont adopté un comportement plus défavorable qu’auparavant pour leur santé.

« Chez ces personnes, on a observé une prise de poids de deux kilos pour 35% d’entre eux, une augmentation du temps sédentaire pour 63% et de l’apport énergétique pour 23%, du grignotage pour 21%, de l’alcool, et une diminution des produits frais », explique Mélanie Deschasaux.

A lire aussi : Alimentation et émotions : quand la nourriture devient réconfort

Des femmes en télétravail avec enfants

Pour la plupart, les participants qui présentaient ce profil étaient des femmes de moins de 50 ans, avec un plus haut niveau d’anxiété et de symptômes dépressifs, avec un plus haut niveau d’éducation mais de plus faibles revenus, en télétravail avec des enfants à la maison. Ces personnes avaient une plus forte proportion d’aliments ultra-transformés dans leur alimentation avant le confinement.

Selon les chercheurs, la fermeture des salles de sport a empêché ces personnes de faire de l’exercice, la possibilité d’aller manger au restaurant ou sur le lieu de travail a aussi été très réduite, tout comme l’accès aux lieux d’approvisionnement alimentaires habituels.

A lire aussi : Comment perdre les kilos pris pendant le confinement ?

Aucune modification pour 42% des participants

Un autre groupe (42% des participants) n'a pas changé de comportement alimentaire, le plus souvent des personnes âgées de plus de 50 ans, ayant continué à travailler en dehors de leur domicile ou déjà sans emploi avant le confinement.

Enfin, les chercheurs ont dégagé un profil plus favorable qu’auparavant pour 19,8% des personnes étudiées. « On a observé une baisse de poids pour 23% des participants, une augmentation de l’activité physique pour 19%, une alimentation rééquilibrée pour 14%, des évolutions conscientes pour compenser le manque de déplacements pour 17%… »

Qui a amélioré ses habitudes ?

Les personnes concernées par ce profil sont majoritairement âgés de moins de 50 ans, en surpoids ou obèses, avec un plus faible niveau de symptômes dépressifs et des revenus plus élevés que le profil précédent, et sans enfants à la maison.

Ceux qui ont entrepris ces modifications avaient davantage de moyens et de marge de progrès au niveau nutritionnel, selon les chercheurs. Ils peuvent aussi être préoccupés par leur santé face au Covid-19, notamment les personnes en surpoids ou obèses.

Une étude sur 37 000 personnes

L’étude Nutrinet est une cohorte mise en place en 2009, coordonnée par une équipe « d’épidémiologie nutritionnelle », explique la Pr Deschasaux. Elle a pour objectif d’étudier les liens entre nutrition et santé, ainsi que les comportements alimentaires et l’activité physique.

C’est à cette cohorte que les chercheurs ont soumis un questionnaire ponctuel au début du confinement, en plus de la recherche habituelle. 

Détecter les leviers d'amélioration

Pour éviter de constituer de mauvaises habitudes, Mélanie Deschasaux recommande d’identifier ce qui les a constituées : « Il faudrait retrouver des habitudes alimentaires normales, voire améliorées. Recommencer à consommer du poisson, des fruits, des légumes, des produits frais. »

A l’inverse, « On espère que les personnes qui ont pris de meilleures habitudes vont continuer. Il faut identifier les leviers qui sont liés à ces améliorations pour les inscrire sur le long terme », explique la chercheuse. Par exemple, on peut avoir eu recours à l'approvisionnement local par manque de choix, mais il peut aussi faire l’objet d’une découverte.

A lire aussi : Dépression : quand la nourriture devient réconfort

« On espère un retour à la normale »

La chercheuse explique qu’il faudrait revenir aux comportements pré-confinement, notamment pour les profils néfastes pour leur santé. « Mais ça va dépendre des situations personnelles, des environnements de vie, des possibilités d’approvisionnement … » 

Au sujet des personnes dont les habitudes se sont améliorées, elle espère que cela se maintiendra malgré la fin du confinement. Le confinement peut avoir appris à certains qu'une meilleure alimentation était possible.

Voir aussi sur Allodocteurs.fr