Prostate : plus de cancers métastasés sans test PSA

Une étude démontre qu'avec l’arrêt du dosage systématique du PSA, l’incidence des cancers de la prostate diagnostiqués à un stade avancé serait multipliée par 3. C’est contraire aux dernière recommandations françaises et américaines.

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Prostate : plus de cancers métastasés sans test PSA
Prostate : plus de cancers métastasés sans test PSA

L’étude de l’université de Rochester, publiée en ligne le 30 juillet dans la revue Cancer de l’American Cancer Society, devrait relancer la polémique sur le dosage du taux de PSA.

Le PSA est un antigène spécifique de la prostate dont le taux dans le sang augmente en cas de cancer, mais qui peut aussi augmenter pour d’autres raisons.

En France, la Haute Autorité de Santé préconisait en avril 2012 de ne plus pratiquer ce dosage de manière systématique chez tous les hommes de plus de 50 ans. Embrayant ainsi le pas sur les Etats-Unis, après les recommandations d’un comité d’expert qui soulignait l’absence de bénéfice significatif de ce test s’il était pratiqué en routine.

Surdiagnostics, faux positifs, examens et traitements agressifs, et complications grave comme l’incontinence et les troubles sexuels… Alors que certains cancers de la prostate n’évoluent pas et ne provoquent pas de surmortalité, les arguments allant à l’encontre du dépistage systématique semblaient probants.

Pourtant, les chercheurs arrivent à des conclusions inverses en comparant les dossiers de patients américains à deux périodes : avant la mise en place du dosage systématique, entre 1983 et 1985, et après, entre 2006 et 2008, à partir du registre des cancers américain, le Surveillance, Epidemiology, and End Results (SEER).

Les chercheurs montrent qu'environ 8.000 cas de cancer de la prostate avancés s'étaient déjà propagés dans d’autres parties du corps au moment du diagnostic en 2008. Par modèle mathématique, basé sur les taux d’incidence, ils montrent que sans dépistage systématique, ce nombre atteindrait 25.000 nouveaux cas chaque année, soit 3 fois plus que le nombre effectivement observé.

Des résultats inquiétant pour les hommes de plus de 50 ans, qui vont avoir du mal à faire le tri entre des recommandations parfaitement contradictoires.

 Source : "Prostate-specific antigen screening for prostate cancer and the risk of overt metastatic disease at presentation. Analysis of trends over time", Cancer, le 30 juillet 2012. DOI: 10.1002/cncr.27503

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