Pollution de l'air : risque de cancer du poumon même sous les seuils autorisés

Les personnes exposées aux particules fines ont des risques, à long terme, de développer un cancer du poumon, même quand les seuils de pollution autorisés par l'Union européenne ne sont pas dépassés. C'est le résultat d'une étude publiée ce mercredi dans la revue médicale The Lancet.

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Pollution de l'air : risque de cancer du poumon même sous les seuils autorisés
Pollution de l'air : risque de cancer du poumon même sous les seuils autorisés

L'étude a repris 17 publications européennes et rassemblé une cohorte impressionnante de 313.000 personnes. Le but des chercheurs européens : évaluer les risques d'une exposition de longue durée à la pollution aux particules.

De la taille d'une cellule 

L'équipe a pris en compte les particules dites respirables, avec un diamètre inférieur à 10 micromètres : les PM10. Ces particules ne sont pas plus grandes qu'une cellule humaine et peuvent aisément entrer dans les poumons. Cette pollution est principalement générée par le trafic automobile, le chauffage domestique, l'agriculture et les industries.

Les chercheurs ont démontré qu'une hausse de la pollution de 10 microgrammes par m³ d'air, augmente le risque de cancer du poumon de 22%. À titre de comparaison , "sur la station la plus forte de l'agglomération parisienne, en bordure de l'autoroute A1, les capteurs d'Airparif ont mesuré des concentrations de 32 microgrammes par m³ en 2012", assure Arthur De Pas, ingénieur à Airparif.

Des risques à faible exposition

Plus inquiétant, les chercheurs révèlent que le risque de cancer du poumon subsiste même à des concentrations inférieures aux normes européennes, de 40 microgrammes par m³ pour les PM10 dans l'année. 

"Cette valeur limite est dépassée de manière chronique à proximité des axes importants dans la région parisienne", affirme Arthur de Pas, "cette étude se base sur une valeur limite annuelle fixée par l'Union européenne. Pour nous, la valeur limite la plus contraignante est une valeur journalière de 50 microgrammes par m³ à ne pas dépasser 35 jours dans l'année".

Les chercheurs de l'étude européenne affirment qu'ils n'ont trouvé aucun seuil de pollution aux particules fines en dessous duquel il n'y ait aucun risque.

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