La Corée du Sud réclame 37,3 millions d'euros aux cigarettiers

Pour préserver le système de santé sud-coréen, le service public d'assurance santé réclame la somme de 37,3 millions d'euros de dommages et intérêts pour les coûts liés aux maladies causées par le tabac. 

La rédaction d'Allo Docteurs
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La Corée du Sud réclame 37,3 millions d'euros aux cigarettiers

L'assurance maladie sud-coréenne s'attaque au marché de la cigarette. Le service national d'assurance santé a, en effet, déposé une plainte devant le tribunal de district de Séoul contre les fabricants de cigarettes Phillip Morris, British American Tobacco (BAT) et KT&G. Il leur réclame la somme de 37,3 millions d'euros de dommages et intérêts pour les coûts liés aux maladies causées par le tabac. L'assureur indique qu'il poursuivra "cette plainte avec une détermination vigoureuse, pour l'avenir de notre pays et la durabilité de notre système d'assurance de santé".

Ce montant a été calculé à partir des dépenses que l'agence gouvernementale sud-coréenne engage auprès de patients ayant fumé plus de trente ans et diagnostiqués avec un des trois cancers les plus communément causés par le tabac (deux types de cancer du poumon, un type de cancer de la gorge). L'assureur public réclame ainsi 53,7 milliards de wons (37,3 millions d'euros).

Une législation anti-tabac sud-coréenne au ralenti

Il y a quelques jours, la Cour suprême de Corée du Sud avait rejeté une plainte contre KT&G déposée par 30 patients atteints d'un cancer du poumon.

Selon la Cour, il est "difficile" de prouver une relation de cause à effet entre le fait de fumer et le cancer des poumons en se basant uniquement sur le fait que certains fumeurs développent cette maladie. Or, selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), près de 70% du poids du cancer pulmonaire peuvent être attribués au seul fait de fumer.

Après des décennies d'indifférence, le gouvernement a pris des mesures pour réduire le nombre des fumeurs, avec par exemple la mise en place de l'interdiction totale de fumer dans les lieux publics en juillet 2013. A Séoul, il était déjà interdit de fumer sur les places, dans les parcs, près des arrêts d'autobus et des écoles, sous peine d'avoir à payer une amande d'environ 67 euros. En 2012, les grandes entreprises du pays ont mis en place des mesures anti-tabac très sévères pour encourager les salariés à arrêter de fumer.

En France, la loi Evin relative à la lutte contre le tabagisme et l'alcoolisme existe depuis 1991. Le décret d'application de la loi Evin interdisant de fumer dans tous les lieux fermés qui accueillent du public, n'est quant à lui, entré en vigueur que le 1er février 2007. L'objectif principal est de protéger les non-fumeurs du tabagisme passif.

Taxer pour diminuer la consommation de tabac

L'Etat sud-coréen n'a jamais relevé le prix des paquets de cigarettes, qui reste peu élevé par rapport à d'autres pays riches : un paquet de vingt coûte entre 2 et 3 USD (1,47 et 2,17 euros). Dans l'Hexagone, les politiques ont vu dans le portefeuille des consommateurs et des cigarettiers un moyen de diminuer la consommation de tabac : augmenter le prix du paquet rapidement, pour arriver à 7,50 euros minimum le paquet en 2013 et instaurer une taxe sur les chiffres d'affaires des fabricants.

Environ un quart de la population sud-coréenne adulte fume.

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