1. / Se soigner
  2. / Prévention

Maladies chroniques : anticiper les risques à l'école

Beaucoup d'enfants ont une maladie chronique (diabète, asthme...) et vivent tout à fait normalement leur scolarité. Mais il faut prendre quelques précautions. Les explications avec le Dr Gérald Kierzek, urgentiste.

Rédigé le

Maladies chroniques : anticiper les risques à l'école

En cas de diabète...

Le diabète est une maladie plutôt complexe à gérer, il est donc normal que le retour en classe soit d'autant plus stressant pour les parents. Autonomie et vie scolaire normale (l'enfant veut s'intégrer parmi les autres élèves et ne pas être considéré comme différent) sont les deux mots clés pour l'enfant et l'entourage.

On ne parle pas ici de l'éducation de l'enfant à sa maladie, mais il est fondamental qu'il se débrouille comme un chef à l'école. L'enfant doit être en mesure de comprendre sa maladie et pourquoi l'insuline est si importante. Ces mêmes explications doivent aussi être transmises à tous les membres du personnel de l'école qui seront en contact avec l'enfant et cela dans le cadre d'un PAI : projet d'accueil individualisé.

Le PAI est un document écrit, élaboré à la demande de la famille ou en accord et avec la participation de celle-ci, à partir des besoins thérapeutiques précisés dans le document signé par le médecin qui suit l'enfant dans le cadre de son diabète. Une réunion avec la famille, le médecin scolaire ou de la PMI, ou le médecin et l'infirmier(ère) de la collectivité d'accueil, le directeur de la collectivité et l'équipe éducative, permet d'en préciser les modalités d'exécution et de répondre aux interrogations de chacun.

Assurez-vous que votre enfant connaît très bien le fonctionnement de son lecteur de glycémie et qu'il l'utilise bien. Si votre enfant déjeune à l'école, il faut s'assurer qu'il mange une quantité suffisante de nourriture pour ne pas que sa glycémie soit déséquilibrée. Le risque majeur est le malaise hypoglycémique : sueurs, trouble de la conscience, du comportement, perte de connaissance, etc.

Il faut que l'enfant et l'entourage en connaissent parfaitement les signes pour traiter et qu’il ait toujours du sucre rapide sur lui : prendre rapidement trois morceaux de sucre, ou deux ou trois sachets de sucre + sucre lent. Quant au sport, pas de dispense car il fait partie du traitement.

En cas de crise d'asthme...

Il y a une deuxième maladie chronique qui angoisse beaucoup les parents et les enseignants : l'asthme. L'asthme est fréquent puisqu'il touche 10% des enfants d'âge scolaire. Le risque (cette pathologie doit aussi faire l'objet d'un PAI pour le traitement de fond s'il y en a un et pour la gestion de l'urgence), c'est la crise d'asthme.

L'asthme est une maladie inflammatoire des voies respiratoires, et notamment des bronches et des bronchioles. L'inflammation des voies respiratoires produit un mucus épais à l'intérieur des bronches et gêne la circulation de l'air. En parallèle, les muscles autour des bronches se contractent, se resserrent et entraînent la "fermeture" des bronches (on parle de bronchospasme). Ces deux phénomènes, inflammation et bronchospasme, sont responsables de la gêne respiratoire. Les signes : ça siffle quand on respire, on est essoufflé, on tousse et parfois, en cas de crise, il y a urgence.

Pas de dispense d'EPS même si l'effort peut être est un facteur déclenchant de la crise (modification de température et d'humidité de la muqueuse bronchique par l'augmentation des débits ventilatoires). Le sport est bénéfique en atmosphère chaude et humide, il faut en revanche éviter les atmosphères froides comme la course à pied…

L'enfant doit toujours avoir sur lui la ventoline. Et en cas de crise, il faut agir vite et ne pas attendre pour mettre en place le "plan d'action" déterminé avec le médecin. Pour faciliter la respiration, déboutonner les vêtements, desserrer la ceinture. Il faut ensuite inhaler d'urgence une dose importante de médicament bronchodilatateur – qui dilate les bronches et lève la crise - deux doses sont insuffisantes et il ne faut pas hésiter à inhaler quatre ou six doses en une fois.

Il faut s'inquiéter quand la crise est inhabituelle :

- la difficulté respiratoire a souvent un caractère d'emblée différent d'une crise simple et le patient asthmatique la perçoit déjà comme inhabituelle.

- par ailleurs, elle répond peu ou mal à l'inhalation des médicaments bronchodilatateurs

Et si vous êtes en présence d'un patient asthmatique, il y a des signes qui doivent aussi vous inquiéter :

- difficulté à parler et à chuchoter ;

- difficulté respiratoire à l'inspiration aussi. La crise est d'abord au temps expiratoire, puis aux deux temps.

- agitation, sueurs,….

Le patient cherche l'air et est généralement assis sur le bord du lit ou sur une chaise. Dans ce cas, un seul réflexe : appeler le 15 !

En cas de crise d'épilepsie...

L'épilepsie est caractérisée par une activité anarchique du cerveau responsable de mouvements anormaux. Les signes de l'épilepsie sont la perte de connaissance complète, le corps se raidit, des secousses des membres... L'enfant peut éventuellement se mordre la langue, devenir bleu, baver, perdre ses urines.

L'enfant ne sent pas venir la crise, il ne peut pas la gérer. C'est donc à l'entourage enseignant de protéger l'enfant :

- allonger l'enfant ;

- sécuriser l'espace pour éviter qu'il ne se blesse ;

- ne rien mettre dans la bouche, et surtout pas vos doigts ;

- ne pas essayer de le maintenir ou de l'immobiliser ;

- faire sortir les autres élèves et les rassurer ;

Quand les secousses cessent, mettez l'enfant sur le côté (position latérale de sécurité) et laissez-le dans cette position jusqu'à son réveil. Appelez le SAMU Centre 15 selon les consignes du PAI.

Il faut aussi que l'école ait une trousse d'urgence adaptée avec les médicaments concernant les enfants ayant un projet d'accueil individualisé. Et un stylo d'adrénaline pour les allergiques.