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Comment bien utiliser le gel hydroalcoolique ?

Quelles sont les règles de bon usage des gels et solutions hydroalcooliques pour limiter le risque d’irritation en particulier l'été en cas de chaleur ?

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Comment bien utiliser le gel hydroalcoolique ?

C’est devenu une recommandation virale : "lavez-vous régulièrement les mains à l’eau et au savon ou utilisez des solutés hydroalcooliques". 

Ces solutés, qui ont pas mal défrayé la chronique au début de l’épidémie : manque, prix élevés, fabrication artisanale autorisée pour les pharmaciens... sont multiples dans leurs formulations même s’ils contiennent tous, c’est leur définition, de l’eau et de l’alcool éthylique.

On trouve de simples solutions et des gels (très fluides). Certains contiennent de la glycérine, comme dans la formulation recommandée par l’OMS, d’autres des parfums, des huiles essentielles. Pour la concentration en alcool, elle doit être entre 60 et 70%. De nombreuses recettes "à faire soi-même" ont été mises sur internet.

Les gels ne lavent pas !

Ces gels ne lavent pas vraiment, ils désinfectent, c'est leur objectif. Un lavage des mains à l’eau et au savon élimine les saletés du fait de l’action détergente du savon, mais pas l’alcool. Il agit en précipitant les protéines des bactéries, ce qui les tue mais ne les élimine pas, ni la saleté.

Il faut donc se laver les mains à l’eau et au savon et n’utiliser ces gels que de façon ponctuelle, quand on n’a pas d’accès à de l’eau (entrée d’un magasin par exemple).

L’alcool est avide d’eau et dessèche donc la peau. Plus on l’utilisera plus la peau se dessèchera. C’est pourquoi on ajoute de la glycérine qui empêche la déshydratation. Dans les gels, on trouve des composés type caESopol qui retiennent un peu l’eau mais ont surtout, en les rendant visqueux, pour but de maintenir un contact plus long entre l’alcool et la peau pour une meilleure désinfection.

Attention aux brûlures

Les dermatologues attirent l’attention sur les risques d’irritation de la peau notamment en été. 

D’abord parce qu’avec la chaleur, la peau est déjà moins hydratée et il y a le soleil. L'alcool en soi n'est pas photosensibilisant, ni la glycérine qui se trouve dans ces gels hydroalcooliques. Il n'y a donc pas de risque direct de brûlures en s'exposant au soleil. En revanche, la peau desséchée sera plus sensible aux UV et aux infra-rouges. On peut alors voir des rougeurs, des irritations des mains, des taches brunes et aggraver des eczémas ou le psoriasis.

Le problème ce sont les gels contenant des parfums ou des huiles essentielles. Ceux-ci peuvent être très photosensibilisants. Idem avec des solutions ou des gels hydroalcooliques fabriqués avec de l’alcool dénaturé (celui qu'on trouve dans les supermarchés et parfois en pharmacie) ou qui sont camphrés. Ces dénaturants peuvent être photosensibilisants.

Evitez les parfums et les huiles essentielles

Continuer les gestes barrières, ils sont essentiels ! Favoriser l’eau et le savon et hydrater la peau après application du gel avec des crèmes hydratantes, surtout si votre peau devient craquelée et rouge. Sinon, si vous souffrez d’affections cutanées préexistantes, vous pouvez utiliser des solutions antiseptiques non alcooliques contenant un agent antibactérien et antiviral comme de la chlorhexidine ou le chlorure de benzalkonium.

C’est d’ailleurs ce qui est utilisé dans les hôpitaux car, comme le personnel se désinfecte les mains très souvent, les irritations sont fréquentes et parfois induisent une diminution de la fréquence des désinfections, donc un risque accru de transmission bactérienne ou virale.

Le choix d’un bon désinfectant cutané dans les hôpitaux n’est pas un problème trivial et fait souvent l’objet de longues discussions dans le cadre des comités de lutte contre l’infection.

Enfin, si vous faites votre solution hydroalcoolique suivez la formule de l’OMS, pas de parfums, d’huile essentielle ou ajout d’autres produits. Idem si vous l’achetez. Regardez la formule et s'il n’y en a pas, n’achetez pas !

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