Quand l'AVC frappe les enfants

L’AVC peut arriver à tout âge et touche près de 1.000 enfants par an. Les signes sont les mêmes que chez l’adulte : paralysie d’un côté du corps, déformation du visage et trouble de la parole.

Camille Leclercq
Rédigé le , mis à jour le

La foudre de l’AVC frappe aussi les plus jeunes. C'est très difficile pour les parents ou même les médecins d’y penser, pourtant 1.000 cas sont diagnostiqués en France chaque année.

L’accident vasculaire cérébral peut avoir lieu à la naissance, dans les premiers jours de vie, durant l’enfance ou même à l’adolescence. Camille est l’une de ces enfants. 

Sa vie bascule un soir il y a trois ans, alors qu’elle n’a que sept ans. Elle est endormie mais elle pleure, ses parents comprennent très vite que son état est anormal.  

Vomissement, incohérence, secousses..

"Elle vomit, elle ne se réveille pas. Quand elle essaye de parler, les mots sont incohérents. L’articulation n’est pas bonne. Elle a des gestes par secousse. Cela donne un cadre qui ne sent pas bon et on appelle le SAMU", explique Yannig, le père de la fillette.

Camille est inconsciente. Il faut l’emmener d’urgence à l’hôpital car les médecins ont déjà une idée d’un diagnostic, qui surprend les parents. 

"Quand on quitte la maison, le médecin du SAMU nous dit « on suspecte une méningite ou un AVC ». On sait ce que c’est que l’AVC parce qu’on entend des AVC de l’adulte mais jamais des AVC de l’enfant. On découvre alors que ça existe", commente Yannig.

Une malformation vasculaire à l'origine de l'AVC

Chez Camille, c'est une malformation vasculaire qui en est à l’origine. Son pronostic vital est engagé.
Elle est plongée dans le coma et se réveille une semaine plus tard. L’AVC aura laissé des traces. 

"Au moment du réveil, elle est d’une faiblesse incroyable physiquement, cognitivement, mentalement… L’articulation de la bouche est compliquée donc on ne se comprend plus. En plus, elle a tout le côté gauche qui est entièrement paralysé : tête, bras, jambe, pied", renchérit Yannig.

Camille est déterminée. Sept mois de rééducation intensive ont été nécessaires avant le retour à la maison. Aujourd’hui, elle a des séquelles qui persistent à gauche. Pour gagner en autonomie, elle a ses petites astuces.  

Créer de nouvelles connexions neuronales

Sa nouvelle vie est aussi rythmée par plusieurs heures de rééducation par semaine. Elle doit retrouver de la dextérité dans sa main gauche et donc inciter son cerveau à recréer des connexions nerveuses.  

"Elle a du mal à réaliser la pince et la prise pouce et index. Donc ce qu’on cherche à faire, c’est répéter le mouvement pour que son cerveau réussisse à ce que ça devienne automatique. C’est l’intérêt des enfants, ils ont une capacité de récupération qui est beaucoup plus importante et rapide que chez les adultes", se réjouit Justine Talouarn, kinésithérapeute.

Cet accident a fait prendre un autre itinéraire à la vie de Camille. Elle ne se met aucune barrière et ne veut pas faire de son handicap un obstacle, bien au contraire.  

Pour en savoir plus sur l'AVC, comprendre comment le prévenir et savoir comment agir, suivez en ligne et en direct la conférence du Professeur Hassan Hosseini, neurologue responsable de l’unité neuro-vasculaire aux Hôpitaux Universitaires Henri-Mondor le vendredi 29 octobre de 18h à 20h.

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