Pourquoi les cas de cancers sont en hausse chez les moins de 50 ans

Nous avons plus de risque que nos aînés de développer un cancer avant 50 ans, révèle une étude américaine. En cause : une évolution néfaste de nos modes de vie.

Mathieu Pourvendier
Rédigé le
On peut expliquer en partie l’augmentation des cancers par la hausse des détections de cancer
On peut expliquer en partie l’augmentation des cancers par la hausse des détections de cancer  —  shutterstock

Les cancers surviennent à des âges plus précoces qu'avant. C'est ce que montre une étude scientifique américaine, publiée le 6 septembre dans la revue Nature Reviews Clinical Oncology. Elle a été réalisée par des chercheurs de l'hôpital Brigham and Women's de Boston, aux Etats-Unis.

Les chercheurs ont collecté des données d’adultes de moins de 50 ans venant du monde entier entre 2000 et 2012. Et ces données montrent la hausse de l’incidence de 14 types de cancer. 

Chaque génération a plus de risque que la précédente

"À partir de nos données, nous avons observé ce que l'on appelle l'effet de cohorte de naissance. Cet effet montre que chaque groupe successif de personnes nées à une date ultérieure (par exemple, dix ans plus tard) présente un risque plus élevé de développer un cancer plus tard dans la vie, probablement en raison de facteurs de risque auxquels elles ont été exposées à un jeune âge", explique Shuji Ogino, professeur au département de pathologie du Brigham et co-auteur de l'étude dans un communiqué de l'hôpital.

L’étude révèle que chaque génération a plus de risque de développer un cancer plus jeune que la précédente. "Par exemple, les personnes nées en 1960 ont connu un risque de cancer plus élevé avant leur 50e anniversaire que les personnes nées en 1950 et nous prévoyons que ce niveau de risque va continuer à augmenter dans les générations successives" analyse le scientifique.  

Mode de consommation plus cancérigène

Mais comment l'expliquer ? Pour les chercheurs, la cause vient avant tout des changements de notre environnement dès l'enfance : alimentation, mode de vie, poids, exposition environnementale... Leur hypothèse est que ces facteurs participent à la hausse de cancer. 

L’étude a en particulier révélé plusieurs facteurs de risque possible : la consommation d'alcool et de boissons sucrées, le tabac, l’alimentation, le manque de sommeil, la sédentarité et l’obésité. Autant de facteurs en hausse depuis les années 1950. Et ceci n’est pas sans conséquence, puisque ces changements auraient modifié le microbiote, c'est-à-dire l'ensemble des bactéries qui peuplent nos intestins.

Le Dr Tomotaka Ugai, auteur principal de l'étude, indique dans le communiqué que "parmi les 14 types de cancer en hausse que nous avons étudiés, huit étaient liés au système digestif. Les aliments que nous mangeons nourrissent les micro-organismes de nos intestins. Le régime alimentaire affecte directement la composition du microbiote et, à terme, ces changements peuvent influencer le risque de maladie."

Davantage de dépistages


Autre hypothèse : on pourrait aussi expliquer en partie l’augmentation des cancers par une meilleure détection de ces maladies. Les programmes de dépistages actuels permettent en effet de diagnostiquer un cancer plus précocement. Cependant, ils estiment que le dépistage précoce ne peut expliquer à lui seul la hausse observée sur 14 types de cancer. 

Prochaine étape pour les chercheurs : poursuivre leur étude en intégrant davantage de pays, dont des pays peu développés, et des données sur des enfants suivis sur plusieurs années.

Le but des chercheurs est également de sensibiliser la population aux effets de nos modes de vies sur notre santé et sur nos risques de cancers, mais surtout de faire connaitre ces cancers.


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